Rafael et Energía Dominicana: l'energía de Rafael

Après avoir fait quelques expériences avec des collaborateurs... (Photo: fournie par l'artiste)

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Après avoir fait quelques expériences avec des collaborateurs occasionnels, Wilsikin Rafael Medina a fondé en 2009 un groupe permanent, Energía Dominicana.

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D'où provient cette energía dominicana, mixtion vitaminée de merengue, de bachata, de salsa, de bomba et d'autres rythmes tropicaux d'Amérique latine? De Montréal!

Né en 1968, Wilsikin Rafael Medina a grandi à Baní, en République dominicaine. Située à quelques dizaines de kilomètres de la capitale Santo Domingo, la municipalité produit d'excellents joueurs de baseball, à commencer par Vladimir Guerrero. D'année en année, elle engendre aussi son lot de musiciens et de chanteurs, artistes de styles merengue et bachata.

Dans les années 70, la mère de Wilsikin chantait à la radio locale La Voz del Sur (la voix du Sud), mais... devait surtout se consacrer à élever ses marmots. Élevé dans une famille très modeste, Rafael apprit le piano, mais ne put continuer après l'école secondaire. Fou de musique, il trouva tout de même le moyen de faire choriste dans des formations semi-professionnelles. Ses modèles étaient alors les chanteurs mexicains José José, Emmanuel, Pedro Fernandez, et les dominicains Fernando Villalona El Mayimbe, Alex Bueno, Sergio Vargas.

Gonflé d'espoir

La vie l'a mené ailleurs, on vous épargne les détails de ce parcours long et laborieux. Trois décennies plus tard, Wilsikin est devenu Rafael, un chanteur montréalais. À l'évidence, Rafael a la pleine forme physique et le moral d'un battant gonflé d'espoir. Dans un anglais rudimentaire saupoudré de français et d'espagnol, l'homme de 46 ans se dit fier de son look et de sa forme soigneusement entretenus.

«La musique est ma vie. Je compose, j'écris et je chante depuis toujours. Mais je ne suis devenu professionnel qu'à mon arrivée au Canada il y a une dizaine d'années. Avant quoi je chantais dans plusieurs groupes amateurs, j'auditionnais, mais... je reculais lorsque le vrai défi se posait. J'avais peur de me présenter en public», raconte-t-il d'une voix graveleuse qui n'affiche aucune carence en décibels.

À peine débarqué à Montréal, il faisait la rencontre de Kuky Carbuccia, à la barre de l'Estofa Band, spécialisé dans les rythmes dominicains - essentiellement, merengue et bachata. Rafael en devint le chanteur principal, se produisit régulièrement sur les scènes locales, en plus d'être choriste pour les vedettes latines de passage en ville - Cuco Valoy, Aramis Camilo, Charlie Rodriguez, Benny Sadel, Sandy Reyes. Sollicité pour son talent d'auteur-compositeur, il a vendu paroles et musiques sans toucher de droits par la suite. Le chanteur montréalais Papa AP a d'ailleurs repris deux chansons de Rafael pour son album Assesina, qui a obtenu un vrai succès populaire en Europe.

Choisir de se lancer

Libéré de ses angoisses, Rafael a choisi de se lancer comme un seul homme. Après avoir tâté quelques expériences avec des collaborateurs occasionnels, il a fondé en 2009 un groupe permanent, Energía Dominicana, avec lequel il s'est produit dans différentes boîtes et dans des festivals québécois, dont les Nuits d'Afrique, sans compter les événements d'organismes de bienfaisance tels Jeunesse au Soleil ou Sobriety Home Foundation. Fin 2013, il lançait l'album Enamorarse en la playa (Tomber amoureux à la plage), sous étiquette Vivo Musique. Le concept de la pochette mérite d'ailleurs qu'on en résume la production: crooner musclé et de blanc vêtu, plage réelle (Pine Beach à Dorval), palmiers virtuels. ¡Que calor!

Rafael ne semble pas (trop) s'inquiéter de son arrivée tardive dans le monde de la musique professionnelle.

«Vous savez, la musique tropicale que je chante n'est pas générationnelle. Mes textes ne parlent pas que de soleil, de plage et de bikinis. Je peux m'exprimer contre la violence faite aux femmes, sur le courage face à l'adversité, sur la persévérance, le déclin amoureux, la paix universelle, etc. Je m'inspire encore de mon pays d'origine, de l'ambiance là-bas, de sa riche culture, du baseball qu'on y pratique passionnément.

«Mais je ne m'en tiens pas seulement à la culture dominicaine; à ce titre, mes influences musicales vont bien au-delà de la meringue et de la bachata - salsa, bomba, etc. Les mélodies me viennent en tête et commandent des genres musicaux et des rythmes. J'imagine alors quel sera le rôle de chaque instrument d'une chanson en devenir. Je compose avec un magnétophone; j'enregistre mes idées, je les concrétise ensuite avec mes collègues. Et j'ai la chance de jouer avec d'excellents musiciens montréalais.»

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Sur la scène Loto-Québec du Parterre du Quartier des spectacles, demain 18h40.




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