Le programme de Tiken Jah

Impossible d'imaginer plus grande densité de fans pour le spectacle d'ouverture... (Photo: Kaji, fournie par le Festival Nuits d'Afrique)

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Photo: Kaji, fournie par le Festival Nuits d'Afrique

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Impossible d'imaginer plus grande densité de fans pour le spectacle d'ouverture des Nuits d'Afrique, que présidait mercredi le reggaeman africain Tiken Jah Fakoly. L'Olympia de Montréal ne pouvait être plus peuplé.

Malgré une sonorisation très quelconque, médiocre par moments, l'Ivoirien transplanté au Mali a fédéré tout son monde tel que prévu, enchaînant les chansons fortes de son nouvel album ainsi qu'une pléthore de succès tirés de son entière discographie. Neuf musiciens et deux choristes sur scène, instrumentation hybride au service d'un roots reggae africanisé par les instruments traditionnels (ngoni, kora, guitare mandingue), barrissements des cuivres, rythmique inspirée de la Jamaïque.

Comme toujours, Tiken Jah peut compter sur un puissant engin de musique.

Chauffée par les tubes Descendant, L'Africain et Dakorô, la foule a scandé avec Tiken Ouvrez les frontières, texte pamphlétaire sur une immigration de plus en plus filtrée voire bloquée dans les pays riches. Autre sujet de prédilection, le partage du monde (surtout de l'Afrique dans le cas qui nous occupe) au détriment de ses populations: Plus rien ne m'étonne, chante le colosse après avoir exhorté la jeunesse africaine à ne pas quitter le continent d'origine afin de mieux le protéger, d'en assurer la survie et l'émancipation.

Constitué de ballades africaines (Tata, Initié, etc.), un épisode plus calme précède un autre cycle d'énergie qui se poursuivra jusqu'à la fin du spectacle. Chargé de volontarisme, Le prix du paradis est reprise par le public galvanisé à la manière d'une chanson à répondre. Chantée dans un anglais rudimentaire, très Bob Marley de facture, African Revolution est prescrite à tous les «brothers» de bonne volonté. Un hommage est ensuite rendu aux victimes africaines de la torture avec Les martyrs. Un appel vibrant à la mobilisation pour la reconstruction africaine est lancé avec (évidemment) Dernier appel, chanson titre du nouvel album. Pour faire monter les oeufs en neige, le chanteur balancera un pot-pourri vitaminé de ses tubes: Ohba Ohba, Politiqui Kélé, Missiri, Nazara, Djourou, Baba, War in Babylone.

Aux rappels, le chanteur troquera ses vêtements traditionnels dans sa loge pour un t-shirt flamboyant, continent africain imprimé sur le thorax. Il enchaînera France Afrique, Un Africain à Paris (adaptation socialement engagée d'un tube de Sting, Englishman In New York), Y en a marre, le tout coiffé de l'optimiste Quand l'Afrique va se réveiller («ça va faire mal mal mal mal» on s'en doute bien) et de l'emblématique Africa.

En une paire d'heures, Tiken Jah aura mis en rime ce qu'il lui apparaît essentiel à dénoncer et mettre de l'avant sur le continent noir. Il aura fustigé les politiciens corrompus et les pays riches qui en extirpent les ressources en toute iniquité, il aura tiré à boulets rouges sur les politiques occidentales en matière de contrôle économique et d'immigration, il aura déploré la violence dont sont victimes les peuples d'Afrique, souhaité l'unité des pays africains, on en passe.

Voilà le programme clair et ambitieux de l'homme public, exprimé avec une simplicité désarmante (un euphémisme) et chanté dans une bonne humeur des plus contagieuses. Et ce, pour le plus grand plaisir de ses fans, toutes races et toutes cultures confondues.




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