François Léveillée: pour le bonheur de la chanson

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Festival Montréal en lumière

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Festival Montréal en lumière

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La chanson est bien vivante au Québec. Pas seulement à la télé. Et même chez les humoristes! François Léveillée l'a montré avec talent, ce jeudi soir au cabaret du Lion d'Or, à Montréal, avec la présentation de son spectacle de chansons Le deuxième rôle de ta vie dans le cadre de Montréal en lumière.

Avec un mélange de chansons récentes et plus anciennes, l'artiste dans la jeune soixantaine a montré qu'il a toujours une belle présence scénique, une guitare dans les mains. Il alterne pendant deux heures chansons et anecdotes, parsemant ici et là un peu d'humour, parfois un trait de nostalgie, des réflexions sur ses 40 ans de métier et parfois quelques crises de nerfs, notamment sur le pont Champlain.

Il a débuté par la chanson éponyme de son dernier album avec une voix bien assurée. Une toune agréable accompagnée par Guy Bélanger à l'harmonica. Puis il égrène des extraits de chansons de son album de 2011 On est ben accommodant, telles que L'amour gastronomique, Quand je t'ai rencontré ou Quand arrive le printemps, avec son vieux pote Jean-Fernand Girard (le frère de Rémy) aux claviers.

Ne reculant devant rien et sûrement pas le temps, il a ensuite réactivé Prends ça mou, sa thérapie pour un travailleur à cinq heures, datée 1983. Mais c'est dans ses exercices de guitare style Brassens qu'il est le meilleur. Ayant toujours joué le bon vieux Georges depuis sa prime jeunesse, le voilà à chanter La chasse aux papillons ou Le radeau de la Méduse avant d'interpréter son propre Hommage à Brassens avec un accent de Sète qui n'aurait pas déplu au poète à la pipe décédé en 1981. Et avec des arrangements musicaux ingénieux de ses deux compères, Nicolas Guimond à la guitare et Alexandre Blais à la contrebasse.

Une des plus belles de son dernier opus, Complainte pour un fou du roi suit, magnifiquement interprétée, mettant en exergue son talent d'écriture et cet humanisme lucide qui rappelle Sylvain Lelièvre.

«Voulez-vous bien me dire pourquoi y partent pas?» demande-t-il ensuite, prélude à sa chanson mi-humoristique mi-tendre Ma fille est partie sur le départ de sa fille, véritable Tanguy féminin, pas pressée de quitter le nid familial mais vite regrettée.

Arthur, un hommage à son père, puis Le bal, de Félix Leclerc, avec un superbe arrangement avec guitares, contrebasse, harmonica et claviers, finissent la première partie.

Le deuxième segment nous a paru moins attachant. J'aime les objets n'a pas la poésie d'autres chansons mais son rythme jazzy sauve la donne, ce qui n'est pas le cas pour Mon char est fini. François Léveillée est parti ensuite dans une série On a toujours une toune dans la tête pour lancer une petite pointe à Stephen Harper (Quand je pense à toi, ma vie c'est d'la marde). Quand il pense au maire de Toronto, il chante stone, le monde est stone, et quand il pense au maire de Montréal, il fredonne Moi j'mange d'Angèle Arsenault. Facile, inégal et trop long.

Il a fait ensuite grincer les femmes en chantant Elle m'aime, une chanson pour machos, avant de se rattraper avec la romantique J'ai jamais composé. Vers la fin du spectacle, les blagues et l'humour un peu facile prenaient trop de place. C'était rendu «profond comme un la-z boy», selon son expression.

Heureusement l'idée de chanter en duo avec un Nicolas Guimond très en voix à la toute fin du show fut une bonne idée. Avec un pot-pourri francophone diversifié: Éric Lapointe, Francis Cabrel, Robert Charlebois, Serge Lama, Jean-Pierre Ferland (avec la mimique en plus), Polnareff, Le Forestier, Pierre Perret et même Mes aïeux. On en aurait pris d'autres encore car, après un Rôti de palette peu goûteux, ça nous avait remis sur l'piton. Le public a bien aimé et a généreusement salué l'artiste et ses musiciens.

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Spectacle Le deuxième rôle de ta vie, de François Léveillée, en tournée Le 13 mars à Sherbrooke, les 21-22 mars à Terrebonne, le 3 avril à Trois-Rivières et le 8 juin, de nouveau à Montréal.




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