De marfim e carne: la liberté des statues

La Portugaise Marlene Monteiro Freitas est de retour au FTA avec De marfim... (Photo: Pierre Planchenault, fournie par le FTA)

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Photo: Pierre Planchenault, fournie par le FTA

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Mario Cloutier

La Portugaise Marlene Monteiro Freitas est de retour au FTA avec De marfim e carne (D'ivoire et de chair) où elle donne vie aux statues.

Marlene Monteiro Freitas est une artiste visuelle. Chorégraphe bien sûr, mais qui pense en termes de figures, de situations, de couleurs et d'intensité. Dans sa «sculpture» De marfim e carne, ses matériaux sont l'ivoire et la chair.

L'oeuvre met en scène trois musiciens et quatre danseurs-chanteurs vêtus de bleu qui tentent de se libérer de la prison de leur corps pétrifié. La création porte le sous-titre «les statues souffrent aussi». 

«J'ai travaillé avec des idées contradictoires. Dans ce cas-ci, il y avait des situations, des figures et des idées à propos de métamorphoses et d'hybridité. J'ai cherché les meilleurs outils pour les exprimer. Mon collaborateur, João Figuiera, et moi avons fait des recherches et avons ajouté les contrastes: présence et absence, visibilité et invisibilité.» - Marlene Monteiro Freitas

Même s'il y a là une certaine fiction, elle parle de «situations», et des personnages bien dessinés, elle utilise le mot «figures», la pièce n'a rien à voir avec la science-fiction, les robots ou quelconque vision futuriste.

«Ce n'était pas là a priori, nous avons travaillé avec l'idée de pétrification, de quelque chose qui est en mouvement et statique tout à la fois. C'est dans cette contradiction qu'on peut y voir quelque chose qui fait penser à des automates, mais ce n'était pas l'objectif.»

Pétrification

Dans cet univers unique, les statues pourraient aussi faire penser à des humains. L'état de pétrification reste un état très émotionnel, selon elle. 

« Nos propres pensées et nos émotions peuvent induire un état de pétrification. C'est certain que cela se rapporte à la vie. Nous nous sommes inspirés des mythes d'Orphée et de Pygmalion au sujet de l'amour, du désir et de la perte. Je ne peux pas contrôler ce que les gens comprennent. L'oeuvre encourage le dialogue avec le spectateur. On peut y projeter notre imagination et y voir plusieurs choses. » 

Pour en arriver à une telle originalité scénique, la chorégraphe travaille d'abord longuement seule avant de partager ses idées et ses intuitions avec le groupe de danseurs. Elle mise beaucoup sur cette étape collaborative. 

Pas sur scène

Au gré des productions, les danseurs et l'équipe de production vont et viennent. Mais Marlene Monteiro Freitas sera une statue immobile cette fois. Blessée, elle sera remplacée sur scène. 

«Ce sera étrange, avoue-t-elle. C'est la première fois que je ne danserai pas dans une de mes pièces à Montréal.»

Malgré des costumes presque loufoques, des gestes saccadés, des bouches parfois grandes ouvertes, on ne trouve pas d'ironie dans De marfim e carne

«Le visage et la bouche ont énormément de potentiel expressif, mais je ne découpe jamais le corps en parties distinctes quand je crée. C'est un ensemble. Je pense davantage dans les niveaux de tensions, d'intensité. Ainsi, nous tentons de voir les choses qui n'y sont pas. Voir dans le mouvement et le geste ce qui n'est pas là. C'est l'interprète qui le rend visible.»

Libérons les statues!

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De marfim e carne est présentée à la Cinquième Salle de la Place des Arts les 3 et 4 juin à 20 h.

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