Festival de Jazz: Steven Wilson, le touche-à-tout

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Moqueur, lyrique et polyvalent, Steven Wilson a donné un spectacle haut en couleur samedi, au Métropolis. Il livrera une deuxième prestation dimanche soir.

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Dire que Steven Wilson était attendu samedi au Métropolis relève de l'euphémisme. Quand un peu après 20 h 30 des images de tours de logements sont apparues successivement sur l'écran en fond de scène, quelques spectateurs ont exulté, mais il leur a fallu patienter encore un peu avant que leur héros n'apparaisse sur scène.

Pendant les 100 premières minutes de ce concert, Wilson et ses quatre musiciens ont joué presque intégralement, et dans l'ordre, les pièces de son dernier album Hand. Cannot. Erase. S'ils ont omis la délicate et très brève Transience, ils ont en revanche glissé dans cette longue suite deux pièces des albums précédents de Wilson dont le ton et le propos s'accordaient tout naturellement avec cette longue suite sur le thème de l'aliénation. Wilson a même jugé bon de revisiter Lazarus, de son ancien groupe Porcupine Tree, au grand plaisir de ses fans de longue date.

Lazarus, justement, illustrait parfaitement une autre facette de la polyvalence de Wilson, qui se targue d'être plus que jamais un touche-à-tout musical. Cette chanson vieille de dix ans aurait pu être une ballade country-rock enjolivée par la guitare slide de Dave Kilminster s'il n'y avait eu, derrière, le son d'un mellotron, instrument fétiche du rock progressif des années 70.

Une touche d'électro, un soupçon de métal

Des oreilles averties ont sans doute reconnu l'influence des envolées rythmiques nourries de clavier de Yes dans la récente 3 Years Older, qui passait sans avertissement de la tempête au calme et devenait du coup l'une de ces ballades mélodiques dont Wilson a le secret. On a également noté une légère touche d'électro dans l'ironique Perfect Life, un soupçon de métal et de hip-hop dans Index, qu'il a rappée plus que chantée, et Home Invasion a permis à Adam Holzman de s'éclater au piano électrique comme le faisaient dans les années 70 Chick Corea, Joe Zawinul et les autres claviéristes du jazz-fusion que Wilson avait en tête quand il a recruté Holzman.

À la différence des pionniers de la musique prog des années 70 auxquels on l'associe, Wilson établit un contact humain avec son public, à qui il parle fréquemment. « Je suis de loin le pire musicien sur scène ce soir », dit-il dans ce qui est moins un exercice d'autoflagellation qu'un élan d'enthousiasme non feint à l'égard de ses compagnons de tournée. Holzman a fait ses classes, on le sait, avec Miles Davis et le nouveau venu Kilminster a été le David Gilmour de Roger Waters dans sa tournée The Wall. Il a même fait équipe avec Keith Emerson, quand ce dernier a ressuscité The Nice.

Envolées lyriques

Wilson se moque également de son penchant naturel pour la mélancolie, lui qui est incapable d'écrire une chanson hop-la-vie. Il a toutefois dans ses bagages des compositions très pop sur lesquelles il ne crache pas, comme la chanson titre de son dernier album, mais ce sont encore ses grandes envolées lyriques parfois grandiloquentes qui font passer l'émotion. À la limite, les images de la jeune femme mystérieuse qui revenaient périodiquement sur l'écran pour rappeler le personnage qui lui a inspiré son dernier album ne sont pas indispensables, tant les musiques impressionnistes de Wilson sont éloquentes.

Le public a particulièrement apprécié les longues pièces ambitieuses qui donnaient aux musiciens la possibilité d'exprimer leur talent comme Home Invasion/Regret #9 et Ancestral avec ses nombreuses ruptures de ton.

Au moment de quitter le Métropolis, des images d'horloges et le son des tic-tac que le système quadraphonique relayait jusqu'au bar à l'arrière du parterre annonçaient la pièce The Watchmaker, extraite de l'album précédent The Raven That Refused to Sing and Other Stories. La soirée était loin d'être terminée.

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Steven Wilson remet ça dimanche soir au Métropolis, à 20 h 30.

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