Deltron 3030: manque d'éclat

«Je m'appelle Kid Koala. Je viens de Montréal»,... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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«Je m'appelle Kid Koala. Je viens de Montréal», a lancé le DJ en ouverture du spectacle.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Après l'audace et le pari réussi d'avoir confié le spectacle d'ouverture à Woodkid, le trio hip-hop du futur Deltron 3030 avait la tâche de clôturer le 35e Festival de jazz. La foule: tout aussi nombreuse. Le beau temps: encore au rendez-vous. Mais cette fois-ci, le mandat rassembleur et imposant du spectacle n'a pas été rempli.

Les cercles branchés du hip-hop considèrent Deltron 3030 comme l'un des projets les plus marquants et savants du hip-hop. Le nom du trio ne dit peut-être pas grand-chose au grand public, mais comme celle de Woodkid, sa musique cinématographique a un grand pouvoir captif et rassembleur, pour les yeux et les oreilles.

Par contre, le résultat sur scène n'était pas aussi convaincant hier soir qu'au spectacle d'ouverture. Il manquait de grandiose sur scène et surtout de projections. Comme si nous étions relax au Métropolis ou assis au Théâtre Maisonneuve, et non dehors sur la place des Festivals avec des dizaines de milliers de spectateurs.

Deltron 3030, dont 13 ans séparent les deux albums, réunit les forces de Kid Koala, Dan The Automator et Del The Funky Homosapien. Le premier, un DJ et bédéiste montréalais notoire, a tourné avec Radiohead, Björk et Arcade Fire, en plus de participer à une foule de projets artistiques ici comme ailleurs. D'origine japonaise, le deuxième a réalisé notamment le premier album de Gorillaz. Le troisième, cousin d'Ice Cube, a aussi collaboré avec Gorillaz, en plus de multiplier les albums solos.

Ce dernier agissait à titre de rappeur principal, hier soir, alors que Kid Koala s'activait aux platines et que Dan The Automator avait un rôle de chef d'orchestre (avec l'habit à l'appui). Avec l'ajout d'un batteur, d'un guitariste, d'un bassiste, d'une section de cordes et d'une autre de cuivres, il manquait presque de place sur scène.

À 21 h 30, le spectacle a commencé avec un segment solo de Kid Koala derrière les platines. «Je m'appelle Kid Koala. Je viens de Montréal», a dit le DJ montréalais avec un t-shirt de Reflektor d'Arcade Fire sur le dos. Il a notamment offert au public les remix préférés de sa fille de cinq ans et de sa mère, dont une réinterprétation de Moon River d'Audrey Hepburn. Une entrée en matière un peu longue et qui manquait d'éclat, surtout avec la quinzaine de musiciens qui attendaient derrière lui...

Deltron 3030 a offert en début de spectacle quatre chansons de son premier album-concept, sorti en 2000, qui proposait une vision du hip-hop en 3030 dans une société postapocalyptique. Au son de State of the Nation, 3030, Things You Can Do et Positive Contact, des gens commençaient déjà à quitter la place des Festivals ou à se regarder avec des yeux étonnés.

Relax, Del The Funky Homosapien avait trop de pression sur les épaules. Il manquait cruellement de projections ou de visuels, surtout si l'on considère l'univers futuriste de Deltron 3030 et ses clips hautement créatifs, graphiques et puissants. Musicalement, le trio donne dans le plus grand que nature, mais cela ne se traduisait pas sur scène, hier soir.

Ensuite, Deltron 3030 a enchaîné avec la pièce d'ouverture de son deuxième album Event II, paru l'automne dernier. Le public a pu entendre la voix de l'acteur Joseph Gordon-Levitt (Inception, 500 Days of Summer), qui récite le texte qui annonce le retour de Deltron 3030.

Après Pay the Price, Dan The Automator a tenté d'apprendre les paroles de Nobody Can à la foule.

Un moment fort: la puissance orchestrale de The Return. Encore là, le visuel des puissantes montées mélodiques et cinématographiques de la pièce n'était pas exploité.

Outre un autre segment solo de Kid Koala, le trio est passé d'un album à l'autre jusqu'à une finale réussie avec Clint Eastwood de Gorillaz.

En entrevue avec The Gazette, Kid Koala avait par ailleurs appris du journaliste que son groupe assurait le spectacle de clôture.

Ceci explique peut-être cela. Le spectacle présenté hier soir se destinait aux fans du groupe, aux amateurs de rap ou à un public extérieur comme celui d'Osheaga. Il n'était pas conçu et préparé pour faire vibrer la place des Festivals le dernier soir du 35e Festival de jazz.

C'était néanmoins un très bon spectacle de rap orchestral underground.




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