Immersion jusqu'aux oreilles

Chassol s'exprime en temps réel sur une variété... (Photo : Frédérique Ménard-Aubin pour le FIJM)

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Chassol s'exprime en temps réel sur une variété de claviers.

Photo : Frédérique Ménard-Aubin pour le FIJM

Chassol était enfant lorsque le discours harmonisé fit son apparition dans les années 80. L'effet fut alors saisissant.

Le Québécois René Lussier nous avait mis sur le cul avec son Trésor de la Langue, on se souviendra de spectacles hallucinants donnés avec Richard Desjardins ou Patrice Desbiens - à la narration. Durant la même période, le grand compositeur Steve Reich imaginait l'oeuvre Different Trains avec une technique comparable, suivie d'une autre oeuvre que créa le génial Brésilien Hermeto Pascoal avec l'album Festa dos deuses.

Depuis lors, le Torontois Charles Spearin a fait son Happiness Project, d'illustres inconnus ont peut-être tenté des expériences plus discrètes jusqu'à ce que le compositeur français (d'origine martiniquaise) Christophe Chassol entre en scène avec trois projets consécutifs, construits selon des procédés de même inspiration mais comportant des réformes substantielles :  Nola Chérie, Indiamore et le tout récent Big Sun dont il est ici question.

Le principe du discours harmonisé consiste à reproduire la langue parlée au moyen d'instruments de musique, et de créer des oeuvres musicales à partir de cette matière. Chez Christophe Chassol, il y a plus.

Présenté mercredi et jeudi au Musée d'art contemporain, Big Sun met en relief son usage du cinéma. Les images tournées permettent au compositeur la reproduction des sons de la nature, bien au-delà du discours humain. Le chant des oiseaux, le sifflement et le chant des hommes s'ajoutent à la matière propice à la création multimédia.

Ainsi, les scènes tournées en Martinique durant la période du carnaval s'inspirent de la nature et de gens ordinaires qui ont pour la plupart une âme d'artiste. Touchants! Cette extrapolation sur scène de ces images aux couleurs éclatantes fascinera quiconque n'a jamais assisté à un tel travail de surimpression audiovisuelle.

Accompagné du batteur américain Jamire Williams (qu'on a déjà vu chez Christian Scott, entre autres), Chassol s'exprime en temps réel sur une variété de claviers. Hormis les effets et les judicieux procédés mis en oeuvre, les propositions musicales pourraient être plus étoffées, même à deux musiciens. Plus précisément, l'extrapolation instrumentale pourrait porter des orchestrations (synthétiques) plus considérables et des rythmes plus chargés, d'autant plus que Chassol peut compter sur un batteur de très haut niveau.

L'immersion serait alors totale. Alors? Parions que Chassol y parviendra. Déjà aujourd'hui, on en a jusqu'aux oreilles!




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