La virée d'Émilie Côté à Osheaga

Wesley Schultz, des Lumineers... (Photo Catherine Lefebvre, Collaboration spéciale)

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Wesley Schultz, des Lumineers

Photo Catherine Lefebvre, Collaboration spéciale

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Programmer Half Moon Run avant The Lumineers était tout naturel. En 2013, The Lumineers était entré en grande communion avec le public d'Osheaga. Hier soir, il ne flottait pas autant de magie dans l'air, mais là encore, les beaux hymnes folk au doux parfum pop s'enchaînaient.

Accompagnés de musiciens supplémentaires, Wes Schultz, Jeremiah Fraites et Neyla Pekarek ont misé sur la simplicité scénique. En chantant Ophelia ou son tube Ho Hey, Wes Schultz tapait du pied avec son chapeau sur la tête comme s'il se produisait dans un saloon du Colorado. Voilà un gars qui n'a rien changé à sa démarche malgré le succès.

Ses comparses et lui ont même offert un segment acoustique au milieu du public... et à son niveau. Si bien que le tout a constitué un moment intime privilégié pour les spectateurs rapprochés, mais qui a dû en laisser beaucoup sur leur faim, dans cette vaste foule.

Nous avons préféré voir Wes Schultz côte à côte avec Jeremiah Fraites, qui avait un tambourin dans les mains et une grosse caisse au bout du pied. Et le sentir chanter avec émotion My Eyes, alors qu'il semblait préoccupé et quelque peu distant en début de prestation.

LA SYMBIOSE DE LA SAVEUR LOCALE

Osheaga avait-il misé trop gros sur Half Moon Run en le programmant à l'heure enviable de 19 h sur l'une des scènes principales ? Le groupe montréalais connaît du succès à l'étranger, mais pas autant qu'au Québec. Or, près de 70 % du public d'Osheaga provient de l'extérieur de la province.

La réponse : Osheaga a vu juste. D'abord eu égard à la symbiose du groupe sur scène et aussi à la saveur locale du festival. Devant la scène, il y avait des fans irréductibles. Derrière, des curieux attentifs aux chansons phares du groupe, que ce soit Turn Your Love, She Wants to Know, Consider Yourself et Full Circle.

RETOUR RÉUSSI

La première pièce de résistance de notre (déjà !) 11e participation au festival Osheaga était un groupe formé à Montréal qui nous rappelle avec nostalgie le temps qui passe. Après une longue pause, les quatre membres de Wolf Parade ont repris du service, cette année. Un retour qui survient plus d'une décennie après l'âge d'or de l'indie-rock montréalais, dont les gars de Wolf Parade étaient les ambassadeurs avec Arcade Fire.

Hier, Spencer Krug, Dan Boeckner, Arlen Thompson et Dante DeCaro remontaient pour la première fois sur scène dans leur bercail de 2003. Leur interprétation enflammée de Cloud Shadow on the Mountain, tirée de leur troisième album Expo 86, a valu à elle seule le déplacement en cette première journée d'Osheaga.

« C'est bon d'être de retour. C'est bon d'être à la maison. Il n'y a pas d'endroit comme Montréal », a lancé ensuite Spencer Krug - qui est retourné vivre en Colombie-Britannique - à la foule massée devant la scène Verte.

Wolf Parade se produisait à 17 h, alors que le soleil plombait encore la foule. La nuit s'accorde mieux avec le rock du quatuor, qui remettait cela plus tard en soirée avec un spectacle au Corona dans un contexte plus propice à des retrouvailles montréalaises chaleureuses.

Tant Wolf Parade que le public étaient néanmoins fort émus de se retrouver au parc Jean-Drapeau. Qu'il était bon d'entendre du rock frénétique qui prend aux tripes. Respectivement au clavier et à la guitare, Spencer Krug et Dan Boeckner se succédaient au micro au son de - disons-le - classiques de l'indie-rock montréalais. You Are a Runner and I Am My Father's Son, What Did My Lovers Say ? (It Always Had to Go This Way), Shine a Light, Dear Sons and Daughters of Hungry Ghosts, pour ne nommer que ces titres.

Wolf Parade a aussi interprété des titres de son nouvel EP. Nous en aurions pris pendant trois heures. À vrai dire, en cette première journée de festival, le groupe a à lui seul valu le déplacement.

À FEU DOUX

Red Hot Chili Peppers ne s'attire pas que des éloges, avec son retour sur scène cet été. Au Festival d'été de Québec, il y a deux semaines, le célèbre groupe californien a éprouvé des problèmes de son. Et ce n'est un secret pour personne : le chanteur Anthony Kiedis n'a pas la voix la plus juste du monde du rock.

RHCP a donné un début de spectacle solide. Fidèle à son habitude, le bassiste Flea sautillait partout. Le batteur Chad Smith était tout aussi gonflé à bloc, ainsi que Josh Klinghoffer, qui remplace le grand guitariste John Frusciante.

Pour commencer, RHCP a immédiatement mis la foule dans son camp avec son succèsCan't Stop magnifié de projections colorées. Kiedis arborait un look de skateboard. Sa voix tenait le coup. Deux hymnes connus du groupe se sont succédé, Dani California et Scar Tissue, puis un extrait du tout frais Dark Necessities, 11e album du groupe.

Kiedis a fait beaucoup d'allers-retours en coulisses, laissant ses collègues compenser son absence. Le chanteur postillonnait souvent et semblait avaler régulièrement des trucs qu'il puisait dans sa poche. Était-ce pour sa voix ? On ne sait trop. C'était quelque peu distrayant et le spectacle a semblé laborieux pour Kiedis.

Pour les spectateurs, espérons que les chansons (Otherside, Go Robot, Californication, Under the Bridge, By the Way) ont fait oublier ces aléas.

Pour la fin, Red Hot Chili Peppers a largué Give it Away introduite avec des paroles de Break On Through (To the Other Side) des Doors.

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