Melvin Charney : la vie, la ville

  • En face du Centre canadien d'architecture, dont il fait partie, le jardin de sculptures géantes conçu par Melvin Charney. (Photo: Robert Mailloux, archives La Presse)

    Plein écran

    En face du Centre canadien d'architecture, dont il fait partie, le jardin de sculptures géantes conçu par Melvin Charney.

    Photo: Robert Mailloux, archives La Presse

  • 1 / 7
  • Un des éléments géants du jardin de sculptures du CCA de Melvin Charney: incongru, ludique... et pratique pour se protéger du soleil. (Photo: Robert Mailloux, archives La Presse)

    Plein écran

    Un des éléments géants du jardin de sculptures du CCA de Melvin Charney: incongru, ludique... et pratique pour se protéger du soleil.

    Photo: Robert Mailloux, archives La Presse

  • 2 / 7
  • L'une des trois tours métalliques conçues il y a 20 ans par Melvin Charney sur la place Émilie-Gamelin, devenue point de ralliement des festivals et des manifestations. (Photo: Valérian Mazataud, La Presse)

    Plein écran

    L'une des trois tours métalliques conçues il y a 20 ans par Melvin Charney sur la place Émilie-Gamelin, devenue point de ralliement des festivals et des manifestations.

    Photo: Valérian Mazataud, La Presse

  • 3 / 7
  • Corridart. Censuré. Melvin Charney. ()

    Plein écran

    Corridart. Censuré. Melvin Charney.

  • 4 / 7
  • En juillet 1976, manifestation contre le démantèlement de l'exposition Corridart par l'administration Drapeau parce qu'elle

    Plein écran

    En juillet 1976, manifestation contre le démantèlement de l'exposition Corridart par l'administration Drapeau parce qu'elle "défigurait" les Jeux olympiques de Montréal.

    Photo: Armand Trottier, archives La Presse

  • 5 / 7
  • Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1976, la police et les employés de la Ville de Montréal démantèlent sauvagement l'exposition Corridart, installée le long de la rue Sherbrooke sous la direction de Melvin Charney. (Photo: Denis Courville, archives La Presse)

    Plein écran

    Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1976, la police et les employés de la Ville de Montréal démantèlent sauvagement l'exposition Corridart, installée le long de la rue Sherbrooke sous la direction de Melvin Charney.

    Photo: Denis Courville, archives La Presse

  • 6 / 7
  • L'architecte Melvin Charney, photographié dans son jardin de sculptures du CCA, sur René-Lévesque Ouest, en 2000. (Photo: Robert Mailloux, archives La Presse)

    Plein écran

    L'architecte Melvin Charney, photographié dans son jardin de sculptures du CCA, sur René-Lévesque Ouest, en 2000.

    Photo: Robert Mailloux, archives La Presse

  • 7 / 7

Partager

Personne n'attirait moins l'attention que l'architecte-artiste québécois Melvin Charney: discret, parfois même effacé. Exactement le contraire de ses oeuvres, qui font partie de nos vies et de nos villes depuis quatre décennies. Le 17 septembre, à 77 ans, Melvin Charney s'est éteint, sans bruit, dans son cher Montréal, là même où il a vu le jour, étudié, vécu et enseigné.

S'il n'est plus de ce monde, ses oeuvres, elles, continuent de vivre haut et fort leur vie d'oeuvre. Qu'il soit étudiant, sans-abri, touriste, festivalier ou manifestant, le passant qui se repose au pied des trois tours de métal géantes de la place Émilie-Gamelin, angle Sainte-Catherine Est et Berri, sait-il qu'elles sont signées Melvin Charney?

Et l'automobiliste qui pose le regard sur les formes monumentales érigées sur René-Lévesque Ouest, entre les rues Saint-Marc et du Fort, réalise-t-il qu'elles ont été conçues par le même Melvin?

Même les oeuvres «inexistantes» de Charney ont façonné Montréal! En 1976, lors des Jeux olympiques de Montréal, l'artiste est responsable d'une grande exposition d'art contemporain à ciel ouvert, rue Sherbrooke, baptisée Corridart. Il y expose lui-même d'ailleurs une oeuvre, intitulée Maisons de la rue Sherbrooke, qui rappelle toutes les demeures détruites au fil des ans par l'administration du maire Jean Drapeau, sans égard au patrimoine.

Le comité exécutif de la Ville ne le prend pas et le maire Drapeau fait carrément démanteler et détruire l'exposition temporaire... en une nuit! Résultat? Au lieu de sombrer dans l'oubli, l'affaire Corridart de Montréal est encore aujourd'hui une référence mondiale en matière de censure dans le domaine de l'avant-garde!

Architecte public

Charney ne se limite pas à Montréal. Son Monument canadien pour les droits de la personne, rue Elgin à Ottawa, a été dévoilé en 1990 par nul autre que le dalaï-lama, puis inauguré par Lech Walesa et visité notamment par Nelson Mandela. Tout premier monument du monde érigé pour cette cause, il contient notamment les mots «égalité», «dignité» et «droits» traduits dans une cinquantaine de langues des Premières Nations.

En 2004, à Sherbrooke, Charney est le maître d'oeuvre du réaménagement des berges de la rivière Magog, transformées en un espace urbain ouvert et chatoyant, grâce à l'intégration de ses sculptures géantes en acier inoxydable qui évoquent l'eau et la lumière.

Son influence va au-delà du bâti: à l'Université de Montréal, Melvin Charney a formé des tas d'architectes québécois. Il a représenté le Canada à trois Biennales de Venise - parfois comme architecte, parfois comme artiste visuel. Et tant le Centre Pompidou à Paris que le Musée d'art contemporain de Chicago ou tous les grands musées d'ici ont exposé et acheté ses oeuvres.

En 2004, le Centre canadien d'architecture lui consacre d'ailleurs une immense rétrospective, où son travail avec la photographie (qu'il pratique sérieusement depuis l'âge de 12 ans!) est également souligné. On ne s'étonnera pas d'apprendre que Dov Charney, à la tête d'American Apparel, est son neveu... Ni que sa belle-fille, une certaine Christiane Charette, soit elle aussi férue de photo.

Tout architecte qu'il soit, Melvin Charney n'a pourtant jamais édifié de maison ou de «simple» édifice au cours de sa carrière. «Me demander de dessiner les plans pour un building, c'est comme demander à un poète d'écrire des romans, ça n'a rien à voir, avait-il expliqué à La Presse en 2000. Ce n'est pas mon genre. Quand je passe devant [la place Émilie-Gamelin] et que je vois qu'elle a été envahie par les punks et les squeegees qui y lavent leurs chaussettes, je suis plutôt content parce que les pièces [les tours] tiennent le coup, ce qui est non négligeable quand on fait de l'art public.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer