Dans le quartier cool de New Delhi

Suhrid Manchanda...

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Suhrid Manchanda

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Musiques indiennes: encore plus !

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La musique indienne

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La musique indienne

Musique classique, indian electronica, rock indie, musiques de fusion et plus encore. En Inde, la musique d'aujourd'hui est un immense brassage de traditions nationales et d'actualité planétaire. »

(New Delhi) Pendant ce temps à New Delhi, Suhrid Manchanda gère la croissance du TLR Cafe dans le quartier Hauz Khas Village, considéré comme le quartier cool de New Delhi. Ce club dont il est l'un des actionnaires accueille chaque semaine moult groupes et DJ indiens mais aussi d'autres en provenance du monde entier.

Suhrid, il faut dire, a déjà vécu à Montréal et New York, il aurait pu passer sa vie professionnelle en Amérique du Nord. Il a décidé de rentrer.

«J'avais l'intention de passer un petit moment en Inde afin d'y faire le point, écrire et ensuite retourner à l'étranger. Mais lorsque j'ai réalisé la grande intensité de l'activité culturelle à Delhi, j'ai été séduit au point de m'établir en permanence dans la ville où j'ai grandi. J'ai commencé par aider le propriétaire originel du TLR afin d'organiser des spectacles. Or, notre activité n'a cessé de progresser depuis et nous sommes devenus associés. Ce club accueille désormais plein de groupes issus de genres musicaux différents - rock, blues, expérimental, musique indienne traditionnelle, hip hop, techno, drum'n'bass, dubstep, etc.  Qui plus est, nous avons de la compétition, car d'autres clubs ont ouvert leurs portes dans Hauz Khas Village.»

Suhrid Manchanda voit cette compétition d'un bon oeil car il faut une masse critique de scènes afin d'accueillir les artistes émergents dans la capitale indienne (plus de 12 millions d'habitants en incluant la périphérie).

«Ainsi, on trouve plus de clubs, plus de festivals régionaux et nationaux. Depuis deux ou trois ans on voit les choses devenir de plus en plus professionnelles et de mieux en mieux organisées. À Delhi, des artistes viennent de partout en Inde et même de l'étranger pour s'y installer et faire évoluer leur carrière. En Inde, on sait que les villes de Bangalore et Mumbai ont été très actives en ce sens mais nous bénéficions actuellement d'une meilleure tolérance municipale en ce qui a trait à la vie nocturne.»

Et l'on ne parle pas ici de vie nocturne... traditionnelle. Suhrid résume le cheminement historique:

«Depuis les années 60, c'est-à-dire lorsque les Beatles se sont intéressés à l'Inde le rock et le blues ont un impact sur la culture des jeunes. Depuis lors, il y a des artistes rock. Adolescent, feu Freddy Mercury (Queen) y avait fondé son premier groupe alors étudiait dans la région de Bombay. Aujourd'hui, la jeunesse indienne plonge dans la musique électronique et le hip hop, bien au-delà du rock sous toutes ses formes.»

La dimension indienne, soulève le promoteur, n'est pas toujours présente dans ces déclinaisons musicales.

«Certains artistes veulent s'en détacher car ils y voient une forme de ghettoïsation ou d'exotisme à outrance. Plusieurs jeunes artistes souhaitent percer à l'international mais refuse d'y parvenir parce qu'ils sont exotiques aux yeux des Occidentaux. Ils veulent être partie prenante d'une culture mondiale et non locale. D'autant plus qu'une proportion croissante de jeunes musiciens n'ont pas reçu une éducation solide en musique classique indienne.

«Cela dit, il faudra mettre du temps avant d'exporter des musiques vraiment original, car la pop rock indienne a encore tendance à recréer les formes classiques de l'Occident. Une résistance à l'exotisme indien, j'imagine... La langue, cependant, peut être un facteur d'identité: Papon (East India Company) ou Raghu Dixit, par exemple, chantent de la pop rock dans la langue de leur communauté d'origine. Ils peuvent compter sur d'énormes groupes linguistiques pour les encourager et les faire vivre.»

Suhrid Manchanda voit également un lien entre cette émergence spectaculaire d'une modernité plurielle de la musique indienne et la croissance de nouveaux marchés colossaux sur la planète à l'ère numérique.

«Avec l'internet, les Indiens absorbent toutes les musiques d'ailleurs, et je ne parle pas exclusivement de l'Occident. Nous vivons en quelque sorte ce que vivent les jeunes du Brésil ou de la Russie, marchés émergents comme l'Inde, la Chine ou l'Afrique du Sud. D'ailleurs, des liens se tissent avec ces territoires qui nous ressemblent. Par exemple, le festival Outlook de Croatie présente cette année une scène consacrée exclusivement à la musique indienne.»




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