Ludovic Boney: on a tous cinq ans et demi!

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Les dernières expérimentations de Ludovic Boney ratissent large au centre Action Art Actuel, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Pour sa troisième exposition solo, l'artiste autochtone y a créé une installation ludique et onirique qui contraste avec ses oeuvres d'art public. Il faut aller s'immerger et s'amuser dans la forêt de NSPSLL!.

Le centre d'artistes Action Art Actuel, qui existe depuis 31 ans à Saint-Jean-sur-Richelieu, a donné carte blanche à Ludovic Boney pour qu'il crée in situ une oeuvre de son choix. Le nom du sculpteur autochtone avait été suggéré à la directrice du centre, Marie Hébert, par l'artiste Caroline Monnet, qui y avait exposé au printemps 2017.

Il ne s'agit que de la troisième expo solo de Ludovic Boney en galerie. En effet, l'artiste s'est jusqu'à présent surtout consacré à répondre à une vingtaine de commandes d'oeuvres d'art public qu'il essaime depuis 12 ans au Québec.

En galerie, il a participé à des expos collectives, notamment chez Art mûr, et a bénéficié d'un solo chez Oboro l'an dernier. C'est dans la continuité des paysages architecturaux présentés chez Oboro et à la galerie Michel Guimont, à Québec, que Boney a conçu son oeuvre à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Parcours dans une forêt

L'installation intitulée NSPSLL! consiste en un parcours dans une «forêt» d'arbres représentée par des dizaines d'assemblages de poteaux en bois de construction de 2 po sur 2 po sur 8 po ressemblant à des portemanteaux alignés les uns à côté des autres et laissant un espace pour circuler.

Âgé de 37 ans, Ludovic Boney est plus... (Photo Réjean Morin, fournie par Action Art Actuel) - image 2.0

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Âgé de 37 ans, Ludovic Boney est plus connu pour ses oeuvres d'art public. Son expo solo à Saint-Jean-sur-Richelieu est la troisième de sa carrière.

Photo Réjean Morin, fournie par Action Art Actuel

Quand on pénètre dans la «forêt», on marche sur des matelas posés par terre. À peine a-t-on mis le pied sur le premier matelas qu'on déclenche cinq compresseurs installés dans la vitrine de la galerie. Des choses étranges se produisent alors au fur et à mesure qu'on avance dans ce dédale.

Il faut être attentif, regarder à gauche et à droite, pour comprendre ce que nos pas ont provoqué. Des bruits se déclenchent: couinements, cancanements de canards, son d'une flûte à bec ou de clochettes, eau qui bouge, etc.

Des objets se mettent en mouvement grâce à la pression exercée par nos pieds sur des pédales placées sous les matelas. Un gant de boxe frappe une tête en polystyrène, une grosse huître rose en plastique entrouvre sa coquille, un ballon se met à monter et descendre, un purificateur d'air se déclenche, du vent fait bouger des plumes dans un baril, etc.

«Le soir du vernissage, c'était extraordinaire, on riait, on avait tous cinq ans et demi! dit Marie Hébert. On jouait dans l'installation et Ludovic Boney, lui, nous regardait en souriant. Il était content!»

Les visiteurs affluent depuis le début de l'exposition, le 15 mars, notamment des groupes d'écoliers qui éprouvent bien du plaisir, même si les plus petits doivent sauter plus fort pour actionner le système.

À peine a-t-on mis le pied sur le... (Photo Michel Dubreuil, fournie par Action Art Actuel) - image 3.0

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À peine a-t-on mis le pied sur le premier matelas de l'installation de Ludovic Boney qu'on déclenche les compresseurs installés dans la vitrine de la galerie.

Photo Michel Dubreuil, fournie par Action Art Actuel

Concept du passage

Ludovic Boney est resté plus d'une semaine à la galerie avec ses assistants pour créer l'installation à partir de matériaux divers apportés sur place et avec lesquels il a plus ou moins improvisé.

Quand on regarde l'enchevêtrement des fils de couleurs différentes qui permettent aux objets de s'animer, on ne peut qu'être admiratif devant la complexité de l'installation, qui a pourtant l'apparence d'un déploiement de bric et de broc!

L'artiste huron-wendat aime s'amuser, mais son oeuvre n'est pas que ludique. Elle traite du concept du passage, de l'expérience vécue lorsqu'on traverse un espace. Ludovic Boney s'intéresse à nos perceptions quand on est immergé dans un contexte particulier qui éveille nos sens à cause de stimuli, de formes, d'objets ou de mouvements.

À Oboro, le visiteur était sensibilisé à ses habitudes de consommation en parcourant un sentier de planches semées de tiges métalliques coiffées de sacs en plastique. «Mais à Saint-Jean, je voulais faire quelque chose de plus fou, dit l'artiste de 37 ans au téléphone. C'est une première et ça m'a détendu!»

On a du plaisir en expérimentant NSPSLL!. En même temps, on prend conscience de notre faculté à être encore distrait par des mécanismes qui ne requièrent aucune technologie numérique. Par son intervention, Ludovic Boney montre que la richesse de l'art contemporain est aussi de permettre au plus grand nombre d'avoir sa propre lecture d'une oeuvre d'art aux interprétations multiples. Et de tirer les bienfaits de ces éphémères beautés de la vie, comme disait Jacques Higelin.

Ah oui, NSPSLL! signifie «Ne sautez pas sur les lits!», comme le répètent sans cesse les parents du monde entier. Mais à Saint-Jean-sur-Richelieu, tout le monde peut sauter sur les matelas! Et peut-être ailleurs... si cette installation se met à voyager pour aller divertir d'autres petits et grands enfants qui auront momentanément cinq ans et demi.

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Au centre Action Art Actuel (191, rue Richelieu, Saint-Jean-sur-Richelieu), du mardi au samedi, de 13 h à 17 h, jusqu'au 21 avril.




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