Prada s'offre un musée à Milan

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Le musée Prada est signé par l'architecte Rem Koolhaas.

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(Milan) Le quartier Largo Isarco n'a rien de glamour. Plutôt chauve, plutôt postindustriel, excentré au sud de la métropole, il brûle sous les 35 °C de l'été milanais. Pourtant, au-delà des murs aveugles et des terrains vagues se trouve l'un des antres du chic italien: une ancienne distillerie réinventée par l'architecte néerlandais Rem Koolhaas en écrin pour les collections d'art de la famille Prada.

Oui, Prada comme dans les sacs à main aussi chers que populaires, Prada comme dans la mode aussi chic et créative que délicieusement ancrée dans les traditions esthétiques italiennes de la styliste Muccia Prada.

Pour ce nouvel espace consacré à l'art du XXe et du XXIe siècle, pensez Louise Bourgeois, Yves Klein, Maurizio Cattelan, Man Ray, Richard Serra, Francis Picabia... Les artistes sont très variés, tous pertinents, présentés tant dans des installations permanentes qu'au fil des expositions thématiques... On accède facilement en métro à ces quelque 19 000 m2 consacrés aux arts et on y entre comme dans un lieu hors du temps.

Quatre entités architecturales

La Fondazione, qui est présidée par Miuccia Prada et son mari Patrizio Bertelli, s'articule autour de quatre entités architecturales distinctes qui proposent aux visiteurs un ensemble aux références éclatées. Les lignes droites des espaces publics minéraux blanchis par le soleil évoquent les tableaux de Giorgio De Chirico, tandis que le doré de la tour centrale semble faire un clin d'oeil aux pigments des grandes fresques de la Renaissance ou des bas-reliefs médiévaux.

«La Fondazione n'est pas une oeuvre de conservation, mais pas non plus un projet de nouvelle architecture» - L'architecte du musée, Rem Koolhaas

«Ces deux états qui sont généralement séparés s'affrontent de manière permanente, offrant un ensemble de fragments qui ne peuvent pas se geler en une seule image ou laisser une part en dominer une autre.»

Même le café rétro, le bar Luce aménagé par le cinéaste Wes Anderson, avec ses meubles en formica, son plancher de terrazzo et ses clins d'oeil décoratifs rendant hommage tant à la célèbre Galleria Vittorio Emanuele qu'au film Miracle à Milan de Vittorio De Sica, offre une expérience en soi. «Ce n'est pas un lieu scénique, mais bien un espace pour la vraie vie, a dit le réalisateur de son Luce. Mais ce sera peut-être un bon endroit pour écrire un film.»

L'un des bâtiments, qui faisait partie de la distillerie originale, a été baptisé «la tour hantée». C'est dans cet espace couvert de peinture dorée qu'on gravit un étroit escalier pour retrouver une exposition permanente consacrée à Louise Bourgeois et Robert Gober.

Une autre immense galerie toute neuve abrite notamment une installation de Damien Hirst, Lost Love, où un cabinet médical devient un immense aquarium ainsi qu'une installation, intitulée Case III et datant de 1968, de la pionnière Eva Hesse.

La Fondazione compte aussi un immense espace pour abriter des oeuvres d'art en forme de voitures, notamment un modèle de Sarah Lucas, ainsi qu'une salle de cinéma où est actuellement projeté un film sur les sources d'inspiration de Roman Polanski, une pièce en soubassement qui accueille une grotte de papier signée Thomas Demand et une «académie» pour les enfants.

Big Big Mac de Tom Friedman... (PHOTO AFP) - image 2.0

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Big Big Mac de Tom Friedman

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Foods & Arts

Le grand responsable du contenu artistique de la Fondazione est Germano Celant, commissaire qui pilote une autre exposition majeure à Milan, Foods & Arts. L'exposition est présentée au musée du design appelé Triennale, qui devient jusqu'au 1er novembre le pavillon d'EXPO 2015 consacré aux arts en plein coeur de la ville.

Dans cette exposition, consacrée aux rituels et à l'expression artistique liée à la nourriture, on couvre à partir de 1851 une quantité et un spectre remarquables de sujets. On part autant d'une recherche historique sur les couverts ou les coupes du XIXe siècle que d'une quête exhaustive de la place qu'a occupée la nourriture dans l'art contemporain.

Au rendez-vous de cette expo immensément riche en contenu: des oeuvres et des objets aussi diversifiés qu'un fauteuil de viande de Jana Sterbak, une cafetière Aldo Rossi pour Alessi, une banane d'Andy Warhol ou un immense pot de ketchup signé Paul McCarthy. À ne pas manquer: le Banquet patriotique de l'artiste catalan Antoni Miralda, où des assiettes sagement posées sur une table, couvertes de nourritures colorées reproduisant différents drapeaux, finissent par moisir et devenir toutes semblables... Délicieux.

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