Des cendres saisies chez la mère d'un Roumain accusé d'avoir commis un spectaculaire vol de toiles de maîtres aux Pays-Bas contiennent «des fragments typiques de tableaux à l'huile brûlés», a précisé jeudi à l'AFP le musée chargé de leur analyse.

«On a découvert des pigments spéciaux pour les peintres, très chers, qui ne sont plus utilisés depuis la deuxième moitié du XXe siècle», a déclaré le directeur du Musée national d'Histoire de la Roumanie, Ernest Oberländer-Tarnoveanu.

Il a précisé que ces pigments identifiés dans les cendres, à base d'étain, de plomb et de zinc, étaient utilisés depuis la période de la Renaissance mais sont aujourd'hui interdits.

L'analyse a révélé des «restes de tableaux, un ou plusieurs, avec des traces de peinture bleue, jaune et rouge (...) et des clous».

Le directeur du musée n'a toutefois pas voulu indiquer s'il considérait que les tableaux volés - dont un Picasso, deux Monet et un Guauguin -ont été brûlés.

«C'est aux enquêteurs de le déterminer», a-t-il ajouté. Le parquet qui suit cette affaire (DIICOT) a indiqué «qu'aucune conclusion ne peut être tirée» sur le sort des toiles tant que l'enquête sur une éventuelle destruction se poursuit.

La mère de Radu Dogaru, un des auteurs présumés du vol, a déclaré aux enquêteurs avoir décidé de brûler les tableaux pour détruire les preuves, selon le réquisitoire des procureurs révélé par l'agence Mediafax.

Elle les avait auparavant enterrées dans le jardin d'une maison abandonnée dans l'est de la Roumanie, puis dans un cimetière.

Six Roumains dont Mme Dogaru et son fils seront jugés à partir du 13 août pour un des plus importants vols de tableaux du siècle.

Le préjudice est estimé par le parquet à 18 millions d'euros.

Si les tableaux ont été brûlés, «je considère qu'il s'agirait d'un crime monstrueux, d'un acte de barbarie... et d' un crime contre l'humanité», a estimé M. Oberländer-Tarnoveanu.

En moins de 90 secondes, sept toiles de maîtres avaient été dérobés du musée Kunsthal de Rotterdam: Tête d'Arlequin de Pablo Picasso, La liseuse en blanc et jaune d'Henri Matisse, le Waterloo Bridge et le Charing Cross Bridge de Londres signés Claude Monet, Femme devant une fenêtre ouverte, dite la fiancée de Paul Gauguin, Autoportrait de Meyer de Haan et Woman with Eyes Closed (femme aux yeux clos) de Lucian Freud.