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Édifice Saint-Sulpice: le projet de bibliothèque fait du surplace

L'édifice Saint-Sulpice, toujours vacant, a été acheté par... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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L'édifice Saint-Sulpice, toujours vacant, a été acheté par l'Université du Québec à Montréal, qui l'a cédé deux ans plus tard au gouvernement du Québec.

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(Québec) L'édifice Saint-Sulpice de la rue Saint-Denis a beau avoir été sauvé in extremis il y a deux ans, sa reconversion tarde toujours à se concrétiser. Le projet innovateur de bibliothèque destinée aux jeunes, annoncé par Québec au début de 2016, piétine. Déjà repoussée à 2019, l'inauguration devra être encore reportée.

Selon de nombreuses sources proches du dossier, le financement fait encore défaut dans ce projet cofinancé par Québec et Montréal, qui devait coûter 17 millions. Lors de l'annonce par la ministre Hélène David, en janvier 2016, le maire Denis Coderre avait souligné que la réouverture de cet édifice, fermé et laissé à l'abandon depuis 2005, serait un projet « structurant » pour la rue Saint-Denis. L'inauguration devait tomber pile pour le 375e anniversaire de Montréal en 2017, disait-il. L'échéance a par la suite été reportée au début de 2018, puis à juin 2019. Et aujourd'hui, même cette date est irréaliste, confie-t-on.

Au cabinet de la nouvelle ministre de la Culture, Marie Montpetit, on souligne que le projet avance, que les plans et devis sont réalisés, fruit d'un concours d'architecture qui s'était conclu en juin dernier. On garde le cap sur une inauguration en juin 2019.

Depuis six mois, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), propriétaire de l'édifice, nage dans le doute concernant la direction. Christiane Barbe est partie au printemps et est remplacée de façon intérimaire par Geneviève Pichet. Or, ce projet de bibliothèque novatrice à Saint-Sulpice était, depuis le premier jour, associé à l'ancienne PDG.

Le processus de sélection du prochain directeur s'est prolongé tout l'été - beaucoup de personnalités ont été sollicitées pour se porter candidates, mais le poste a soulevé peu d'intérêt, semble-t-il. Une rumeur récurrente indiquait que le conseil d'administration allait recommander Manon Gauthier, élue montréalaise responsable des dossiers culturels, mais reste à savoir ce que fera le Conseil des ministres de cette recommandation. On a déjà eu des surprises - au Grand Théâtre de Québec, le gouvernement avait fait fi de la recommandation du conseil d'administration.

Climat maussade

À l'absence d'un nouveau PDG, on doit ajouter le congé récent de la directrice générale de la Grande Bibliothèque, Danielle Chagnon, partie pour une période indéterminée. Le projet Saint-Sulpice relevait d'elle. Chez les administrateurs de la BAnQ, « bien des gens s'interrogent avec raison. En 2016, ce projet de sauvetage [de Saint-Sulpice] avait été réglé à la toute dernière minute ». Après cette entente entre la Ville de Montréal et les Affaires culturelles, on se demande encore si les paroles vont être suivies de gestes. Or, on n'en entend pas parler lors des réunions mensuelles des administrateurs. En outre, le climat de travail à la BAnQ est maussade - l'organisme a dû procéder à des suppressions de postes.

Au « vacuum » de la gouvernance s'ajoutent les problèmes prévisibles de financement. Il manque 7 millions pour réaliser le projet, dont 3 doivent venir de la Fondation de BAnQ. Or, les coffres de la fondation sont vides, et les communications entre la bibliothèque et sa fondation pour mettre en place une stratégie de commandite sont inexistantes. 

Parmi toutes ces incertitudes, une chose est certaine : la nouvelle cible de juin 2019 pour une inauguration est carrément irréaliste, rien n'est planifié pour amorcer les collectes de fonds nécessaires.

Une question importante est toujours en suspens : le projet innovateur de bibliothèque pour adolescents, qui inclut des laboratoires de création, envisagé pour l'édifice Saint-Sulpice entraîne des frais d'exploitation importants : 1,6 million par année, autre facture pour laquelle personne ne veut s'engager pour l'instant. Au conseil d'administration de la BAnQ, on constate que le projet semble toujours vivant, « mais pas très chaud ». Le conseil se réunira à nouveau lundi prochain, et on s'attend à ce que la nomination d'un nouveau président-directeur général soit réglée dans un proche avenir.

L'édifice patrimonial, construit en 1915, avait accueilli la Bibliothèque nationale du Québec de 1967 à 2005. La BNQ avait alors fusionné avec la Bibliothèque centrale de Montréal et avec les Archives nationales, pour créer la Grande Bibliothèque. L'édifice Saint-Sulpice, toujours vacant, a été acheté par l'Université du Québec à Montréal, qui l'a cédé deux ans plus tard au gouvernement du Québec. Avec son annonce du début de 2016, la ministre David confirmait que l'édifice conserverait sa vocation initiale de bibliothèque.




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