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En-dedans de La Ligne bleue

La Ligne bleue fait la promotion des lieux... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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La Ligne bleue fait la promotion des lieux culturels situés près de la ligne de métro du même nom. Le théâtre Aux Écuries en fait partie.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

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Daniel Lemay
La Presse

Quand, autour de 2010, les gens du théâtre Aux Écuries essayaient d'attirer le monde dans le quartier Villeray, ils arguaient que leur théâtre était situé à deux pas du métro Fabre. Et les spectateurs potentiels disaient: «Oui, mais c'est la ligne bleue...» Entendre: la ligne de métro qui ne passe pas en ville. Ou sur le Plateau. Et qui doit donc, c'est clair, traverser des no man's land culturels...

La ligne bleue... Valérie Beaulieu et ses collègues des Écuries où elle était directrice des communications ont étalé une carte du métro et se sont vite rendu compte que, à l'est, la TOHU, dynamique espace circassien, était aussi «sur» la ligne bleue. Ou à moins d'un kilomètre. Comme, au sud du métro d'Iberville, le cinéma Beaubien, un des rares cinémas de quartier encore en exploitation en ville.

Ils ont vu que le Théâtre Outremont n'était pas loin de la station du même nom d'où, vers l'ouest, la ligne bleue s'enfonce sous le mont Royal vers les stations Édouard-Montpetit, Université-de-Montréal, Côte-des-Neiges, dans le giron de l'UdeM, institution de culture où la jeunesse est au centre de l'action.

Quand on met bout à bout, de Saint-Michel à Snowdon, les 12 stations de la ligne bleue, ça commence à faire pas mal de maisons de la culture, de centres d'exposition et de petits théâtres (8000 sièges). Pas mal de communautés aussi, nous dira Valérie Beaulieu qui, en 2012, a sauté dans le projet fédérateur de cet OSBL d'économie sociale qui avait - qui a toujours - pour but de «rapprocher les arts et les publics». Le nom de l'affaire? La Ligne bleue...

«La diversité est notre force», dira la directrice générale de La Ligne bleue, seule employée permanente d'un organisme qui en compte trois au total. Mais auquel cotisent pas moins de 38 lieux culturels répartis dans quatre arrondissements - Rosemont-La Petite-Patrie, Villeray-Saint-Michel-Parc Extension, Outremont et Côte-des-Neiges-NDG - où vivent plus d'un demi-million de Montréalais.

«La Ligne bleue est un portrait de Montréal avec plus de 100 communautés ethniques dans les quartiers résidentiels qu'elle traverse», explique Valérie Beaulieu qui voit l'échange des publics comme l'une des missions premières de son organisme. Et Mme Beaulieu de citer aussi des programmes tels Hors les murs qui amène les activités des maisons de la culture partout dans les arrondissements.

Le problème de La Ligne bleue, comme de bien d'autres organismes de ce type, tient au financement, à l'absence, en fait, d'un financement prévisible et récurrent. Radio-Canada a le même problème, mais la Ligne bleue travaille avec un budget inférieur à 200 000 $... Et, sans équivalent ici ou ailleurs, le regroupement n'entre pas dans les cases ordinaires des organismes subventionnaires: ce n'est pas une salle, ni un producteur ni un diffuseur...

Valérie Beaulieu constate le caractère précaire des choses plus qu'elle ne s'en désole: «Présentement, tout est en suspens. Les programmes sont soit transformés, soit gelés, quand ils n'ont pas carrément disparu. Plusieurs programmes de la Ville dépendent de subventions de Québec où le nouveau gouvernement est à revoir tous les programmes. Patrimoine Canada nous aidait à titre de start-up: c'est terminé...»

De la patience et des amis

La Ligne bleue essaie de se tourner vers le financement privé, mais la création de partenariats demande du temps... et de la patience. Dans sa nouvelle approche de «facilitateur», la Ligne travaille déjà à la mise en réseau de «commerces amis» (voir lalignebleue.ca) qui peuvent trouver avantage à travailler avec des lieux de culture qui accueillent plus de deux millions de spectateurs par année.

La Ligne a aussi des amis bien placés, comme Manon Gauthier, responsable de la Culture à la Ville de Montréal qui avait embarqué dans le projet alors qu'elle était chef de la direction du Centre Segal des arts de la scène, à l'extrémité ouest de la ligne bleue. Le premier qui nous a parlé de La Ligne bleue a été son adjoint de l'époque, Julien Valmary, aujourd'hui directeur du soutien et des initiatives stratégiques au Conseil des arts de Montréal.

La Ligne compte aussi dans ses rangs des noms prestigieux du milieu culturel: Mario Fortin, PDG du Cinéma Beaubien; Raymond Cloutier, directeur général et artistique du Théâtre Outremont, dont une entente avec la Ville vient d'assurer la pérennité. Et des gens des CDEC, de l'Oratoire et de l'UdeM qui se lancera bientôt dans la construction du site Outremont.

Même le maire de Montréal, Denis Coderre, est un ami de la ligne bleue (du métro, en tout cas) qu'il veut prolonger vers l'est jusqu'à Anjou. Hors terre, parce qu'un tiers moins cher.

Entre-temps, beaucoup veulent savoir ce que la Ville réserve aux quartiers culturels pour le 375e anniversaire. Ou s'il y en aura juste pour le Quartier des spectacles.

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