Wall Street recule, la Fed n'apaisant pas les craintes

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Les investisseurs américains observent avec vigilance les pays émergents et les derniers développements ne les rassurent pas vraiment, selon Christopher Low, économiste à FTN Financial

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Agence France-Presse
New York

Wall Street est repartie à la baisse mercredi, la décision de la Réserve fédérale (Fed) de poursuivre la réduction de son aide monétaire n'apaisant pas les craintes pour les pays émergents. La Bourse de Toronto a clôturé en baisse elle aussi.

Le dollar canadien s'est déprécié pour sa part de 0,18 cent US à 89,46 cents US.

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Les marchés à la clôture :

  • TSX 13 643,22 / -44,44 (-0,32%)
  • Dow Jones 15 738,85 / -189,71 (-1,19%)
  • S&P 500 1 774,20 / -18,30 (-1,02%)
  • NASDAQ 4 051,43 / -46,53 (-1,14%)

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«Tout espoir de voir la Fed faire une pause dans le ralentissement de son soutien à l'économie, en raison des données économiques décevantes publiées récemment ou des turbulences sur les marchés émergents, a été repoussé», a remarqué Paul Edelstein, économiste à IHS Global Insight.

Fuite vers le marché obligataire

À l'issue d'une réunion de deux jours, la banque centrale américaine a en effet décidé de poursuivre, comme largement attendu, une réduction limitée de son soutien monétaire à l'économie des États-Unis et de maintenir les taux d'intérêt proches de zéro.

Elle n'a pas non plus suggéré qu'elle allait revoir les seuils à partir desquels elle commencera à remonter ses taux d'intérêt.

Aussi, «la réaction du marché à la décision de la Fed a été modérée» et les indices, qui étaient déjà nettement dans le rouge à la mi-séance, n'ont que légèrement creusé leurs pertes après la publication du communiqué de la Fed, a souligné Paul Edelstein.

Les investisseurs américains restent surtout fébriles face aux derniers développements observés dans les pays émergents.

«Après la fuite importante de capitaux ayant affecté la semaine dernière plusieurs pays émergents, certaines banques centrales ont tenté de monter au créneau avec notamment une augmentation spectaculaire des taux d'intérêt en Turquie et de moindre ampleur en Afrique du Sud», a relevé Christopher Low, économiste à FTN Financial.

Ces mesures «ont dans un premier temps mis un frein à la déroute mais après quelques heures, leur effet s'est estompé», a-t-il ajouté. «La peur maintenant est que les banques centrales des pays émergents aient perdu le contrôle».

Les investisseurs se réfugient donc vers des actifs jugés plus sûrs, comme les bons du Trésor américains, et se désengagent de tout ce qui est considéré plus risqué, comme le marché des actions.

Le marché obligataire a d'ailleurs terminé en nette hausse. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a reculé à 2,675% contre 2,746% mardi soir et celui à 30 ans à 3,622% contre 3,672% la veille.

Yahoo! déçoit encore

Les résultats d'entreprises dévoilés mardi soir et mercredi matin n'étaient pas de nature à apaiser les inquiétudes des investisseurs.

Le constructeur aéronautique Boeing a ainsi déçu Wall Street (-5,33% à 129,78 dollars) avec des prévisions décevantes pour 2014, qui ont éclipsé de bons résultats 2013.

L'opérateur de téléphonie AT&T a de son côté plus que doublé son bénéfice en 2013 à 18,2 milliards de dollars. Mais le groupe anticipe un bénéfice par action pour 2014 en-dessous des attentes du marché (-1,16% à 33,31 dollars).

Le marché a par ailleurs sévèrement sanctionné Yahoo! (-8,71% à 34,89 dollars), qui peine toujours à relancer la croissance de son chiffre d'affaires ou de ses recettes publicitaires.

Dans le secteur de la chimie Dow Chemical est parvenu à tirer son épingle du jeu en quintuplant ses bénéfices en 2013 grâce notamment au dédommagement reçu du Koweït pour régler un contentieux (+3,88% à 44,73 dollars).

Facebook devait dévoiler ses propres chiffres après la clôture (-2,92% à 53,53 dollars).

Le géant de l'informatique Apple, qui a chuté mardi de près de 8% après des résultats décevants, a poursuivi son repli, clôturant juste au-dessus de la barre symbolique des 500 dollars (-1,14% à 500,75 dollars).

Le TSX en berne

La Bourse de Toronto a clôturé en baisse mercredi, après que la Réserve fédérale des États-Unis eut annoncé son intention de poursuivre l'atténuation de son programme d'achats obligataires mensuels, ce qui a soulevé de nouvelles inquiétudes sur la façon dont les marchés émergents pourront protéger leurs devises.

L'indice composé S&P/TSX a échappé 44,44 points pour terminer la séance à 13 643,22 points. La Fed a indiqué qu'elle réduirait d'une nouvelle tranche de 10 milliards $ US ses achats mensuels d'obligations, pour les porter à 65 milliards $ US.

Les pertes du parquet torontois ont été limitées par les gains du secteur aurifère, les craintes vis-à-vis des marchés émergents ayant fait grimper le cours du lingot d'or.

Le dollar canadien s'est déprécié de 0,18 cent US à 89,46 cents US.

Le transporteur ferroviaire Canadien Pacifique a dévoilé mercredi un bénéfice et des revenus inférieurs aux attentes des analystes pour son plus récent trimestre, mais son faible ratio d'exploitation et ses perspectives positives à ce chapitre ont convaincu les investisseurs de la solidité de sa performance. Son action a avancé de 7,37 $, soit 4,66 pour cent, à 165,52 $.

Le secteur des technologies a réalisé le déclin le plus marqué, soit 1,5 pour cent, après que le Groupe CGI eut dévoilé un bénéfice inférieur aux attentes pour le dernier trimestre. Son action a reculé de 1,76 $, soit cinq pour cent, à 33,47 $.

Le secteur de la finance a aussi perdu des plumes, les banques ayant connu des difficultés en raison des inquiétudes entourant les marchés émergents. L'action de la Banque Scotia, la plus internationale des grandes banques canadiennes, a effacé 58 cents à 61,30 $, tandis que celle de la Royale a rendu 78 cents à 68,76 $.

La Société de Gestion AGF a vu son action reculer de 78 cents, soit 6,3 pour cent, à 11,63 $, après qu'elle eut dévoilé un résultat financier décevant aux yeux des analystes.

Le secteur de l'énergie a retraité de 0,68 pour cent, le cours du pétrole brut s'étant déprécié de 5 cents US à 97,36 $ US le baril à la Bourse des matières premières de New York. L'action de Canadian Natural Resources a cédé 30 cents à 36 $.

Le groupe des métaux de base a rendu 0,43 pour cent, le cours du cuivre ayant reculé d'un cent US à 3,24 $ US la livre à New York.

Le secteur aurifère a progressé d'environ 3,3 pour cent, pendant que le prix du lingot d'or avançait de 11,40 $ US à 1262,20 $ US l'once à New York. Le titre de Goldcorp a pris 98 cents à 27,60 $, tandis que celui de Barrick Gold a gagné 84 cents à 21,80 $.

- Avec La Presse Canadienne




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