Canadien National: le syndicat tiendra des votes de grève

Une locomotive du Canadien National.... (PHOTO ARCHIVES REUTERS)

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Une locomotive du Canadien National.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Les syndicats Unifor du Canadien National tiendront des votes de grève dès le début de la semaine prochaine et au cours des trois prochaines semaines.

Les syndicats se disent décidés à obtenir un règlement négocié et préviennent déjà le gouvernement fédéral qu'ils n'accepteront pas qu'il adopte une loi spéciale pour imposer un règlement et forcer le retour au travail.

Au cours d'une rencontre avec la presse, jeudi à Montréal, après une réunion avec une centaine de représentants syndicaux de partout au pays, le président du syndicat Unifor, Jerry Dias, a précisé que le syndicat avait volontairement étendu ses votes de grève sur trois semaines, afin de donner le temps aux clients du CN de «prendre une décision individuelle» et de trouver une solution de rechange, si la grève devait être déclenchée.

Le syndicat évoque l'hypothèse d'une grève à la fin de mars.

De son côté, le directeur des communications et des affaires publiques du CN, Mark Hallman, a fait savoir que l'entreprise jugeait «malheureux» et inutile de tenir de tels votes de grève. La direction du CN déplore le fait que cela va «susciter de l'incertitude chez les clients de l'entreprise».

Les deux parties s'accusent mutuellement de faire des offres ou demandes déraisonnables.

Le syndicat affirme qu'il ne veut obtenir que ce qui a déjà été obtenu du Canadien Pacifique, le 14 février dernier, dans un contexte où le CP fait moins de profits que le CN.

«En cinq mois de négociations actuellement avec le CN, on est dans une impasse totale. Ce que le CN cherche actuellement à obtenir de la part de notre syndicat, c'est une entente à rabais, rien de moins qu'une entente à rabais», a soutenu Jacques Ouimet, vice-président du syndicat pour les régions Saint-Laurent et de l'Atlantique.

Le syndicat reproche au CN de compter sur le gouvernement pour adopter une loi spéciale et forcer un éventuel retour au travail. La direction du CN veut «mettre le gouvernement dans le processus de négociation pour interrompre celle-ci par l'application d'une loi contraignant les travailleurs à un retour au travail», a déploré M. Ouimet.

MM. Ouimet et Dias ont prévenu que les syndiqués n'accepteront pas une telle situation. Ils ne sont pas allés jusqu'à affirmer qu'ils désobéiraient à une éventuelle loi forçant un retour au travail, mais M. Dias a martelé en anglais que ce conflit se conclurait par un règlement entre les parties, et non par une loi spéciale. «Le règlement va être obtenu à la table de négociation», a-t-il lancé.

Du côté de la direction du CN, on affirme avoir fait des offres «justes et concurrentielles» de trois pour cent par année pendant trois ans, en plus d'avoir offert des avantages sociaux «qui vont de pair avec les dispositions des autres ententes conclues récemment» avec les syndicats des Métallos et des Teamsters. Le CN s'est entendu à l'amiable avec quatre autres de ses syndicats, fait valoir M. Hallman dans une réponse écrite.

La direction reproche au syndicat de vouloir lui imposer une contribution de 5 cents l'heure à un fonds communautaire et social qui vise à soutenir des causes humanitaires. Le CN dit que par principe, il veut choisir ses propres causes.

M. Dias, quant à lui, affirme que cette contribution au fonds communautaire n'est qu'un prétexte pour repousser les demandes syndicales.

La direction du CN durcit aussi ses positions de son côté, puisqu'elle a fait savoir qu'à compter de vendredi, elle allait modifier certaines dispositions des conventions collectives. «Les modifications ciblées favoriseront l'atteinte des objectifs de la compagnie visant à améliorer le service à la clientèle et accroître l'efficacité», fait-elle valoir. Le syndicat lui reproche d'agir unilatéralement.

Le Canadien National est un important transporteur de marchandises, qu'il évalue à 250 milliards de dollars dans le domaine des ressources naturelles, des produits manufacturés divers, des biens de consommation. Son réseau couvre le Canada et le centre des États-Unis.

L'entreprise dessert les villes et/ou les ports de Montréal, Toronto, Vancouver, Prince Rupert, Halifax, La Nouvelle-Orléans, Mobile en Alabama, Edmonton, Winnipeg, Calgary, Chicago, Memphis, Detroit, Duluth-Superior au Minnesota et au Wisconsin, de même que Jackson au Mississipi.




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