Transforce: Alain Bédard tient à Contrans

Richard Dufour

C'est un projet qui pourrait ne pas déboucher sur un rachat complet à court terme, mais l'offre de la montréalaise TransForce (T.TFI) pour Contrans continue de convertir des actionnaires du transporteur ontarien.

Le grand patron de TransForce, Alain Bédard, soutient que plus de 60% des porteurs des actions en circulation de Contrans ont maintenant accepté son offre, alors qu'il y a un mois, ce chiffre était de 50%.

Le seuil d'acceptation minimum à atteindre a été fixé à 66,6%. Une fois ce seuil atteint, TransForce pourrait prendre les mesures qui lui sont accessibles en vertu des lois pour acquérir toutes les autres actions en circulation.

«Si jamais on arrivait seulement à 61%, on se laisserait le droit de lever nos conditions et d'acheter les actions déposées», dit-il au cours d'une entrevue téléphonique accordée de l'Italie au dernier jour de quelques semaines de vacances là-bas.

Il n'est pas question pour lui de bonifier son offre ni d'y renoncer. «Ça fait plus de cinq ans que Contrans est à vendre. On est les seuls à avoir fait une offre. Notre prix est raisonnable et important.»

Des réticences

Mawer Investments, une firme de gestion de Calgary considérée comme un important actionnaire de longue date de Contrans, n'a toujours pas accepté l'offre et n'a pas encore décidé ce qu'elle fera.

«Nous avons toujours pensé que le prix offert est un peu faible», commente Jeff Mo, gestionnaire de portefeuille chez Mawer.

«Contrans a investi dans sa croissance. Les actifs ont augmenté à un rythme plus important que les revenus depuis trois ans. J'anticipe que les revenus augmenteront bientôt à un rythme plus grand que les actifs. L'offre de TransForce ne reflète pas bien cet aspect», dit-il.

Plus de deux mois après avoir annoncé une entente amicale pour acquérir Contrans, l'entreprise montréalaise TransForce n'a pas encore atteint le seuil d'acceptation minimum souhaité auprès des actionnaires du transporteur ontarien et n'a pas non plus encore reçu l'approbation du Bureau de la concurrence (bien que cette approbation soit considérée comme une formalité).

Contrans est le plus important projet d'acquisition de l'histoire de TransForce. Le prix total offert pour privatiser Contrans s'élève à près de 500 millions de dollars.

Acquisition stratégique

Avec TransForce et Mullen, Contrans est une des trois plus grosses entreprises de transport au pays. En acquérant Contrans, TransForce mettrait la main sur d'importantes activités de transport de lots complets (truckload) en Ontario, ce qui viendrait compléter les activités similaires de TransForce au Québec. C'est pourquoi TransForce tient à boucler cette transaction et vient de prolonger de nouveau son offre pour Contrans.

La première prolongation, annoncée le mois dernier, prenait fin hier. La nouvelle prolongation garde l'offre valable aux mêmes conditions jusqu'au 31 octobre. Cette date coïncidera avec la présentation des résultats du troisième trimestre de TransForce.

Un facteur que certains observateurs surveillent est le fait que les actionnaires inscrits aux registres de Contrans au 31 octobre pourraient toucher le prochain dividende trimestriel (habituellement versé par Contrans à la mi-novembre).

Rappelons par ailleurs qu'après une bataille de quelques mois l'an passé, TransForce avait finalement accepté de bonifier de 45% son offre initiale pour Vitran. L'entrée en scène d'un chevalier blanc (l'entreprise Manitoulin), avait forcé la main d'Alain Bédard.

TransForce offre 14,60$ par action de Contrans qui, combiné au dividende extraordinaire, équivaut à un prix de 15$ par action, soit une valeur globale de 495 millions.




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