Air Canada et WestJet: numéros 1 et 2 du retard à l'arrivée

WestJet et Air Canada ont attribué leurs piètres... (Photo Archives La Presse Canadienne)

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WestJet et Air Canada ont attribué leurs piètres résultats en matière de ponctualité au mauvais temps qui a sévi au début et à la fin de 2013 et touché notamment la plaque tournante qu'est l'aéroport Pearson de Toronto.

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Air Canada (T.AC.B) et WestJet (T.WJA) font piètre figure en matière de ponctualité. Parmi tous les grands transporteurs nord-américains, ce sont les deux sociétés canadiennes qui ont accumulé le plus de retards à l'arrivée en 2013.

Les grands transporteurs canadiens font piètre figure en Amérique du Nord lorsqu'il est question de ponctualité.

Selon un palmarès des 10 principales sociétés aériennes en Amérique du Nord établi par la firme américaine FlightStats, WestJet se classe bonne dernière avec un taux de ponctualité à l'arrivée de 73,90% pour 2013. Air Canada se retrouve tout juste devant, en neuvième position, avec un taux de ponctualité à l'arrivée de 74,42%.

Alaska Airlines a enregistré la meilleure performance avec un taux de ponctualité à l'arrivée de 87,07%.

Un vol est considéré comme ponctuel s'il a moins de 15 minutes de retard.

Air Canada et WestJet ont expliqué que la météo avait été particulièrement difficile au Canada au début et à la fin de 2013.

«En février 2013, notre plaque tournante de Toronto a été paralysée par une tempête de neige majeure dont l'effet a été exacerbé par la fermeture du centre de dégivrage», a rappelé la porte-parole d'Air Canada, Isabelle Arthur.

Toronto est également une plaque tournante importante pour WestJet.

«Tout problème qui se présente à un aéroport de cette importance aura des répercussions sur l'ensemble du réseau», a indiqué Robert Palmer, porte-parole de WestJet.

Le dernier trimestre a également été difficile, avec un hiver hâtif et particulièrement rude: du froid intense, de nombreuses tempêtes de neige, des tempêtes de pluie verglaçante et des vents forts.

Mme Arthur a fait remarquer que l'hiver frappait parfois toutes les plaques tournantes d'Air Canada en même temps. Les transporteurs américains, eux, peuvent amenuiser les effets des tempêtes grâce à la grandeur de leur réseau et la répartition géographique de leurs plaques tournantes.

«Il est important de noter que, hors de ces périodes, nous nous sommes classés en tête de la ponctualité parmi les transporteurs en Amérique du Nord», a affirmé Mme Arthur.

Bizarrement, la ponctualité au départ d'Air Canada n'est pas si mauvaise. Le transporteur canadien se retrouve au cinquième rang des transporteurs nord-américains à cet égard.

Solutions

Air Canada a fait valoir qu'il y avait eu de forts vents d'ouest pendant une bonne partie de 2013. Les avions partaient à l'heure, mais étaient retardés en vol en direction de Vancouver et des autres destinations de l'Ouest.

Air Canada et WestJet ont fait savoir qu'ils cherchaient à diminuer les retards de différentes façons.

«Je ne veux pas entrer dans les détails pour des raisons de concurrence, mais je peux vous dire que nous cherchons des façons de rendre l'embarquement plus rapide et plus efficace afin d'accroître la ponctualité au départ», a déclaré M. Palmer.

Mme Arthur a indiqué qu'une équipe interdisciplinaire avait cerné des problèmes qui nuisaient au rendement d'Air Canada. L'entreprise a déjà mis en place certaines initiatives, comme l'affectation d'un technicien d'entretien à chacun des premiers vols de la journée.

«Il s'agit d'une approche proactive qui remplace l'approche réactive pour les problèmes de dernière minute qui surviennent avant le départ», a déclaré Mme Arthur.

On a également supprimé le contrôle des cartes d'accès à bord des appareils à fuselage étroit, une simple initiative qui fait gagner de trois à huit minutes par vol.

Air Canada a également fait passer de 30 à 45 minutes l'heure limite d'enregistrement pour les vols intérieurs, une mesure qui a suscité le mécontentement de plusieurs passagers.

Mme Arthur a répliqué que ce changement avait déjà fortement contribué à l'amélioration de la ponctualité au départ.

«Nous comprenons très bien que de tels changements entraînent toujours une période d'adaptation, particulièrement dans certains aéroports où les voyageurs ont l'habitude d'arriver à la dernière minute», a-t-elle ajouté.

Gabor Lukacs, de l'organisation de protection des droits des passagers Air Passenger Rights, a déploré le fait que les transporteurs canadiens ne soient pas tenus de faire rapport sur la nature des délais, les bagages égarés, la survente de billets et les plaintes des passagers, comme le sont les transporteurs américains.

«Ce serait déjà un pas dans la bonne direction, a-t-il soutenu. Le véritable problème, c'est la pratique de certains transporteurs canadiens de toujours blâmer le mauvais temps ou d'autres raisons indépendantes de leur volonté, trompant ainsi les passagers au sujet de leurs droits.»

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LES RETARDS ET LA LOI

La Société québécoise d'information juridique (SOQUIJ) a fait un petit tour d'horizon sur la jurisprudence récente concernant les délais. Selon la Convention de Montréal, le transporteur est responsable du dommage résultant d'un retard dans le transport de passagers ou de bagages. Toutefois, il peut s'exonérer s'il prouve qu'il a pris toutes les mesures raisonnables pour éviter le dommage ou s'il lui était impossible de les prendre. Le Code civil du Québec stipule pour sa part que le transporteur est tenu de réparer le préjudice résultant du retard, à moins de force majeure. Toutefois, un bris mécanique ne peut être considéré comme un cas de force majeure parce que les transporteurs aériens ont l'obligation de maintenir leurs appareils en bon état.




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