Aéroplan veut contrer les cartes de crédit

Avec la nouvelle possibilité offerte par Aéroplan, pour... (Photo Ryan Remiorz, Archives La Presse Canadienne)

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Avec la nouvelle possibilité offerte par Aéroplan, pour un vol pour l'Europe qui coûte déjà 60 000 milles, il faudra généralement ajouter de 65 000 à 75 000 milles pour régler les taxes et les frais, pour un total de plus de 125 000 milles.

Photo Ryan Remiorz, Archives La Presse Canadienne

Sylvain Larocque
La Presse

En réservant un vol avec Aéroplan, il est maintenant possible d'utiliser des milles pour acquitter les taxes et les frais, qui peuvent atteindre des centaines de dollars. Bonne ou mauvaise affaire?

CHANGEMENT RÉCLAMÉ

C'est sans tambour ni trompette qu'Aéroplan a lancé cette nouvelle possibilité, le 28 mars. « Nos membres nous le demandaient depuis un certain temps, a indiqué Pierre-Jean Mayol, directeur des produits voyage d'Aéroplan, au cours d'un entretien téléphonique avec La Presse. On a pris ça à coeur et on a développé ce produit. » Le fondateur du site RewardsCanada.ca, Patrick Sojka, croit qu'Aéroplan ne pouvait que de s'aligner sur ce qu'offrent d'autres programmes de fidélisation. « Aéroplan devient plus flexible parce que la pression se fait de plus en plus forte de la part des programmes de récompenses des cartes de crédit », dit-il. Ceux-ci permettent depuis un bon moment le paiement des taxes et frais au moyen de points.

GROSSE SURPRISE

En réservant son premier vol avec des milles Aéroplan, on peut facilement sursauter en constatant l'ampleur des taxes et des frais, qui équivalent souvent au prix du billet lui-même. La surprise est de la même ampleur quand on découvre le nombre de milles requis pour couvrir les taxes et les frais. Par exemple, dans le cas d'un vol pour l'Europe, qui coûte déjà 60 000 milles, il faut généralement ajouter de 65 000 à 75 000 milles pour régler les taxes et les frais, pour un total de plus de 125 000 milles.

FAIBLE VALEUR

S'il faut autant de milles pour couvrir les taxes et les frais, c'est qu'Aéroplan n'accorde qu'une faible valeur à chaque mille utilisé à cette fin : 0,85 cent. C'est beaucoup moins que la valeur d'un mille utilisé pour la stricte portion du billet d'avion, qui varie généralement de 1,4 à 2,3 cents, en fonction de la date du voyage et de la destination. C'est aussi inférieur à la valeur attribuée par les programmes des cartes de crédit à un point utilisé pour régler les taxes et les frais, qui est généralement de 1 cent. « Est-ce qu'Aéroplan aurait pu offrir plus de valeur ? Bien sûr que oui », lance M. Sojka.

« Notre taux de change pourrait être amené à évoluer. La vraie question, c'est la valeur que nos membres attribuent à leurs milles. En outre, Aéroplan offre beaucoup plus d'options pour accumuler des milles que les autres programmes. » - Pierre-Jean Mayol, directeur des produits voyage d'Aéroplan

AVANTAGEUX ?

Il est toujours difficile de comparer les différents programmes de fidélisation. Aéroplan soutient que son offre était globalement plus avantageuse que celle des autres programmes avant la nouveauté du 28 mars, et qu'elle l'est toujours aujourd'hui. « Nous voulions simplement offrir une option additionnelle que nos membres n'avaient pas jusqu'à présent », affirme Pierre-Jean Mayol. Quoi qu'il en soit, Patrick Sojka note que le taux de remise global oscille généralement entre 1,5 et 2,3 % des achats lorsqu'on opte pour des vols en classe économique, et ce, tant pour Aéroplan que pour les programmes des cartes de crédit. Chez Aéroplan, le rendement peut toutefois bondir si on opte pour des vols en classe affaires ou pour des vols avec des compagnies aériennes comme United, Swiss ou Turkish, qui n'imposent pas de « supplément du transporteur ». Ces frais, qui atteignent souvent des centaines de dollars, ont remplacé les surcharges pour carburant dans la foulée de la chute des cours du pétrole.

POPULAIRE

Deux semaines après son introduction, la popularité de la nouvelle possibilité offerte aux membres d'Aéroplan « surpasse les attentes », assure M. Mayol, en refusant toutefois de donner des chiffres. M. Sojka n'est pas surpris. « Dans le monde des programmes de fidélisation, il y a des gens qui s'évertuent à tirer le maximum de valeur de leurs milles et de leurs points, souligne-t-il. Mais ils ne représentent qu'un petit pourcentage de la population. La majorité des Canadiens ne se soucient pas trop d'obtenir un demi-cent ou un cent et demi par mille pourvu qu'on les récompense pour leurs achats. Si vous avez assez de milles pour payer les taxes et les frais, ça vous laisse plus d'argent dans les poches à dépenser pendant votre voyage. »




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