Prêts hypothécaires: la Laurentienne veut doubler son portefeuille

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Réjean Robitaille s'est aussi montré optimiste à l'égard de la situation économique du Québec, où la majorité des prêts hypothécaires sont octroyés par le biais du secteur des services aux particuliers.

Photo Peter McCabe, archives La Presse canadienne

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Les inquiétudes de certains à l'égard de l'économie canadienne et de son marché immobilier ne freineront pas les ambitions de la Banque Laurentienne, qui veut doubler la taille de son portefeuille de prêts hypothécaires à l'extérieur du Québec d'ici cinq ans.

Si son président et chef de la direction, Réjean Robitaille, reconnaît que l'endettement des ménages est élevé au pays et comprend les préoccupations quant aux risques de surchauffe qui guettent certains marchés, il refuse de s'inquiéter outre mesure.

«C'est quelque chose de problématique (le niveau d'endettement), mais nous pensons que s'il y avait une correction, ça serait une correction ordonnée», a-t-il dit, mercredi, en marge de l'assemblée annuelle des actionnaires, à Montréal.

Par le biais de sa filiale B2B Banque, qui offre des services, produits et outils aux conseillers financiers indépendants ainsi qu'aux courtiers hypothécaires, la Banque Laurentienne (T.LB) souhaite porter son portefeuille hypothécaire dans le reste du pays à 8 milliards $.

Questionné par les journalistes, M. Robitaille a rappelé que l'institution n'avait pas de parts de marché «astronomiques» au Canada en ce qui a trait aux prêts hypothécaires, ce qui lui permettra de choisir ses occasions d'affaires.

«Nous avons lancé certains produits spécialisés (avec B2B Banque) pour les nouveaux arrivants qui ont de l'argent ou les travailleurs autonomes, a-t-il expliqué. Au moins 30% du 4 milliards $ d'augmentation pourrait venir (de là).»

M. Robitaille - qui prendra sa retraite le 1er novembre - a également souligné que près de 60% des prêts hypothécaires accordés par la Banque Laurentienne étaient assurés par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).

De plus, le patron de la banque montréalaise s'attend à ce que les taux d'intérêt demeurent bas. Il ne serait par ailleurs pas surpris voir la Banque du Canada abaisser de nouveau son taux directeur.

«Il faudrait se retrouver avec d'importantes hausses de taux, de trois à quatre pour cent, pour qu'il y a ait une problématique et nous n'entrevoyons pas cela dans un avenir rapproché, a dit M. Robitaille. Cela nous procure des façons pour manoeuvrer.»

M. Robitaille s'est par ailleurs montré optimiste à l'égard de la situation économique du Québec, où la majorité des prêts hypothécaires de l'institution sont octroyés par le biais de son secteur des services aux particuliers.

Selon lui, la baisse du prix du baril de pétrole et du dollar canadien devraient stimuler les exportations ainsi que la productivité.

«La situation du dollar canadien devrait être favorable pour les provinces centrales, mais plus pour le Québec, qui a une économie plus diversifiée, a-t-il analysé. Cela devrait permettre une accélération graduelle des exportations, quelque chose que l'on n'a pas encore vraiment vu.»

En s'adressant aux actionnaires, M. Robitaille, qui présidait sa dernière assemblée annuelle, s'est surtout réjoui de la performance de l'institution depuis son arrivée aux commandes, en 2006.

Dans son discours, il a souligné que les huit dernières années avaient été les «meilleures» en ce qui a trait à la croissance dans les 169 ans d'histoire de la Banque Laurentienne.

Sous la gouverne de M. Robillard, la taille de l'actif de la Banque Laurentienne a explosé de 111% entre 2006 et 2014 pour se chiffrer à 36,5 milliards $. Au cours de cette période, le bénéfice trimestriel a également connu une croissance de 86 pour cent, passant de 29 cents à 54 cents par action.

Le dirigeant de la Banque Laurentienne sera remplacé par François Desjardins, actuellement à la tête des services aux particuliers ainsi que sa filiale B2B Banque, qui n'était pas disponible pour des entrevues.

«(La transition) prend beaucoup de temps à faire, c'est un travail à temps plein», a dit M. Robitaille, lorsque questionné s'il avait des plans après son départ de la banque, où il a oeuvré pendant 27 ans.

S'il s'est montré satisfait de la culture qu'il a été en mesure d'implanter chez les employés de la Banque Laurentienne, M. Robitaille a confié qu'il aurait aimé accélérer davantage le virage technologique de l'institution.




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