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Grève-surprise à la SAQ à la grandeur du Québec

Un « grand rassemblement festif » était prévu à midi,... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Un « grand rassemblement festif » était prévu à midi, dimanche, au parc Lafontaine où les syndiqués comptent se faire entendre.

Photo Robert Skinner, La Presse

Les deux dernières journées de négociations ont convaincu les syndiqués la Société des alcools du Québec (SAQ) de devancer de 24 heures leur grève prévue pour demain, semant la surprise dans les quelque 400 succursales partout au Québec.

« À la table des négociations, on est entrés dans les questions monétaires et ça achoppe. L'employeur demeure ultra rigide. On a donc choisi de déclencher la grève dimanche parce qu'on veut démontrer quel est l'effet de ne pas avoir de congé la fin de semaine », soutient Katia Lelièvre, présidente du syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ (FEESP-CSN).

Selon Mme Lelièvre, la clientèle devrait être sensible à leur revendication phare qu'est la conciliation travail-famille. « On ne craint pas les clients. On les encourage à être solidaires », dit-elle.

Depuis 10 h 15 dimanche matin, des employés de magasin et des bureaux font du piquetage devant des succursales et distribuent des tracts à la population, dans différentes régions au Québec. À Montréal, les syndiqués ont choisi de se réunir à midi, dans trois parcs à travers la ville dont au parc Lafontaine pour « un grand rassemblement festif », où ils comptent se faire entendre. À partir de là, ils devraient se rendre devant quelques succursales.

Prudente, Mme Lelièvre n'alerte pas directement les chefs de partis qui sont présentement en élection. Elle réclame que la SAQ aille chercher un « véritable mandat » de négocier auprès du Conseil du trésor. « On n'a pas le droit de s'immiscer dans la campagne », laisse-t-elle tomber.

Cela n'a pas empêché le premier ministre et ses adversaires péquiste et caquiste de commenter brièvement la situation. De passage au Festival western de Saint-Tite, Philippe Couillard a appelé les syndiqués à négocier avec leur employeur. Quant à leur stratégie de moyens de pression, « je vais leur laisser à eux de la justifier », a-t-il affirmé. « L'important, c'est qu'il y ait une entente négociée. »

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a pour sa part appelé les deux partis au dialogue.«Il faut laisser la direction de la SAQ négocier avec les syndicats, comparer avec les comparables les salaires qui sont offerts à la SAQ. Donc c'est une négociation qui a lieu. Et les partis doivent faire preuve de bonne foi et être à la table de la négociation le plus d'heures possible par jour. »

De son côté, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, qui fait campagne à Québec, a dit espérer que « le conflit soit réglé le plus vite possible ». 

La convention collective de la SEMB est échue depuis le 31 mars 2017. Les négociations ont débuté en janvier 2017, au rythme de deux rencontres par semaines. Malgré cela, les négociations piétinent, selon la partie syndicale qui se dit prête à augmenter la cadence.

La SEMB estime que l'employeur n'apporte aucune solution quant à la précarité d'emploi et maintient ses exigences sur le plancher d'emplois.

La présidente du syndicat rappelle que les employés à temps partiel demandent d'obtenir une fin de semaine par mois de congé, et de connaître leur horaire de travail un peu plus tôt. Le syndicat souligne également que la SAQ fait face à un grand nombre de démissions depuis le début de l'année. Il demande de trouver des solutions concrètes.

Pour les 5500 syndiqués, il s'agit d'une troisième journée de grève. La grève se poursuivra lundi comme prévu. Le syndicat a entre les mains un mandat pour déclencher six jours de grève, au moment jugé opportun.

Au cours de l'automne, une assemblée des membres sera tenue. Katia Lelièvre espère pouvoir y présenter une entente de principe mais si nécessaire, elle n'écarte pas la possibilité de demander aux syndiqués d'élargir le mandat de grève.

Au moment de l'entretien téléphonique avec La Presse, Mme Lelièvre attendait les consignes de sa déléguée syndicale pour aller faire du piquetage à Terrebonne.

- En collaboration avec Hugo Pilon-Larose, Tommy Chouinard et Martin Croteau




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