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Les cotes d'écoute du CH en baisse de 13%

«Quand le club va se remettre à gagner,... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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«Quand le club va se remettre à gagner, je vais me poser davantage de questions si les cotes d'écoute ne remontent pas», affirme Gerry Frappier, président, télévision francophone et RDS chez Bell Média.

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La difficile saison du Canadien de Montréal a un impact sur ses cotes d'écoute à la télé : à RDS et à TVA Sports, elles sont en baisse de 13 % par rapport à la saison dernière. Dans la tranche d'âge des 25-54 ans, celle vendue aux annonceurs, la baisse est encore plus marquée : - 23 %, ce qui fait en sorte que RDS et TVA Sports doivent dédommager leurs annonceurs. Portrait d'une saison de hockey difficile sur la glace comme au petit écran.

592 000

Cote d'écoute moyenne des matchs du Canadien de Montréal à RDS et TVA Sports durant la première moitié de la saison 2017-2018 (41 premiers matchs), selon les chiffres fournis par l'agence de publicité Cossette Média. Il s'agit d'une baisse de 13 % par rapport à la moyenne de la saison dernière (2016-2017).

« Je ne suis pas du tout surpris par l'ampleur de la baisse. Je crois sincèrement qu'il y a un petit facteur "écoeurantite" plus aiguë à cause du contexte sportif montréalais : l'Impact et les Alouettes n'ont pas connu une bonne saison, il n'y a pas eu de grand événement sportif à succès à Montréal depuis un certain temps, les gens sont déçus de la fin de saison du Canadien l'an dernier et cette déception a été transportée en début de saison. [...] Quand le club va se remettre à gagner, je vais me poser davantage de questions [qu'actuellement] si les cotes d'écoute ne remontent pas. Les annonceurs reconnaissent que [le hockey du CH] est un endroit prisé pour le placement publicitaire. »  - Gerry Frappier, président, télévision francophone et RDS chez Bell Média

« Cette baisse importante est une combinaison des résultats de l'équipe et de la baisse générale de l'écoute télé. Les réseaux perdent de l'argent parce qu'ils doivent compenser les annonceurs, et c'est de l'inventaire qu'ils ne peuvent pas vendre ailleurs. Ça reste de bonnes cotes d'écoute, mais les réseaux ont payé très cher pour les droits. »  - Francine Marcotte, vice-présidente et directrice de l'agence publicitaire Cossette Média

PIRE QUE LA DERNIÈRE SAISON DE PIERRE GAUTHIER

En termes de cotes d'écoute, il s'agit de loin de la pire saison de l'ère Marc Bergevin, directeur général du CH depuis 2012-2013. La moyenne de 592 000 téléspectateurs cette saison est même plus basse que la dernière année du règne de Pierre Gauthier en 2011-2012 (616 000 téléspectateurs).

- 23 % DEPUIS LE LOCK-OUT

Les cotes d'écoute du CH ont diminué de 23 % depuis la saison écourtée par le lock-out en 2012-2013. L'équipe avait alors terminé au deuxième rang de son association et attiré en moyenne 771 000 téléspectateurs à RDS.

60 MILLIONS

RDS paie environ 60 millions par an pour diffuser une soixantaine de matchs du Canadien. TVA Sports paie environ 60 millions par an à la LNH pour diffuser une vingtaine de matchs du calendrier du Canadien et les matchs des autres équipes de la LNH, incluant toutes les séries éliminatoires. Ces contrats sont valides jusqu'à la fin de la saison 2025-2026.

- 23 % CHEZ LES TÉLÉSPECTATEURS CIBLES

RDS et TVA Sports vendent leurs publicités durant les matchs du CH en se basant sur leurs auditoires entre 25 et 54 ans, la tranche d'âge la plus intéressante pour les annonceurs. L'an dernier, une moyenne d'environ 250 000 d'entre eux regardaient les matchs du calendrier, contre seulement 194 000 d'entre eux cette saison. Il s'agit d'une diminution de 23 %.

- 34 % PAR RAPPORT AUX PRÉVISIONS

En vendant leurs publicités, RDS et TVA Sports avaient évalué pouvoir livrer une moyenne respective de 295 000 téléspectateurs et 275 000 téléspectateurs chez les 25-54 ans. En pratique, ils ont plutôt livré un auditoire 25-54 ans bien moindre : - 34 % pour RDS, - 35 % pour TVA Sports. Les deux réseaux doivent donc dédommager les annonceurs en offrant gratuitement de la publicité dans d'autres émissions pour combler l'écart d'auditoire vendu. Au cours des cinq saisons précédentes, cet écart à combler a varié entre 9 % et 18 %. Il faut généralement combler tout écart supérieur à 10 %.

DES REVENUS D'ABONNEMENT CRUCIAUX

Soit, les revenus de publicité seront moins importants pour les réseaux à cause des contre-performances du CH. Mais le plus important reste les revenus tirés des abonnés par le truchement des redevances des distributeurs télé. Pour RDS, les revenus d'abonnement (125 millions en 2016) représentaient 71 % des revenus totaux en 2016. « La partie la plus inquiétante, c'est que le contenu sportif en direct est supposé protéger l'écosystème et l'abonnement, dit Gerry Frappier, président de RDS. Quand l'abonnement global est en baisse [à cause de facteurs généraux extérieurs au CH], c'est plus inquiétant. » TVA Sports n'a pas répondu aux questions de La Presse. Le Canadien de Montréal n'a pas fait de commentaires.

STABLE À LA RADIO

Le portrait est tout autre à la radio : les auditoires des matchs du CH au 98,5 FM ont augmenté de 3 % pour le premier quart de la saison 2017-2018, passant d'une moyenne de 32 300 auditeurs la saison dernière à 33 200 auditeurs en début de saison (les 21 premiers matchs jusqu'au 26 novembre 2017).

EN HAUSSE AU CANADA ANGLAIS

Au Canada anglais, les auditoires sont globalement en hausse le samedi soir à Hockey Night in Canada : + 8 % pour le premier match à CBC, - 9 % pour le deuxième match à CBC, + 39 % pour le premier match à Sportsnet.

- 9,7 % POUR LA NFL

Le CH n'est pas la seule propriété sportive à voir ses auditoires diminuer : la NFL a vu une baisse de 9,7 % cette saison sur ESPN, aux États-Unis.




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