Pas de baisse d'impôt à l'horizon

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Nicolas Marceau a présenté son budget à des membres de la communauté québécoise des affaires au cours d'une allocution à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, jeudi.

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André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Le ministre des Finances et de l'Économie, Nicolas Marceau, s'est bien gardé hier de promettre une baisse des impôts, une fois l'équilibre budgétaire atteint.

Prononçant un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le ministre a été invité par son président, Michel Leblanc, à considérer la réduction du fardeau fiscal des contribuables, notamment celui des PME et celui des particuliers à hauts revenus, des gens très mobiles.

M. Marceau a évité le sujet dans son allocution. En point de presse en marge de l'événement, il ne paraissait guère pressé de donner suite à la suggestion.

«On a des défis considérables avec le vieillissement de la population qui va exercer des pressions fortes sur nos finances publiques, a répondu le ministre à une question sur le sujet. Moi, je vais m'assurer que tout est bien en équilibre, de façon stable, avant de penser à autre chose.»

Un silence qui a déçu Michel Leblanc. «Le ministre n'a pas repris la suggestion qu'on lui fait de commencer à parler de baisses d'impôts», a-t-il déploré.

Selon cet économiste de formation, les impôts sont trop élevés au Québec. «Oui au rétablissement de l'équilibre budgétaire, mais il faut qu'on commence à parler de baisses éventuelles des impôts, a-t-il insisté. S'il doit y avoir une campagne électorale, ce serait bien d'entendre les partis se prononcer sur l'opportunité de baisser les impôts au Québec.»

Pour pallier l'absence de marge de manoeuvre financière à Québec, M. Leblanc a reconnu qu'il faudrait sans doute revoir à la baisse le panier de services de l'État ou encore adopter des stratégies qui créeront de la croissance économique.

«Une croissance économique veut dire de la croissance de revenus à taux d'impôt égal, donc on peut se dégager des marges pour baisser les impôts, a-t-il expliqué. C'est clair que s'il n'y a pas d'engagement à baisser les impôts, on n'y arrivera jamais. Les Québécois, et a fortiori les Montréalais, sont parmi les citoyens les plus imposés en Amérique du Nord.»

Le métro avant le SLR

Par ailleurs, la Chambre de commerce a une préférence pour le prolongement de la ligne bleue du métro avant le système léger sur rail (SLR) sur le pont Champlain.

Hier, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a répété que le gouvernement provincial demande 1 milliard à Ottawa pour l'implantation d'un système léger sur rail sur le nouveau pont Champlain. L'argent viendrait de l'enveloppe du volet «au mérite» du Fonds Chantiers Canada. Le coût estimé du SLR se situe entre 1,4 et 2 milliards.

«L'ensemble des acteurs de la région métropolitaine veut avoir un système léger sur rail, c'est ce qu'il y a de plus efficace», a dit le ministre en point de presse.

Ce n'est pourtant pas le premier choix des gens d'affaires, selon Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce. «Du point de vue de la communauté d'affaires, on doit avoir le maximum de déplacements par dollar investi. Dans ce contexte, les concentrations d'investissement devraient être sur l'île de Montréal avec quelques liens additionnels vers la banlieue», a-t-il expliqué aux journalistes. Comme dossiers prioritaires, M. Leblanc parle du prolongement de la ligne bleue du métro et de l'aménagement de la voie réservée pour autobus sur le boulevard Pie-IX.

Toronto a obtenu 600 millions du fédéral pour prolonger son métro. À Québec, c'est le SLR qui a la cote.

«Beaucoup de gens dans la communauté d'affaires se demandent si le SLR est le bon moyen, a fait remarquer M. Leblanc. Beaucoup de gens disent qu'on devrait regarder le modèle des autobus avec des voies réservées en sites propres, lequel permettrait d'avoir plus de flexibilité. C'est un débat qui pourrait avoir lieu.»




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