BIXI au bord de la faillite

BIXI se place sous la protection de la Loi sur la faillite. Incapable de... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

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BIXI se place sous la protection de la Loi sur la faillite. Incapable de rembourser ses dettes, évaluées à près de 50 millions, de vendre ses activités internationales ou d'obtenir de l'aide de Québec, la Société de vélo en libre-service, gestionnaire du BIXI, a posé ce midi ce geste à la demande de la Ville de Montréal. Celle-ci, qui est le principal créancier avec un prêt de 31,6 millions octroyé en 2011, s'assure ainsi d'être remboursée en priorité.

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«Nous avons choisi d'agir plutôt que d'attendre, a expliqué en point de presse le maire Denis Coderre. Nous avons le devoir de veiller aux intérêts des Montréalais. Ça commence à faire beaucoup d'argent que Montréal investit là-dedans. S'il y a une chance de sauver BIXI, c'est par l'entremise de la Loi sur la faillite.»

Il a assuré que cette décision permettrait d'honorer les engagements de BIXI auprès de ses abonnées montréalais pour la prochaine saison. Pour les années suivantes, il a été plus vague, réitérant toutefois son appui à cette «bonne idée qui a fait des petits partout en Amérique».

Se refusant à blâmer les gestionnaires de BIXI ou les administrations précédentes, il a toutefois estimé que Montréal avait «déjà fait sa large part». «On a embarqué dans des activités commerciales où on n'aurait pas dû embarquer. Ce n'est pas le rôle de la Ville de remplacer l'entreprise privée.»

On sait depuis septembre dernier, comme l'a révélé une lettre du vérificateur général, que SVLS a un grave problème de liquidités. Deux de ses principaux clients, les opérateurs pour les villes de New York et Chicago, retiennent des sommes totalisant 5,6 millions, en raison des retards dans le développement du logiciel de gestion. L'opérateur new-yorkais, Alta Bicycle Share, réclame par ailleurs 11 millions en dédommagement.

Le PDG de SVLS, Michel Philibert, a reconnu en point de presse que ces problèmes sont au coeur des difficultés financières de l'entreprise. «Les problèmes de SVLS viennent de la solution technologique, de retards de développements.»

Deux acheteurs abandonnent

L'automne dernier, Québec avait promis d'aider SVLS en débloquant un montant d'environ cinq millions. On a appris lundi matin que le ministère des Finances et de l'Économie avait finalement refusé la demande.

De plus, les tentatives pour trouver un acheteur aux activités internationales du BIXI, qui a livré 37 000 vélos dans 15 villes depuis 2010, ont échoué à deux reprises. En juin 2013, plus de deux ans après que la Ville ait officiellement demandé à SVLS de se départir de ses actifs internationaux, l'acheteur qui avait offert le meilleur prix d'était désisté. Le dernier échec date de quelques jours, alors qu'un deuxième acheteur s'est désisté après une vérification des livres comptables.

En 2011, la Ville de Montréal a accordé un prêt de 37 millions et une garantie de prêt pour 11 millions. SVLS en doit encore 31,6 millions et a utilisé 6,4 millions de cette garantie, pour une dette totale de 37 millions. L'organisme à but non lucratif doit en outre neuf millions à ses fournisseurs. Ses actifs sont évalués à 11 millions.

Six mois pour se relever

La semaine dernière, la Ville de Montréal a envoyé un avis à SVLS demandant le remboursement de son prêt, un geste qui, techniquement, forçait l'organisme à se placer sous la protection de la Loi sur la faillite. Il dispose maintenant de six mois pour faire une proposition de restructuration permettant de rembourser ses dettes. La Ville peut en tout temps «réaliser ses garanties et maximiser le remboursement», explique-t-on dans une chronologie remise aux journalistes.

Le chef de l'opposition, Richard Bergeron, a appuyé sans équivoque la décision du maire Coderre. Il estime qu'elle marque la fin de la «fiction de la gestion de BIXI comme une entreprise privée», et souhaite qu'il soit dorénavant considéré comme un service public.

«Nous verrons enfin quels seront les coûts de BIXI. Je veux rassurer les Montréalais: il n'y a aucune raison pour laquelle BIXI ne sera pas dans les rues en 2015 ou 2016, mais comme un service public, comme ç'aurait dû être depuis le début.»

SVLS devrait être en mesure d'assurer les opérations en 2014 à Montréal, Toronto et Ottawa-Gatineau. Dans les autres villes, son rôle a essentiellement consisté à vendre son système - vélos, stations et logiciels - à des opérateurs locaux qui ont participé à des appels d'offres. Lancé en 2009, le BIXI n'a jamais réussi à atteindre la rentabilité, même si le nombre d'abonnés a été de 41 000 en 2013. Pour 2014, on s'attend à un déficit d'environ 1,5 million.




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