Changement de structure de La Presse: le PQ veut entendre André Desmarais

André Desmarais a annoncé la semaine dernière que Power... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse)

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André Desmarais a annoncé la semaine dernière que Power Corporation allait se départir de La Presse, qui passera sous le contrôle d'une fiducie d'utilité sociale.

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(Québec) Le Parti québécois (PQ) veut entendre une kyrielle d'intervenants en commission parlementaire avant de statuer sur un projet de loi qui permettrait à La Presse de passer aux mains d'un organisme à but non lucratif (OBNL). Il souhaite notamment entendre le président et co-chef de la direction de Power Corporation, André Desmarais.

Le chef péquiste Jean-François Lisée a maintenu mardi ses réserves par rapport au changement de statut de La Presse. Il a rappelé que le président du conseil d'administration de l'OBNL serait nommé conjointement par La Presse et par Power Corporation. Cela lui fait craindre que le conglomérat garde le contrôle du quotidien.

« Il faut qu'ils fassent la démonstration qu'ils coupent le cordon, a résumé M. Lisée. Ça, on attend ça. Pour l'instant, cette démonstration n'est pas faite. C'est notre principale préoccupation. »

Le parti souhaite que M. Desmarais comparaisse en commission parlementaire pour expliquer les raisons qui ont mené Power Corporation à se départir du quotidien.

« Il m'apparaît important que la famille Desmarais, qui joue un rôle important dans La Presse comme propriétaire depuis 50 ans, puisse venir s'exprimer devant les parlementaires. » - Pascal Bérubé, leader parlementaire du PQ

Il souhaite aussi entendre les syndicats qui représentent les employés de La Presse, des experts et différents acteurs de l'industrie des médias, par exemple Québecor et Le Devoir.

Trois syndicats de La Presse ont pressé la semaine dernière les parlementaires d'adopter un projet de loi au plus vite. Ils ont prévenu que toute tentative de bloquer ou de retarder une loi pour permettre la transaction constituerait une entrave à l'indépendance des médias.

M. Bérubé a rétorqué mardi que les élus avaient le pouvoir d'approuver la vente de La Presse, en vertu d'une loi datant de 1967.

« Il n'y aura pas obstruction. Mais ceci étant dit, La Presse est régie par une loi de l'Assemblée nationale. Elle ne peut pas se substituer à cet exercice de questionnement des parlementaires. » - Pascal Bérubé, leader parlementaire du PQ

Martine Ouellet, qui est à la fois chef du Bloc québécois et députée indépendante à l'Assemblée nationale, a elle aussi exprimé des réticences par rapport à la transaction. Elle déplore le « manque de transparence » de la direction du quotidien, qui n'a fourni aucun détail quant aux finances de l'entreprise.

« J'ai une grande préoccupation de maintenir les emplois, a résumé Mme Ouellet mardi. Mais la proposition, telle qu'elle nous est présentée avec très peu d'information, ne nous donne aucune garantie pour les emplois. Si La Presse était déficitaire comme entreprise de Power Corporation, je ne vois pas pourquoi tout d'un coup elle deviendrait rentable en devenant un OBNL [NDLR: La Presse deviendrait en fait la propriété d'un OBNL]. »

À L'AUTOMNE ?

Le leader parlementaire du gouvernement Couillard, Jean-Marc Fournier, a invité les partis de l'opposition et les députés indépendants à légiférer rapidement pour permettre la cession de La Presse. Sans leur aval, la transaction pourrait être reportée de plusieurs mois, a-t-il indiqué mardi.

« S'il n'y a pas de consentement de la part des oppositions, ou d'un indépendant, il y a aussi cette possibilité, ce sera une loi à l'automne », a-t-il indiqué.

M. Fournier a dit s'attendre à ce que la Coalition avenir Québec l'informe de sa position sur le changement de statut de La Presse aujourd'hui.

En fin de journée, mardi, un quatrième syndicat de La Presse, cette fois affilié à la FTQ, a demandé la collaboration des partis politiques pour qu'ils légifèrent « avec diligence » pour permettre le changement de statut de La Presse.

Le Syndicat des employés professionnels et de bureau, qui représente 120 employés du quotidien, a indiqué que le nouveau modèle d'affaires est « une réelle opportunité d'assurer la pérennité de La Presse ». Il pose cependant des conditions à son appui : que la convention collective en vigueur jusqu'à 2020 soit respectée, que le régime de retraite soit maintenu et que des représentants syndicaux puissent siéger sur le conseil d'administration du futur OBNL.

« Le respect de ces trois conditions contribuera à la pérennité de ce fleuron québécois et permettra à cette audacieuse transformation d'être couronnée de succès, a indiqué par communiqué le président de la FTQ, Daniel Boyer. Il n'y a aucun doute que le respect de ces engagements de la part de l'employeur entraînera une forte adhésion de la part de ses employées et employés. »

PROJET DE LOI PUBLIC

La direction de La Presse a annoncé la semaine dernière que Power Corporation allait se départir du quotidien, qui passera sous le contrôle d'une fiducie d'utilité sociale.

Ce changement de propriété nécessite l'abrogation d'une loi privée de 1967, par laquelle l'Assemblée nationale se donnait le droit d'intervenir dans le choix d'un futur propriétaire.

Or, le changement de statut du quotidien a été annoncé à quelques semaines de la fin de la session parlementaire, trop tard pour qu'un projet de loi privé puisse modifier la loi de 1967. Le gouvernement Couillard a donc accepté de présenter un projet de loi public, à condition que La Presse convainque l'ensemble des parlementaires d'appuyer son changement de statut.

La direction du quotidien a depuis tenu une série de rencontres avec les représentants du gouvernement, de l'opposition ainsi qu'avec des députés indépendants.




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