Chine: la croissance devrait encore ralentir

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Ces mesures doivent permettre de stimuler l'activité économique chinoise.

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Fran WANG
Agence France-Presse
Pékin

La croissance chinoise devrait avoir à nouveau ralenti au premier trimestre, anticipent les analystes interrogés par l'AFP, tout en notant une récente embellie des indicateurs, possible signe d'une stabilisation de la deuxième économie mondiale après des efforts de relance accrus des autorités.

D'après la prévision médiane d'un panel de 19 analystes, la Chine aurait vu la croissance de son Produit intérieur brut (PIB) ralentir à 6,7% sur les trois premiers mois de 2016, après une progression de 6,8% au trimestre précédent.

Le chiffre gouvernemental, dont la fiabilité est souvent contestée, sera publié vendredi.

La croissance du géant asiatique était tombée en 2015 à 6,9%, au plus bas depuis un quart de siècle. Prudent, Pékin s'est fixé pour cette année un objectif de croissance compris «entre 6,5% et 7%».

Le panel sondé par l'AFP, lui, table sur une performance annuelle de 6,6%.

La Chine «a souffert de pressions baissières continues dans l'industrie et la construction», piliers traditionnels de son économie, commente Brian Jackson, du cabinet IHS Global Insight.

Par ailleurs, «la Chine était portée l'an dernier (au premier semestre) par un essor massif du secteur financier», avec une envolée fiévreuse des Bourses locales, rappelle-t-il à l'AFP. Or, les marchés boursiers se sont effondrés l'été dernier, plombant dans leur sillage le secteur financier, ce qui «rend très défavorable la base de comparaison».

Rebond de l'activité

La Chine vise un rééquilibrage de son modèle économique vers le marché, la consommation intérieure, et les services -- qui représentent désormais plus de la moitié de son PIB.

Mais la transition s'avère «difficile et chaotique», a remarqué mardi le Fonds monétaire international (FMI). Pour autant, le FMI a néanmoins relevé sa prévision de croissance chinoise pour 2016 (à 6,5%), saluant les mesures de relance adoptées par Pékin.

De fait, après des salves d'assouplissements monétaires et de larges rabais fiscaux, le régime communiste a encore musclé ses efforts pour soutenir l'activité.

Après avoir sabré ses taux d'intérêt à six reprises depuis 2014, la banque centrale (PBOC) a de nouveau abaissé en mars le ratio de réserves obligatoires imposé aux banques, afin de les encourager à prêter davantage.

Début février, la PBOC a par ailleurs réduit l'apport nécessaire pour obtenir un prêt immobilier dans certaines villes, dans l'idée de conforter la reprise du marché immobilier -- crucial pour l'économie chinoise -- et de dégonfler l'offre surabondante de logements invendus.

Suite à une longue glaciation, les ventes immobilières se reprennent: en mars, les prix des logements neufs dans 100 grandes villes se sont renchéris de 7,41% sur un an, marquant une nette accélération, selon le cabinet China Index Academy.

Autre signe d'embellie: l'activité manufacturière en Chine a rebondi de façon inattendue en mars, pour la première fois en neuf mois, alors qu'elle se contractait violemment depuis mi-2015.

De même, les exportations chinoises se sont envolées de 11,5% sur un an en mars, après huit mois de plongeons consécutifs, le récent sursaut de l'activité ayant dopé la demande.

Reste à voir si les chiffres pour mars de la production industrielle et des ventes de détail, également dévoilés vendredi, confirmeront la tendance.

Risques persistants

Pour Wendy Chen, économiste de la banque Nomura, ces signes de «stabilisation» font «suite à des assouplissements de la politique budgétaire chinoise plus généreux que ce que l'on attendait», confie-t-elle à l'AFP.

Les mesures des derniers mois «montrent au moins la détermination des dirigeants chinois à recourir à tous les outils nécessaires pour éviter un ralentissement brutal et garantir une croissance annuelle de plus de 6,5%», abonde Wang Tao, analyste d'UBS.

Or les menaces subsistent et pourraient empêcher un éclaircissement durable de la conjoncture: le secteur industriel reste plombé par de massives surcapacités de production et un endettement colossal; la montée des créances douteuses fragilise le secteur financier, au point d'alarmer les agences de notation.

Le gouvernement a déjà annoncé la disparition de 1,8 million d'emplois dans la sidérurgie et le secteur du charbon, ce qui pourrait alimenter des troubles sociaux et rogner la confiance.

La politique interventionniste de Pékin, faute de réformes structurelles ambitieuses, pourrait atteindre ses limites, jugent certains analystes.

«Les facteurs pénalisant l'économie chinoise n'ont pas été éliminés. Si les mesures gouvernementales de soutien disparaissaient tout à coup, l'économie n'irait pas bien du tout», avertit Lu Zhengwei, de l'établissement chinois Industrial Bank.




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