La BCE profondément divisée sur la politique monétaire

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Certains membres de la BCE, minoritaires, «ont exprimé leur préférence» pour une baisse plus marquée de ce taux, à 0,4%, ainsi que «la possibilité de relever le volume mensuel des achats de dette» ou d'étendre de plus de six mois la durée du programme, montre le compte-rendu, sans donner d'autres détails.

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Agence France-Presse
FRANCFORT

Le conseil des gouverneurs de la BCE est tiraillé entre certains qui souhaitent une action plus musclée et d'autres partisans du statu quo, révèle jeudi le compte-rendu de la réunion de décembre, qui préfigure de rudes discussions ces prochains mois.

Lors de la réunion des 2 et 3 décembre, certains membres ont plaidé pour une action plus vigoureuse que celle finalement retenue, montre ce document. La BCE a commencé l'an dernier à publier après coup ces protocoles, mais sous forme anonymisée.

À l'issue de la réunion de décembre, la banque centrale a annoncé le prolongement de de six mois - jusque mars 2017 - de son vaste programme de rachat de dettes lancé début 2015, le «QE», et l'abaissement de son taux de dépôt au jour le jour, de -0,2% à -0,3%, pour inciter les banques à prêter d'avantage au secteur privé.

Certains membres, minoritaires, «ont exprimé leur préférence» pour une baisse plus marquée de ce taux, à 0,4%, ainsi que «la possibilité de relever le volume mensuel des achats de dette» ou d'étendre de plus de six mois la durée du programme, montre le compte-rendu, sans donner d'autres détails.

À l'inverse, quelques autres membres «n'ont pas vu suffisamment d'arguments soutenant un recalibrage de la politique monétaire», estimant notamment que les risques pesant sur la zone euro n'avaient pas augmenté outre mesure et que les mesures déjà adoptées n'avaient pas encore eu le temps de produire tous leurs effets.

Dans sa grande majorité, les membres du conseil des gouverneurs de la BCE, composé des 19 gouverneurs des banques centrales nationales de la zone euro et des six membres du directoire de l'institution, ont jugé qu'une nouvelle intervention «était requise» pour ramener la hausse des prix vers sa cible, à savoir «un peu moins de 2%».

Par ailleurs, toute inaction de la part de l'institution monétaire aurait entraîné «le risque de décevoir les marchés», acteurs clés dans la stratégie de la BCE qui déverse des montagnes d'argent dans le circuit financier pour dynamiser l'économie. Depuis mars 2015, elle rachète pour 60 milliards d'euros de titres de dette - publique et privée - tous les mois.

Ces divisions au sein du conseil préfigurent de rudes discussions ces prochains mois, alors que l'inflation peine toujours à repartir au sein du bloc monétaire. En décembre, les prix ont stagné, décevant les analystes qui tablaient sur une légère accélération et mettant un peu plus la pression sur la BCE pour qu'elle fasse un nouveau geste de relance.

La prochaine réunion de politique monétaire est prévue la semaine prochaine, le 21 janvier.




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