Le Brésil s'enfonce dans la récession

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«L'économie du Brésil se trouve en Unité de soins intensifs et continuera à se porter mal au cours des prochains trimestres. Elle n'est pas encore au fond du puits, mais va empirer au moins jusqu'à la moitié de l'année prochaine», a déclaré à l'AFP André Perfeito, économiste chef de Gradual Investimentos à Sao Paulo.

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Laura BONILLA CAL
Agence France-Presse
RIO DE JANEIRO

L'économie du Brésil, la 7e du monde, a plongé un peu plus dans la récession au troisième trimestre, avec un recul du PIB de 1,7% par rapport au précédent, s'acheminant vers une année 2016 qui s'annonce encore difficile.

Ces chiffres officiels publiés mardi sont pires que ce que prévoyait le marché: les experts consultés par le quotidien économique Valor tablaient sur une contraction de 1,3%.

«L'économie du Brésil se trouve en Unité de soins intensifs et continuera à se porter mal au cours des prochains trimestres. Elle n'est pas encore au fond du puits, mais va empirer au moins jusqu'à la moitié de l'année prochaine», a déclaré à l'AFP André Perfeito, économiste chef de Gradual Investimentos à Sao Paulo.

Entrée en récession au deuxième trimestre, la principale économie d'Amérique latine va de mal en pis: de janvier à septembre, le PIB a reculé de 3,2% par rapport à la même période de 2014, plus forte chute en 19 ans.

Au premier trimestre, il avait baissé de 0,8%, puis de 2,1% au deuxième, selon les derniers chiffres révisés mardi par l'Institut brésilien de géographie et statistiques (IBGE, public).

De juillet à septembre, l'économie du géant latino-américain a reculé de 4,5% par rapport au 3e trimestre 2014, également la plus forte chute depuis 1996 et les premières mesures d'évolution du PIB, souligne l'IBGE.

Le marché mise sur un recul du PIB de 3,19% cette année et de 2,04% en 2016. Si ces deux années de récession se confirment, ce sera la première fois que cela arrive en 85 ans, depuis les années 1930-31.

«Ce qui m'inquiète le plus, c'est la chute de l'investissement», a souligné l'économiste.

Le Brésil est confronté à une baisse significative de la consommation, une dégradation accélérée des comptes publics, tandis que l'inflation continue de progresser (à près de 10%), dopée par la dépréciation du réal face au dollar, et que le chômage augmente rapidement, sur fond de crise politique et d'impopularité record du gouvernement de Dilma Rousseff.

«Agonie prolongée»

L'opposition demande l'ouverture d'une procédure de destitution contre Mme Rousseff et le Parlement tarde à approuver un plan d'austérité budgétaire.

À cela s'ajoute le vaste scandale de corruption découvert en septembre 2014 au sein du géant pétrolier Petrobras qui frappe l'économie de plein fouet.

Il a conduit en prison des présidents des principales entreprises de construction civile du pays, des banquiers et des figures de proue du Parti des travailleurs (PT-gauche) au pouvoir depuis 12 ans.

En pleine tourmente politique et économique, le Brésil a été relégué en octobre à la catégorie «spéculative» par l'agence de notation Standard & Poor's et les agences Moody's et Fitch ont abaissé dans la foulée la note de sa dette souveraine au dernier degré de leurs catégories d'investissement.

«L'ajustement budgétaire tarde à se concrétiser et cela crée une agonie prolongée» en raison des manoeuvres du président de la Chambre des députés, Eduardo Cunha, ennemi numéro un de Mme Rousseff, selon André Perfeito.

Le gouvernement de Mme Rousseff a besoin que le Parlement approuve son objectif budgétaire pour 2015, déjà revu plusieurs fois à la baisse plusieurs fois jusqu'à prévoir un déficit.

Pour 2016, il table néanmoins sur un excédent primaire (hors paiement des intérêts de la dette) de 0,7%.

«Avoir un excédent minimum l'année prochaine est essentiel, sinon nous deviendrons comme la Grèce, un pays avec des problèmes structurels, qui n'épargne rien pour payer sa dette», a prévenu le ministre de l'Économie, Joaquim Levy, dans un entretien au journal O Globo lundi.

«Dans cette conjoncture, personne n'investirait dans le pays», a-t-il poursuivi, en assurant toutefois «qu'il est évident que le Brésil, avec ses 200 millions d'habitants et toutes ses richesses, n'est pas la Grèce des dernières années».




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