La Grèce pressée de toutes parts de présenter son programme

Ce n'est que lorsqu'Athènes aura présenté ces mesures... (PHOTO LOUISA GOULIAMAKI, AFP)

Agrandir

Ce n'est que lorsqu'Athènes aura présenté ces mesures qu'elle pourra bénéficier de la dernière tranche d'aide prévue de son programme de soutien, s'élevant à 7,2 milliards de dollars. Cet argent lui est vital pour faire face à ses obligations de paiement sur sa dette.

PHOTO LOUISA GOULIAMAKI, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Aurélia END
Agence France-Presse
WASHINGTON

La Grèce se retrouvait pressée de toutes parts samedi de présenter son programme de mesures budgétaires qui lui permettront de continuer à recevoir l'aide internationale dont elle a besoin pour ne pas faire défaut sur sa dette.

La solution à la crise actuelle «est dans les mains du gouvernement grec», a assuré Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE) à Washington lors des assemblées semi-annuelles du FMI et de la Banque mondiale.

Mais «il faut beaucoup plus de travail et c'est urgent», a-t-il lancé, alors que l'impatience se manifestait aussi chez plusieurs grands argentiers, mêmes non-européens.

«Il n'y a pas de temps à perdre» et «il faut redoubler d'efforts», a averti le secrétaire au Trésor américain Jacob Lew lors de ces mêmes assemblées. «La validité du programme [de réformes] doit être claire», a-t-il ajouté avant d'avertir: «L'Europe n'a pas besoin d'une nouvelle crise».

Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, présent à Washington pour ces assemblées, s'est borné à répéter en public les thèmes du gouvernement de gauche radicale Syriza, arrivé au pouvoir en janvier et qui est revenu sur les engagements du programme précédent qui visait à remettre la Grèce sur les rails de l'orthodoxie budgétaire souhaitée par ses partenaires.

Mais Mario Draghi a demandé samedi des réformes «chiffrées», et a exigé que le gouvernement grec soit attentif à «l'impact budgétaire» de ses propositions.

Ce n'est que lorsqu'Athènes aura présenté ces mesures qu'elle pourra bénéficier de la dernière tranche d'aide prévue de son programme de soutien, s'élevant à 7,2 milliards de dollars. Cet argent lui est vital pour faire face à ses obligations de paiement sur sa dette.

Le président de la BCE a refusé de se placer dans l'éventualité d'un défaut de la Grèce. Emboîtant le pas de plusieurs autres responsables économiques internationaux ces derniers jours, il a toutefois estimé que la zone euro était désormais mieux préparée pour faire face à un tel défaut et, plus globalement, à une sortie de la Grèce de l'euro.

La zone euro est «mieux équipée qu'en 2012, 2011, 2010» si la situation devait empirer, a-t-il assuré.

La prochaine échéance est une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Riga le 24 avril.

Progrès «indispensables»

Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a affirmé à Washington qu'il était «absolument indispensable que des progrès solides soient enregistrés» lors de cette réunion.

La Grèce doit, de toute façon, présenter son programme de réformes en temps voulu pour que puisse être négocié en juin un nouveau et troisième plan d'aide.

Athènes doit convaincre de la viabilité financière de son programme l'Union européenne, Commission en tête, mais aussi la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI).

Cette dernière institution a souligné à l'occasion des assemblées de Washington que la croissance économique mondiale restait fragile et que des risques subsistaient, sans citer nommément la Grèce.

Sa directrice générale Christine Lagarde s'est jointe samedi au concert demandant à la Grèce d'accélérer le pas. «Ce que j'attends, ce n'est pas seulement une accélération mais aussi un approfondissement du travail», a-t-elle dit lors d'une conférence de presse.

Évoquant ses conversations avec Yanis Varoufakis, elle a rappelé, en termes polis mais fermes, que la tâche d'un ministre des Finances était «d'aller loin dans l'analyse» et ensuite «d'agir».

«Nous avons clairement signifié que nous sommes disponibles tout le temps» pour entendre et examiner les propositions grecques, a-t-elle ajouté.

La tension autour de la Grèce a fait quelque peu passer au second plan les autres thèmes des assemblées semi-annuelles des deux institutions financières internationales. Les pays touchés par Ebola ont toutefois présenté une demande de «plan Marshall» de huit milliards de dollars pour faire face aux conséquences de l'épidémie.

Tant les responsables du FMI que les pays émergents réunis au sein du G24 ont aussi renouvelé leurs appels au Congrès américain pour qu'il ratifie au plus vite la réforme du Fonds, adoptée en 2010, et qui vise précisément à donner plus de poids à ces émergents et à assurer au FMI les ressources dont il a besoin.




Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer