La crainte des crises internationales vient hanter Davos

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Un policier suisse monte la garde sur le toit d'un hotel de Davos en Suisse.

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Fabien ZAMORA
Agence France-Presse
Davos

«La géopolitique est de retour»: les leaders du monde entier réunis mercredi à Davos avaient tous en tête les crises internationales, le président ukrainien écourtant même sa présence en Suisse en raison de la poussée de fièvre en Ukraine.

«On ne peut pas dire que l'on ait été vraiment surpris» par cette résurgence, a poursuivi dans la matinée le Secrétaire général de l'OSCE Lamberto Zannier, devant un parterre de diplomates et de chefs d'entreprises.

Crise en Ukraine, Organisation de l'État Islamique en Syrie, mais aussi attaques jihadistes en France et coups de filet des forces anti-terrosites en Europe étendent leur ombre sur le premier jour de cette réunion de près de 2500 leaders politiques et économiques réunis comme chaque année dans la bourgade suisse enneigée.

La crise ukrainienne a connu une nouvelle poussée de fièvre mardi lorsque Kiev a accusé Moscou d'avoir directement attaqué ses soldats dans la guerre larvée qu'elle mène contre les pro-russes dans l'Est ukrainien.

Les ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, allemand et français se retrouvent mercredi à Berlin pour tenter de désamorcer cette nouvelle crise entre Kiev et Moscou, tandis qu'à Davos, le président ukrainien Petro Porochenko, a décidé d'écourter sa présence et de quitter Davos juste après son intervention prévue vers 14h30 GMT (9h30 à Montréal).

«Poutine n'aura aucun morceau de l'Ukraine», a-t-il lancé dans un entretien publié par le journal suisse NZZ, conjointement avec Le Monde et le Wall Street Journal.

«La ligne de front dans le combat pour la démocratie et la liberté en Europe se trouve en Ukraine», a-t-il affirmé.

En amont du sommet, un panel de décideurs interrogés par les organisateurs de Davos avaient estimé que le risque de conflit international constitue la plus grande menace pour la stabilité du monde, devant le risque climatique.

Les intervenants d'une première table ronde consacrée à la sécurité mondiale en ont convenu, estimant que la situation était instable.

«Cygnes noirs géopolitiques»

«Je pense que nous allons avoir des 'cygnes noirs' géopolitiques», a estimé Jean-Marie Guéhenno, président de l'institut de recherche International Crisis Group.

Issu du monde de la finance et théorisé par le philosophe et ancien courtier Nassim Nicholas Taleb, un «cygne noir» est un évènement rare, très improbable, imprévisible, et aux conséquences dévastatrices.

Dans les couloirs de Davos, où se côtoient de manière informelle des chefs d'État, des patrons d'entreprises, quelques artistes ou journalistes, l'avenir de l'économie mondiale est aussi largement au menu. Et là aussi, les nuages s'accumulent.

Le FMI a abaissé mardi sa prévision de croissance mondiale pour 2015 et 2016 dans un contexte de ralentissement chinois et d'incertitudes sur la santé de la zone euro.

«Comment la Chine va ralentir ?», sera un des sujets de Davos, a estimé pour l'AFP Nariman Behravesh, chef économiste du cabinet IHS, alors que la Chine a vu sa croissance économique glisser à un niveau inédit depuis près d'un quart de siècle.

En zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) devrait vraisemblablement annoncer jeudi un programme massif de rachat d'actifs pour tenter de relancer l'économie et lutter contre la menace de déflation.

Ce sera largement analysé par tous les chefs d'entreprises et banquiers centraux qui hantent les couloirs du centre de conférence, transformé en camp retranché.

Un ancien habitué de l'institut monétaire de Francfort, ex-patron de la banque centrale allemande Axel Weber, désormais président de la banque suisse UBS, n'a pas mâché ses mots contre une politique qu'il a sans cesse combattue.

Les membres de la BCE «ne devraient pas aller trop loin parce que plus ils en font, plus l'incitation pour que les gouvernements agissent (et fassent les réformes nécessaires) est faible», a expliqué M. Weber.

Le volet énergétique risque aussi d'être important avec des cours du pétrole particulièrement bas. C'est un problème pour les pays producteurs, mais l'impact sur l'économie mondiale est globalement positif.

Le secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) Abdallah El-Badri, doit participer à une séance de discussions à partir de 13h30 GMT (8h30 à Montréal).




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