L'inflation accélère en Chine

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S'expliquant notamment par un rebond des prix alimentaires, cette remontée de l'inflation en Chine contraste avec le net ralentissement enregistré le mois précédent, à +1,8%, au plus bas depuis 18 mois.

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Julien GIRAULT
Agence France-Presse
Pékin

La hausse des prix à la consommation en Chine, principale jauge de l'inflation, a accéléré en mai, à 2,5% sur un an, son plus haut niveau en quatre mois, selon des chiffres officiels publiés mardi, apaisant quelque peu les craintes de tensions déflationnistes dans le pays.

S'expliquant notamment par un rebond des prix alimentaires, cette remontée de l'inflation contraste avec le net ralentissement enregistré le mois précédent, à +1,8%, au plus bas depuis 18 mois.

Elle ressort toutefois parfaitement en ligne avec les prévisions des analystes interrogés par l'agence financière Dow Jones.

Sur l'ensemble des cinq premiers mois de l'année, l'inflation s'établit à 2,3% par rapport à la même période de 2013, a précisé le Bureau national des statistiques (BNS).

Cette accélération de la hausse des prix est à même d'apaiser quelque peu les inquiétudes des derniers mois sur les risques de tensions déflationnistes dans le pays -- sur fond de ralentissement de la deuxième économie mondiale et de faiblesse persistante de la demande intérieure.

Dans le même temps, l'inflation se maintient encore très en dessous du plafond annuel de 3,5% fixé en mars par Pékin, soucieux d'endiguer toute flambée des prix pour prévenir les mécontentements sociaux. L'inflation en Chine s'était maintenue à 2,6% en 2013.

«Les chiffres publiés ce mardi confirment l'idée que dans l'ensemble, les pressions à la hausse sur les prix sont stables et que les craintes de déflation --qui avaient été avivées par le brusque mais éphémère ralentissement de l'inflation en avril-- sont tout à fait exagérées», a commenté Julian Evans-Pritchard, économiste du cabinet Capital Economics.

Menaces déflationnistes «limitées»

Le mois dernier, c'est surtout un net rebond des prix alimentaires qui est venu renchérir l'indice national: alors qu'ils n'avaient augmenté que de 2,3% sur un an en avril, ils ont grimpé de 4,1% en mai.

Dans le détail, les prix des fruits frais se sont envolés de 20% sur un an par rapport à mai 2013, tandis les prix des oeufs bondissaient de 17,6%, ceux des produits laitiers de 10,3%, et que ceux de la viande progressaient de 3,2%.

Quant aux prix du porc, ils ont gonflé de 5,6% en seulement un mois, par rapport à avril, «alors que le gouvernement cherchait à accroître ses réserves stratégiques de porcs», ont noté les analystes de la banque australo-néozélandaise ANZ.

Pour les experts de Bank of America Merrill Lynch, c'est précisément ce soudain renchérissement du porc, associé à une base de comparaison plutôt basse l'an dernier (notamment pour les légumes), qui explique la remontée de l'inflation en mai.

«Cette accélération n'est donc pas destinée à se poursuivre, puisque cet effet de base de comparaison n'interviendra que pour ce mois-ci et que la hausse des prix du porc devrait vite s'essouffler», ont-ils estimé, tout en jugeant que, pour autant, «les menaces déflationnistes en Chine sont relativement limitées».

Dans ce contexte, la stabilisation attendue de l'inflation pourrait offrir aux autorités une marge de manoeuvre accrue pour des mesures de relance ou d'assouplissement monétaire destinées à stimuler l'activité économique, alors que la croissance chinoise est tombée à 7,4% au premier trimestre, au plus bas depuis 18 mois.

De fait, la Banque centrale chinoise a annoncé lundi soir qu'elle autoriserait les banques accordant des prêts au secteur agricole ou aux petites entreprises à réduire les fonds qu'elles sont tenues de mettre en réserve, afin de les inciter à accroître leurs prêts à des secteurs économiques ciblés.

Pékin a cependant exclu tout plan de relance massif, et se montre réticent à une baisse générale des taux d'intérêt -- à un moment où les autorités s'efforcent au contraire d'endiguer l'envolée du crédit et de l'endettement, et de rééquilibrer le modèle de croissance du pays.

Témoin d'une conjoncture économique toujours mitigée, l'indice mesurant l'évolution des prix à la vente des produits à leur sortie d'usine (PPI) s'est replié de 1,4% en mai sur un an, un recul toutefois bien moins prononcé qu'en avril (-2,0%), a indiqué mardi le BNS.

«Avec une stabilisation des prix mondiaux des matières premières et un fléchissement du yuan qui dope les prix à l'importation, les prix à la production semblent désormais se renchérir», a commenté M. Evans-Pritchard.

Le PPI, considéré comme prédictif des futures tendances des prix à la consommation, est négatif depuis plus de deux ans, et le nouveau recul enregistré en mai montre «que la demande industrielle reste toujours faible dans l'ensemble», tempérait-on cependant chez ANZ.




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