Immobilier commercial: les locaux vides abondent

Le vieillissement de la population, l'endettement des ménages... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le vieillissement de la population, l'endettement des ménages et la stagnation des revenus font partie des facteurs évoqués pour expliquer la hausse du taux d'inoccupation dans les centres commerciaux et les artères commerciales de la région de Montréal

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

Le taux d'inoccupation dans les centres commerciaux et les artères commerciales de la région de Montréal atteint 9,2%, selon une récente compilation menée par le Groupe Altus. Il s'agit d'un taux pratiquement deux fois plus élevé qu'en situation dite d'équilibre.

Il est généralement estimé que le taux d'inoccupation des locaux commerciaux est d'environ 5% dans la région montréalaise. Or, selon le groupe Altus, «aucune analyse sérieuse» ne s'est vraiment penchée sur le sujet depuis deux décennies.

Pour mettre fin au manque de données, l'entreprise de services-conseils en immobilier commercial a procédé à un vaste recensement sur le terrain, l'été dernier. La Presse Affaires a obtenu les résultats.

L'étude porte à la fois sur les centres suprarégionaux (tels que le Carrefour Laval), les centres régionaux (comme Place Longueuil), les centres communautaires (comme les Galeries Terrebonne), les mégacentres et centres lifestyle (DIX30), les galeries marchandes au centre-ville (comme le Centre Eaton) et 13 artères commerciales. En tout, 90 lieux ont été passés au peigne fin.

L'effet Target

Premier constat: les taux d'inoccupation varient beaucoup. Alors qu'il est de zéro dans certains centres commerciaux, il atteint 42% ailleurs.

Il faut dire qu'à lui seul, le départ de Target a provoqué un effet considérable dans le marché. Pas moins de 12 locaux anciennement occupés par le géant américain demeurent inoccupés. Ensemble, ils totalisent 1,3 million de pieds carrés et «représentent 40% des pieds carrés vacants des centres commerciaux recensés», précise l'étude.

Sans ces fermetures, le taux d'inoccupation serait de 6,2%. «Cependant, il est peu probable que ces locaux [...] trouvent preneur à court et peut-être même à moyen terme», souligne le directeur principal d'Altus, Jean-François Grenier.

La situation risque même de s'aggraver, selon Altus. «La disparition probable de Sears à court terme ajouterait dans le marché montréalais environ 1,4 million de pieds carrés vacants et ferait passer le taux de vacance à 12,4%.»

Le centre-ville réussit bien

Parmi les différentes typologies commerciales, les centres régionaux - qui n'attirent pas les consommateurs d'un vaste rayon, par définition - sont ceux qui affichent le pire résultat: leur taux moyen d'inoccupation atteint 13,1%. Suivent de près les centres communautaires (12,1%) et les artères commerciales (9,8%).

Les galeries marchandes au centre-ville (6,9%), les centres suprarégionaux (7,1%), les mégacentres et les centres life-style (7,2%) s'en tirent mieux que la moyenne.

«Quand le taux de vacance augmente, les loyers sont renégociés à la baisse. Donc, il y a un impact sur la valeur des centres commerciaux», explique Jean-François Grenier.

Altus rappelle que les ventes au détail au Québec ont «considérablement» ralenti depuis la crise de 2009. Alors qu'auparavant, elles progressaient annuellement de 4 à 6%, la hausse se limite désormais à 2,5%, tout au plus.

Le vieillissement de la population, l'endettement des ménages et la stagnation des revenus font partie des facteurs évoqués par la firme d'experts en immobilier.




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