La croissance américaine ralentit malgré le bond de la consommation

La croissance économique américaine a ralenti sa course en fin d'année 2014, en... (Photo Archives Reuters)

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Virginie MONTET
Agence France-Presse
WASHINGTON

La croissance économique américaine a ralenti sa course en fin d'année 2014, en dépit du bon de la consommation soutenue par les faibles prix du pétrole, a annoncé le ministère du Commerce vendredi.

Le Produit intérieur brut (PIB) des États-Unis a augmenté de 2,6% en rythme annualisé d'octobre à décembre, selon la première estimation vendredi du ministère du Commerce. Cela représente un ralentissement par rapport aux 5% du 3e trimestre et une déception pour les analystes qui tablaient sur une expansion de 3,2%.

Pour l'ensemble de l'année 2014, la croissance s'élève à 2,4% contre 2,2% en 2013. L'année 2014, marquée par la création de 3 millions d'emplois, constitue le meilleur millésime pour la croissance depuis 2006.

Au dernier trimestre, la consommation a comme prévu été la locomotive de l'économie, grâce à la baisse des prix des carburants qui ont chuté de 60% depuis juin. Les dépenses de consommation, qui comptent pour deux tiers du PIB aux États-Unis, ont fait un bond de 4,3% pour atteindre un sommet depuis huit ans.

«Ce rapport est la confirmation des tendances sous-jacentes qui expliquent la reprise de l'économie», s'est félicité la Maison-Blanche alors que le moral des ménages américains est à la hausse ces derniers mois.

«L'effondrement des prix de l'énergie gonflant les dépenses des ménages, nous prévoyons que la croissance de la consommation tire l'expansion économique au premier semestre 2015», a affirmé Paul Ashworth, de Capital Economics.

Autre bonne nouvelle, le marché immobilier s'est raffermi, les investissements résidentiels grimpant de 4,1%, contre 3,2% au 3e trimestre.

Mais d'autres facteurs ont créé la surprise, avec un ralentissement marqué des investissements des entreprises (+1,9%, contre +8,9% au trimestre précédent) «peut-être lié aux changements dans la production pétrolière off-shore» avec la chute des cours du brut, selon Dean Baker du Center for Economic and Policy Research.

Le commerce extérieur également, avec une progression des importations plus vive que les exportations, a soustrait un point de pourcentage à la croissance.

-le ralentissement mondial: un risque pour le commerce- Les exportations, affectées par l'appréciation du dollar qui rend les produits américains plus onéreux mais aussi par la conjoncture mondiale morose, ont ralenti de moitié leur progression à +2,8%. Les importations ont au contraire accéléré, «dopées par la vive demande intérieure et le dollar plus fort», notait encore Paul Ashworth.

«Un ralentissement continu de la croissance mondiale poserait des risques pour les exportations américaines», s'est même inquiété l'économiste de la Maison-Blanche, Jason Furman dans un communiqué.

Comme le résume Chris Low de FTN Financial, «il y a une divergence claire entre les consommateurs qui bénéficient des carburants pas chers et du dollar fort et les entreprises qui souffrent ... des carburants pas chers et du dollar fort». «Au bout du compte, les entreprises vont s'ajuster et ce sont les consommateurs qui vont porter la croissance», concluait cet économiste.

Mais ce rapport du ministère n'est qu'une première estimation qui, dans le cas du PIB, donne souvent lieu à d'amples révisions. La prochaine évaluation est prévue pour le 27 février.

Reste qu'à 2,6%, le rythme de croissance est suffisant pour générer de solides créations d'emplois, comme l'a attesté le chiffre du chômage de décembre qui est tombé à 5,6%, un plus bas depuis six ans et demi.

Lors de sa réunion mercredi, le Comité monétaire de la Banque centrale des États-Unis (Fed), qui a laissé ses taux inchangés proches de zéro, a prudemment redit qu'il demeurait «patient» avant un retour à la normale de sa politique monétaire et une première hausse des taux.

Pour Chris Williamson, analyste de Markit, le rapport de vendredi suggère qu'on pourrait «voir la Fed retarder sa première hausse des taux d'intérêt à fin 2015 voire début 2016» alors que les marchés misent encore sur le milieu de l'année.




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