Investissement Québec a vendu ses dernières actions de Domtar

La participation de l'État québécois dans la papetière... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse)

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La participation de l'État québécois dans la papetière Domtar remonte au début des années 80.

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André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Une page d'histoire a été tournée en toute discrétion au cours des derniers mois. Investissement Québec (IQ), bras investisseur du gouvernement provincial, s'est départi des dernières actions de la participation historique de l'État québécois dans la papetière Domtar qui remonte au début des années 80.

Pierre Gabriel Côté, président-directeur général d'Investissement Québec... (Photo Robert Skinner, Archives La Presse) - image 1.0

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Pierre Gabriel Côté, président-directeur général d'Investissement Québec

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Cette disposition a d'ailleurs permis à IQ d'enregistrer un bénéfice record pour l'exercice financier s'étant terminé le 31 mars 2018. IQ rapporte un profit net de 264 millions en 2017-2018, en forte hausse par rapport à l'an dernier.

« On avait acheté des actions il y a très longtemps, principalement Domtar, explique Pierre Gabriel Côté, président-directeur général d'IQ. On a cristallisé ces gains. Il ne nous reste plus d'actions de Domtar aujourd'hui », raconte M. Côté en entrevue avec La Presse aux bureaux d'IQ au centre-ville de Montréal.

Un an plus tôt, IQ détenait 2,5 % des actions de Domtar, soit environ 1,57 million d'actions au 31 mars 2017. Au cours des 12 derniers mois, les actions de Domtar se sont vendues dans une fourchette de 46 à 65 $.

IQ a aussi enregistré des gains exceptionnels du côté du programme d'immigrants investisseurs, qui a généré des revenus nets de 70 millions en 2017-2018. Au cours des prochaines années, les revenus nets seront plutôt de l'ordre de 5 à 10 millions par an.

Hormis les éléments exceptionnels, le résultat net dégonflé s'élève à 170 millions, pour un rendement ajusté de 5,3 % sur les capitaux propres. La société doit s'autofinancer. Son rendement sur l'avoir est supérieur au coût d'emprunt de son actionnaire unique, le gouvernement du Québec.

UNE LONGUE HISTOIRE

IQ, par l'entremise de la Société générale de financement (SGF) avec laquelle elle a été fusionnée en 2011, détient des actions de Domtar depuis 1981. La Caisse de dépôt et placement, qui ne pouvait pas prendre une participation supérieure à 30 % dans une même entreprise, s'était alors alliée à la SGF pour obtenir le contrôle de Domtar. La papetière connaissait des difficultés dans un marché en dépression et en période de récession. La conséquence directe de cette opération est qu'en 1983, Domtar a choisi Windsor, au Québec, pour bâtir une nouvelle usine.

En 2002, la SGF s'est départie de la majeure partie de ses actions de Domtar. Elle traînait depuis ce temps une participation résiduelle dans la papetière.

En 2007, Domtar fusionne avec une partie de l'américaine Weyerhaeuser. À l'époque, on soutenait que la Caisse de dépôt et la SGF, constituant ensemble le premier actionnaire en importance de l'entreprise fusionnée, avaient pesé dans le choix de garder le siège social à Montréal. Le siège de l'exploitation est à Fort Mills, en Caroline du Sud.

La Caisse de dépôt a de son côté vendu le gros de sa participation dans Domtar en 2009. Depuis 2014, elle ne détient plus d'actions de l'entreprise.

UNE ORGANISATION QUI EMBAUCHE

En commission parlementaire, en mai dernier, les élus avaient reproché au PDG d'Investissement Québec l'enflure de son organigramme. M. Côté l'a défendu en entrevue en soutenant qu'il est le fruit de la transformation de la société, devenue nécessaire à la suite du rapport dévastateur de la Vérificatrice générale en 2016.

IQ compte aujourd'hui plus de 80 cadres pour un effectif de 515 employés, en hausse de 51 personnes ou 10 % en un an. Les frais d'administration ont augmenté de 8 %, de 101 à 108 millions. M. Côté rétorque que ses frais de gestion restent bas, à 1,23 % des fonds propres.

À l'automne 2018, IQ entreprendra une troisième tournée pour convaincre les entrepreneurs de prendre le virage du manufacturier innovant ou 4.0. Près de 300 projets innovants ont été soutenus, représentant près de 1 milliard en investissement.

« On avait un plan de trois ans. À peine à la moitié du chemin, on a déjà dépassé l'objectif de 825 millions en interventions financières. On a franchi le cap du milliard en avril, fait savoir M. Côté. IQ ne sait toujours pas combien les usines québécoises comptent de robots industriels ou d'imprimantes 3D. »




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