Aluminium: Rio Tinto redémarre au Saguenay

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La demande d'aluminium croît au rythme de 3,5 à 4 % par année, tirée par le secteur automobile et la construction.

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Hélène Baril

Après avoir passé des années à serrer la vis, Rio Tinto se prépare à réinvestir dans sa division aluminium et à accroître la capacité de production de ses usines au Québec.

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L'usine de Rio Tinto Alcan, à Alma

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Gervais Jacques, directeur exécutif division Atlantique de Rio Tinto

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« Nous avons au Saguenay-Lac-Saint-Jean deux des plus beaux projets d'expansion à l'extérieur de la Chine », a indiqué hier Gervais Jacques, directeur exécutif division Atlantique de Rio Tinto, lors d'un entretien avec La Presse.

Ces deux projets, la phase 2 de l'usine d'Alma et une nouvelle aluminerie utilisant la technologie AP-60, nécessiteraient des investissements de plusieurs milliards de dollars.

Avec la remontée du prix de l'aluminium autour de 2000 $US la tonne, « ces projets sont plus porteurs qu'ils ne l'étaient à 1700 $US la tonne l'année dernière », a dit M. Jacques.

Si le contexte reste favorable à une expansion de la production de Rio Tinto, le Québec est le mieux placé pour en profiter, selon lui.

AUGMENTATION DE LA PRODUCTION

En attendant ces grosses décisions, Rio Tinto annoncera d'ici la fin de 2018 des investissements de 250 millions dans la revitalisation des résidus de bauxite, ce qui permettra l'augmentation de la production de son usine d'Arvida, qui met à l'épreuve la nouvelle technologie AP-60. La capacité de production de cette usine passera de 60 000 à 90 000 tonnes par année, ce qui maintiendra les 2000 emplois existants. Éventuellement, cette technologie pourrait être utilisée dans une nouvelle aluminerie d'une capacité de 350 000 tonnes par année.

LE RISQUE DE L'ALENA

Le prix de l'aluminium n'est pas le seul facteur qui influencera la décision de Rio Tinto d'investir dans l'augmentation de sa capacité de production. Le sort de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) est préoccupant, dit Gervais Jacques. L'aluminium est un des sujets de friction avec les États-Unis, où la production d'aluminium a pratiquement disparu. « Quatre-vingt-cinq pour cent de l'aluminium produit au Saguenay est exporté aux États-Unis. S'il devait y avoir des tarifs américains, ça changerait la donne. »

UNE DEMANDE ROBUSTE

La demande pour l'aluminium est robuste, ce qui milite en faveur d'une augmentation de la capacité de production. La demande croît au rythme de 3,5 à 4 % par année, tirée par le secteur automobile et la construction. La Chine a réduit considérablement la croissance de sa production d'aluminium, ce qui encourage les entreprises comme Rio Tinto à redémarrer les projets d'expansion qui sont dans leurs cartons depuis des années. Les inventaires restent toutefois élevés, parce que les consommateurs américains craignent les tarifs qui pourraient être imposés par les États-Unis.

MEILLEURS RÉSULTATS DEPUIS 10 ANS

La division aluminium de Rio Tinto affiche ses meilleurs résultats depuis 10 ans pour l'exercice 2017. Elle a généré un bénéfice d'exploitation de 3,4 milliards US, en hausse de 38 % comparativement à 2016. Le secteur de l'aluminium arrive au deuxième rang des plus rentables de Rio Tinto, après le fer et avant la division cuivre et diamant et celle de l'énergie et autres minerais.

Au total, Rio Tinto affiche des profits de 8,6 milliards US (+ 69 %), sur des revenus de 40 milliards US (+ 18 %).




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