Restructuration-surprise chez TransCanada

Le projet Énergie Est s'est heurté à des... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Le projet Énergie Est s'est heurté à des obstacles de taille au Québec. Un rapport désignant le béluga comme une espèce en voie de disparition a forcé TransCanada à renoncer à bâtir un port pétrolier à Cacouna. Sur la photo, une manifestation à Québec en septembre 2014 contre le port à Cacouna

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(Ottawa et Québec) TransCanada (T.TRP) a licencié son directeur québécois pour le projet Énergie Est, Philippe Cannon, deux jours après les élections fédérales, a appris La Presse.

M. Cannon a été remercié en même temps que 30 autres cadres de l'entreprise, des licenciements qui surviennent alors que l'entreprise multiplie les gestes pour pallier les pertes de revenus associées à la chute des prix du pétrole et aux projets d'oléoducs comme Keystone XL, qui tardent à se concrétiser.

Controverse

La campagne électorale a été marquée par une controverse impliquant TransCanada. Les médias ont fait état du courriel d'un proche collaborateur de Justin Trudeau, Dan Gagnier, expédié à cinq employés de la société albertaine, afin de les conseiller sur les moyens d'influencer le nouveau gouvernement libéral pour faciliter l'autorisation du projet d'oléoduc Énergie Est.

M. Gagnier, ancien chef de cabinet de Jean Charest, était l'un des cinq plus proches conseillers de Justin Trudeau jusqu'à ce qu'il démissionne dans la foulée de cette controverse. Il était rémunéré par TransCanada pour fournir des conseils stratégiques sur Énergie Est.

L'entreprise a indiqué à La Presse que M. Gagnier ne figure plus sur sa liste d'employés.

Philippe Cannon, fils de l'ancien ministre conservateur Lawrence Cannon, a pour sa part assuré que son départ n'avait aucun lien avec cette affaire.

«Mon départ de TransCanada n'est aucunement lié au courriel auquel vous avez fait référence et s'inscrit tout simplement dans la foulée de la réorganisation corporative actuelle et des congédiements qui s'ensuivent», a-t-il déclaré dans un courriel envoyé à La Presse.

On ignore qui étaient les destinataires de ce courriel chez TransCanada, leurs noms ayant été caviardés dans la copie qui a circulé parmi les médias à Ottawa il y a deux semaines. On ignore aussi qui est l'auteur de la fuite.

TransCanada a lancé une enquête interne dans la foulée de la médiatisation du message de M. Gagnier. L'investigation est terminée, a indiqué le porte-parole de l'entreprise, Tim Duboyce, qui a par ailleurs refusé de commenter le départ de M. Cannon. «C'est notre politique, comme entreprise, de ne pas parler de notre personnel», a-t-il indiqué.

18 lobbyistes

Dans son inscription au Registre des lobbyistes du Québec, TransCanada dresse la liste des 18 lobbyistes qui la représentent auprès du gouvernement québécois. Le nom de Philippe Cannon a été placé dans la liste des «lobbyistes retirés» entre le 20 et le 28 octobre, a-t-on précisé au ministère de la Justice.

Outre M. Cannon, le nom d'Alain Parisé figure également dans cette liste. Sur son profil LinkedIn, M. Parisé se présente comme le directeur, Communautés, Relations autochtones et Territoires, chez TransCanada. M. Duboyce a également refusé de commenter le cas de M. Parisé hier.

Avant son saut chez TransCanada, Philippe Cannon a occupé plusieurs postes dans le gouvernement Charest. Il a notamment été chef de cabinet de la ministre de l'Éducation Line Beauchamp au plus fort du «printemps érable».

M. Cannon a longtemps été le visage du projet d'oléoduc Énergie Est au Québec. Il était porte-parole de TransCanada lors de son lancement en 2013 et plus tard, a été promu directeur québécois du projet.

Des obstacles de taille

Énergie Est s'est heurté à des obstacles de taille au Québec. Les écologistes, plusieurs municipalités et des membres des Premières Nations s'y sont opposés. Un rapport confirmant que le béluga était classifié comme une espèce en voie de disparition a forcé TransCanada à renoncer à bâtir un port pétrolier à Cacouna.

En parallèle, l'autre projet majeur de TransCanada vers les États-Unis, Keystone XL, s'est heurté à un refus de l'administration Obama. Devant ce cul-de-sac, l'entreprise a demandé lundi la suspension temporaire de sa demande d'autorisation.




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