Essence: hausses de prix injustifiées à Montréal, selon le CAA

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Les prix ont augmenté dans six des huit composantes principales au cours de la période de 12 mois se terminant en avril, alors que les indices des prix des transports et du logement ont contribué le plus à la hausse d'une année à l'autre de l'IPC.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Les automobilistes ne sont pas tous égaux devant la fluctuation des prix de l'essence à la pompe et c'est à Montréal que les hausses ont été les plus démesurées et injustifiées, constate CAA-Québec.

Dévoilé mercredi, son bilan de l'essence 2014 note entre autres que des augmentations non justifiées pouvant atteindre huit cents le litre à l'aube des congés - comme la Fête nationale et de la fête du Travail - ont été observées dans la grande région métropolitaine.

Sur 18 hausses survenues un vendredi, au moins six ont été jugées injustifiées par l'organisme de défense des automobilistes, ce qui inquiète son porte-parole, Philippe St-Pierre, qui s'explique mal cette situation.

«C'est carrément profiter d'une situation, a-t-il dénoncé au cours d'un entretien téléphonique. On concède qu'il y a une certaine concurrence à Montréal, mais en voyant des situations comme cela, il s'agit de hausses injustifiées.»

L'organisme souligne qu'une hausse la veille d'un congé permet à l'industrie de générer des marges de profit plus importantes, plus longtemps. De plus, les détaillants ont ajusté le tir chaque fois en revenant à des marges plus respectables quelques jours plus tard.

CAA-Québec signale également que la marge prélevée au détail a connu une hausse de 9,2 % à Montréal par rapport à 2013. Le prix moyen du litre d'essence a été de 1,38 $ en 2014 - une hausse de 0,3 % par rapport à l'année précédente.

M. St-Pierre a rappelé que l'organisme de défense des automobilistes a toujours fait preuve de prudence concernant le «mythe des hausses» avant les longs congés, mais qu'après huit analyses, il faut reconnaître que le phénomène existe bel et bien.

De son côté, le vice-président de l'Association canadienne des carburants, Carol Montreuil, a réfuté cet argument, affirmant que la chute des prix du brut avait profité à l'ensemble des automobilistes montréalais.

«Après un sommet de 1,44 $ le litre en avril 2013, on a terminé l'année à 1,06 $ le litre, a-t-il dit. Les consommateurs ont bénéficié d'une baisse extrêmement importante (...) reliée au prix du pétrole durant toutes les vacances.»

Depuis l'été dernier, le cours du pétrole a retraité de façon spectaculaire, passant d'environ 100 $ US le baril à environ 50 $ US le baril.

Économies à Québec

Le bilan note cependant que les automobilistes des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches ont réalisé des économies grâce à une baisse significative de la marge prélevée au détail, qui a fléchi de 22,5 %.

Du côté de la Vieille-Capitale, cette situation s'explique en grande partie par l'arrivée d'un nouveau joueur depuis un an et demi - Costco -, ce qui contribue à rendre la concurrence plus féroce.

«Cela a changé la donne, analyse M. St-Pierre. Les augmentations (à la pompe) sont plus modérées et le retour à des prix plus justes se fait plus rapidement.»

«Depuis le 26 janvier, l'industrie composait avec des marges oscillant entre un cent et deux cents le litre, ajoute-t-il. Ce n'est pas quelque chose que l'on a vu souvent. La marge au détail a diminué à Québec de 2013 à 2014.»

Au total, le prix moyen du litre d'essence a reculé de 1,6 % entre 2013 et 2014 à Québec pour se situer à 1,33 $.

Pendant ce temps, les automobilistes de Sherbrooke ont dû encore composer avec de trop nombreuses périodes de stabilité, conduisant à des prix de l'essence trop élevés, une situation que s'explique difficilement M. St-Pierre.

«À quatre reprises, nous avons observé quatre périodes de stabilité des prix de plus de 33 jours, souligne-t-il. On ne peut pas avoir un marché équilibré dans ces circonstances. Pourtant, les indicateurs sur les marchés bougent quotidiennement.»

CAA-Québec conclut son étude en constatant que jusqu'ici en 2015, la chute des indicateurs pétroliers et du prix à la pompe s'est poursuivie, mais qu'il est difficile de prédire combien de temps ce répit à la pompe durera.




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