La production de l'OPEP pourrait rester stable l'an prochain

La demande pour l'or noir de l'OPEP est... (Photo Fernando Llano, AP)

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La demande pour l'or noir de l'OPEP est prévue entre 29 et 30 millions de barils par jour en 2015.

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Jessica BERTHEREAU
Agence France-Presse
LONDRES

Le secrétaire général de l'OPEP a prévenu mercredi que la production pétrolière du cartel évoluerait peu l'an prochain, ce qui semble réduire les chances de voir l'organisation agir de façon spectaculaire à sa réunion fin novembre à Vienne.

«Je ne crois pas que 2015 sera très éloigné de 2014 (...) en terme de production», a déclaré mercredi Abdallah El-Badri, secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), en marge de la conférence Oil & Money à Londres.

Le cartel, responsable d'un tiers de la production mondiale, produit autour de 30 millions de barils par jour, son objectif commun de production.

Comme à son habitude, le secrétaire général de l'OPEP s'est refusé à commenter la possibilité d'une baisse de l'objectif de production du groupe lors de la prochaine réunion de ses membres le 27 novembre à Vienne.

Mais, en sus d'indiquer que la production effective changerait peu, il a souligné que la demande pour l'or noir de l'OPEP était prévue entre 29 et 30 millions de barils par jour en 2015.

«Il semble de plus en plus que l'OPEP est contente de laisser le marché décider du prix juste pour le brut et nous ne devrions donc pas attendre de mesures drastiques à la prochaine réunion» de l'organisation, a estimé Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.

«Nous pensons qu'une réduction de l'objectif (de production) est improbable mais nous ne serions pas surpris s'il y en avait une petite de, disons, 0,5 million de barils par jour. Une quelconque réduction serait probablement une réponse à une moindre demande pour le brut de l'OPEP et non une tentative d'augmenter les prix», a jugé de son côté Thomas Pugh, économiste du cabinet londonien Capital Economics.

«Les derniers commentaires de l'OPEP semblent indiquer que l'Arabie Saoudite a gagné son bras de fer l'opposant à l'Algérie et au Venezuela, deux pays membres du cartel qui militaient le plus ces dernières semaines en faveur d'une baisse de la production de pétrole. La prochaine réunion de l'OPEP du 27 novembre devrait réserver peu de surprises», a abondé Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque.

«Ne pas paniquer»

L'Arabie saoudite a récemment abaissé à plusieurs reprises ses prix de vente, ce qui a été interprété comme une volonté de sauvegarder ses parts de marché. D'autres membres de l'OPEP ayant fait de même, certains observateurs ont déduit qu'une féroce compétition tarifaire était en cours.

Mais le secrétaire général de l'OPEP a assuré qu'il n'y avait «pas de guerre des prix» et que les pays membres ne faisaient que suivre le marché (où les prix ont chuté d'environ 25% depuis la mi-juin).

À la conférence Oil & Money, M. El-Badri a souligné en outre que la récente chute des prix du brut n'était pas justifiée par les fondamentaux du marché.

Il a estimé aussi qu'aux niveaux actuels des prix (autour de 86 dollars pour le Brent), 50% du pétrole de schiste n'est plus rentable.

La récente dégringolade des prix a été notamment mise sur le compte de l'exploitation croissante du pétrole de schiste aux États-Unis, qui n'est pas exporté mais déséquilibre tout de même le marché mondial - les anciens fournisseurs des États-Unis devant se trouver d'autres débouchés.

«Le fait que (M. El-Badri) mentionne la production de pétrole de schiste indique que l'OPEP aimerait que les producteurs de pétrole de schiste aient leur part de responsabilité en terme de réduction de l'actuel surplus d'offre», a jugé M. Hansen.

De fait, dans un rapport très remarqué publié ce week-end, les économistes de Goldman Sachs ont estimé qu'à l'avenir l'OPEP perdrait son rôle de principale variable d'ajustement du marché au profit du pétrole de schiste américain.

Au final, l'OPEP semble avoir «une position attentiste qui peut paraître logique à maints égards en raison des incertitudes à propos de la croissance mondiale et des politiques monétaires», a souligné M. Dembik.

«Nous essayons d'équilibrer le marché mais cette fois nous devons attendre et voir ce qui se passe», a ainsi indiqué M. El-Badri, qui a insisté sur l'importance de «ne pas paniquer».




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