De gros risques pèsent sur la production pétrolière irakien

Un travailleur de l'industrie pétrolière en Irak.... (Photo AP)

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Un travailleur de l'industrie pétrolière en Irak.

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Agence France-Presse
Paris

De gros risques pèsent sur la production pétrolière de l'Irak, pays censé fournir une part significative de l'offre supplémentaire attendue sur le marché d'ici 2019, a affirmé mardi l'Agence internationale de l'énergie, se disant «prête à agir».

Les projections de moyen terme de l'AIE attribuent au seul Irak trois cinquièmes de la hausse de la production mondiale attendue d'ici 2019, selon ce rapport sur le marché pétrolier. L'Irak doit augmenter son volume de production de 1,28 million de barils par jour d'ici cette date.

Cette estimation est «bien inférieure à la prévision ambitieuse de Bagdad», a relevé lors d'une conférence téléphonique Antoine Halff, l'un des auteurs du rapport. Et «elle est sujette à de gros risques», notent les experts de l'organisation, évoquant «des institutions faibles, une bureaucratie lourde, une résurgence dramatique de la violence dans le sillage de la guerre civile en Syrie, qui culmine à l'heure où nous écrivons dans une campagne militaire rapide d'insurgés sunnites».

Les jihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) se sont emparés en quelques jours la semaine passée de plusieurs villes irakiennes et continuaient leur avancée en début de semaine.

Pour le moment, les exportations irakiennes de brut n'en ont pas pâti, la production du pays étant concentrée dans le sud du pays dont les djihadistes sont encore loin. C'est d'ailleurs ce qu'a fait valoir à Moscou mardi le patron du britannique BP.

Mais «nous allons continuer à suivre la situation de près», a déclaré Maria van der Hoeven, directrice de l'AIE, «et nous sommes prêts à agir en cas d'interruption majeure» de l'approvisionnement. «Nous partons du principe que les réserves sont là, qu'elles sont à des niveaux confortables», a dit Mme van der Hoeven en référence aux réserves stratégiques que sont tenus d'entretenir les pays membres de l'organisation.

À moyen terme, la production dans d'autres pays de l'OPEP soulève aussi des interrogations alors que «les inquiétudes sur la sécurité» et «les risques d'investissement» ont découragé certaines majors internationales, relève le rapport.

Les pays de l'OPEP resteront «un fournisseur vigoureux du marché», mais feront face à «de forts vents contraires pour augmenter leurs capacités», selon l'Agence.

La demande de pétrole pour sa part va continuer à croître dans les années à venir, de 1,3% par an selon les estimations de l'AIE, pour atteindre 99,1 millions de barils/jour à cet horizon.

Cette date pourrait correspondre à un «point d'inflexion», «après lequel la demande pourrait commencer à décélérer du fait de prix élevés, d'inquiétudes sur l'environnement et d'alternatives moins coûteuses».




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