Signes de vie sur le marché du travail québécois

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Le taux de chômage a atteint 6,6% en moyenne d'un océan à l'autre.

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Rudy Le Cours
La Presse

Pour la première fois depuis des mois, les signes vitaux du marché du travail québécois raniment l'espoir tandis que ceux du Canada indiquent l'attente d'un deuxième souffle.

Ce regain d'énergie devrait venir des États-Unis, où les entreprises embauchent comme aux beaux jours d'avant la Grande Récession.

Au Québec, les données de novembre de l'Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada indiquent l'ajout de 19 600 emplois le mois dernier, de loin le meilleur score mensuel de l'année. Cela a fait reculer d'un cran le taux de chômage, à 7,6%.

Le Québec continue de se comporter à l'opposé du reste du Canada, où l'emploi a reculé de 21 600 unités, ce qui a poussé le taux de chômage à 6,6% en moyenne d'un océan à l'autre. Les taux d'activité et d'emploi n'ont pas bougé, à 61,6% et 66% respectivement.

Les pertes canadiennes ont été concentrées surtout en Ontario, qui, le mois dernier, comptait 33 900 postes de moins qu'en octobre. La chute s'explique en bonne partie par la très forte poussée de 61 700 postes en septembre et octobre. D'ailleurs, depuis le début de l'année, l'économie ontarienne s'est enrichie de 83 400 postes alors que le Québec reste en déficit de 9100.

Les détails des résultats québécois sont mixtes.

Au rayon des plus, soulignons que le solde du mois est le résultat de 29 200 postes à temps plein et de la perte de 9600 à temps partiel. Depuis le début de l'année, le Québec accuse quand même une perte de 29 600 emplois à temps plein.

Au rayon des moins, les emplois nouveaux sont concentrés dans l'hébergement et la restauration à hauteur de 20 800 postes. Il s'agit d'un chiffre qui laisse pantois, novembre n'étant pas réputé pour être le mois où l'esprit est aux vacances ou à la fête.

La perte de 9900 emplois en usine (17 300 cette année) paraît mieux refléter l'atonie de l'économie.

À l'opposé, les pertes ontariennes sont concentrées dans le commerce, le transport et les administrations publiques, tandis que l'effectif en usines a augmenté de 11 600 postes (15 700 cette année).

À l'échelle canadienne, les chiffres doivent être interprétés comme ceux de l'Ontario: un recul normal après deux mois très forts (43 100 et 74 100) qui laisse néanmoins une moyenne mensuelle de quelque 35 000 emplois depuis septembre, comparativement à un peu plus de 12 000 par mois depuis un an.

Le nombre d'heures travaillées progresse peu, cependant, tout comme la rémunération horaire moyenne des salariés à temps plein.

Mince consolation, les quelque 10 000 emplois en moins à l'échelle canadienne, un chiffre non significatif compte tenu de la marge d'erreur de l'EPA, sont tous à temps partiel.

Ces résultats paraissent bien fades quand on les compare à ceux de l'économie américaine.

Chez l'oncle Sam, le nombre de salariés non agricoles a bondi de 321 000 le mois dernier, et le Bureau of Economic Analysis en a ajouté 44 000 à la moisson des deux mois précédents. Le taux de chômage est resté stable à 5,8%, tout comme le taux d'emploi à 59,2% et le taux d'activité à 62,8%.

Cette année, la moyenne mensuelle de nouveaux emplois est de 240 000, au regard de 197 000 en 2013.

À des fins de comparaison, si le Canada adoptait la méthodologie américaine, ses taux de chômage et d'emploi seraient de 5,7% et 62,2%.

L'écart de trois points dans le taux d'emploi signifie qu'un plus grand nombre d'Américains n'ont pas joint les rangs de la population active. Cela indique que les stigmates de la Grande Récession sont encore plus présents là-bas que chez nous. Il y a place pour encore bien du rattrapage au cours des prochains mois, rattrapage qui devrait nourrir la production canadienne exportée au sud.

Ils ont dit

«La croissance annuelle de l'emploi à temps plein (au Québec) accuse un 13e mois consécutif en territoire négatif, le tout nous laissant, malgré la bonne performance du mois de novembre, avec une certaine impression de fragilité. Cette impression se retrouve du côté manufacturier avec une perte de 9900 emplois.»

- Audrey Azoulay, Manufacturiers et exportateurs du Québec

« (Au Canada), on compte environ 3,5 millions de travailleurs à temps partiel, dont 305 000 environ le sont sur une base non volontaire. Chaque transformation d'un poste à temps partiel en temps plein peut être vue comme une amélioration du marché du travail.»

- Derek Holt, Scotia, Recherches économiques

«Le bond solide de 321 000 dans le nombre de salariés le mois dernier, auquel il faut ajouter 44 000, résultat de révisions des deux mois précédents, porte la croissance de l'emploi américain à 2% en un an (soit 2,7 millions de personnes). C'est le rythme de croissance le plus rapide en huit ans.»

- Douglas Porter, BMO, Marchés des capitaux




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