Jusqu'à 90 millions de plus pour les nouvelles des télés privées

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« Nous ne nous attendons pas à ce que Rogers et Vidéotron ferment leurs chaînes communautaires, mais ils peuvent réallouer de l'argent vers leurs nouvelles locales, dit Jean-Pierre Blais, président du CRTC.

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Les télés généralistes privées comme TVA et V pourraient avoir accès à jusqu'à 90 millions/an pour financer leurs nouvelles locales. Le CRTC donne l'option aux grands conglomérats comme Québecor et Rogers de financer les nouvelles locales de leurs chaînes généralistes plutôt que leurs télés communautaires. Radio-Canada ne touchera toutefois pas un sou de plus.

JUSQU'À 90 MILLIONS PAR AN

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) donne le choix aux conglomérats de transférer jusqu'à 67 millions par an des fonds de leurs télés communautaires aux nouvelles locales de leurs télés généralistes. Un nouveau fonds pour nouvelles locales des chaînes indépendantes comme V sera de 23 million par an (il remplace un fonds de 8 millions/an). Au total, jusqu'à 90 million par an de plus à l'échelle du pays pourraient être disponibles pour les nouvelles locales. Les télés généralistes privées du pays ont perdu 141 millions en 2014-2015.

« MODÈLE D'AFFAIRES SOUS PRESSION »

« On sait que le modèle d'affaires de la télé est sous pression, dit le président du CRTC Jean-Pierre Blais en entrevue à La Presse Affaires. [La télé locale], c'est la programmation la plus dispendieuse si on veut bien la faire. Les enquêtes journalistiques, ça coûte cher à long terme. Les coûts se maintiennent, mais les revenus sont en baisse. Nous aidons à maintenir la qualité et la quantité de nouvelles locales [à la télé], en voyant avec le temps si les nouvelles plateformes numériques comme le Huffington Post, La Presse+ et Vice peuvent être une source alternative de nouvelles dans le monde numérique. Oui, c'est prometteur, mais on n'est pas au point où on peut mettre toute la démocratie entre les mains de plateformes numériques. »

PAS D'ARGENT FRAIS

D'où viendront ces millions supplémentaires pour les nouvelles locales ? Les distributeurs télé sont obligés de verser 5 % de leurs revenus à la programmation locale (433 millions au pays en 2014-2015). Cette proportion ne change pas, mais le CRTC réaménage les règles pour permettre un financement direct des nouvelles locales des télés généralistes privées comme TVA et V. Le CRTC permet aux conglomérats comme Québecor de financer leurs nouvelles locales au lieu de leurs télés communautaires. Ensuite, tous les distributeurs télés doivent désormais verser 0,3 % de leurs revenus (à l'intérieur du 5 % total) dans un nouveau fonds pour les nouvelles locales des chaînes indépendantes comme V.

RIEN POUR RADIO-CANADA

Que gagne Radio-Canada, qui proposait un fonds pour les petits marchés auquel il aurait été admissible ? Rien. Le CRTC a plutôt conclu que « les besoins se font beaucoup plus sentir à la télé privée, dont les nouvelles locales dépendent beaucoup de la publicité [une source de revenus en baisse] », selon Jean-Pierre Blais. « Durant l'audience, c'était clair que Radio-Canada rencontrait ses obligations, dit le président du CRTC. [...] Radio-Canada a accès à deux sources de financement : les crédits parlementaires et la publicité. Et en plus, ils vont avoir une injection supplémentaire de fonds du gouvernement dans le dernier budget. » Radio-Canada s'est dit « heureux de voir que les Canadiens continueront à bénéficier d'une diversité de voix en information, surtout dans les plus petites communautés », tandis que Québecor et V n'ont pas commenté la décision du CRTC.

LES TÉLÉS COMMUNAUTAIRES SURVIVRONT

Si les budgets des salles de nouvelles augmentent, ceux des télés communautaires vont subir le sort inverse. Mais le président du CRTC serait « surpris » d'assister à la fermeture de chaînes communautaires. « Nous ne nous attendons pas à ce que Rogers et Vidéotron ferment leurs chaînes communautaires, mais ils peuvent réallouer de l'argent vers leurs nouvelles locales, dit Jean-Pierre Blais. Depuis quatre ans, on mettait de plus en plus d'argent dans les chaînes communautaires, et les Canadiens nous disaient que ce ne sont pas les chaînes communautaires qu'ils valorisent, mais les nouvelles locales. » L'ancienne formule de financement permettait à un conglomérat comme Québecor de verser jusqu'à 2 % à sa télé communautaire MAtv puis le 3 % restant à divers fonds de programmation locale (qui ne peuvent pas financer de nouvelles). La nouvelle formule prévoit jusqu'à 1,5 % à la télé communautaire ou aux nouvelles locales, 0,3 % au nouveau fonds pour les nouvelles des chaînes indépendantes, puis 3,2 % aux fonds de programmation locale.




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