Une page se tourne pour le géant de l'électronique Philips

En pleine mutation pour devenir un spécialiste de... (Photo Toussaint Kluiters, archives Reuters)

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En pleine mutation pour devenir un spécialiste de la santé et du bien-être, le géant de l'électronique Philips avait d'abord annoncé son souhait de vendre la branche éclairage fin 2014.

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Sophie MIGNON
Agence France-Presse
LA HAYE

Le géant néerlandais de l'électronique Philips tourne une page de sa longue histoire, en se séparant de son emblématique branche éclairage introduite en Bourse vendredi, pour se métamorphoser en spécialiste de la santé, un secteur en plein essor.

« Nous commençons un nouveau chapitre dans la longue histoire (...) qui a commencé à Eindhoven (sud des Pays-Bas, NDLR) voici 125 ans », a déclaré le directeur général de Philips Lighting, Eric Rondolat, cité dans un communiqué. Il a pour l'occasion sonné le gong de la Bourse, célébrant la plus grande entrée en Bourse européenne de l'année, selon Euronext.

L'action a ouvert en hausse de 5 % pour son premier jour de cotation, avec une valeur initiale fixée à 20 euros jeudi soir, plaçant Philips Lighting « du côté des actions coûteuses » par rapport à ses concurrents, selon l'économiste Jacob Schoenmaker, cité par le site néerlandais d'actualité économique et financière RTL-Z. Vers 12 h 30 (10 h 30 GMT), Philips était en hausse de 7,55 % à 21,51 euros.

Le groupe a mis en vente une première tranche de 25 % des actions de sa branche éclairage, soit 37,5 millions d'actions au prix unitaire donc de 20 euros, levant ainsi 750 millions d'euros et valorisant la branche à 3 milliards d'euros. Son intention est de se séparer du reste de ses parts dans les années à venir.

En pleine mutation pour devenir un spécialiste de la santé et du bien-être, le géant de l'électronique avait annoncé son souhait de vendre cette branche fin 2014, en vain.

Proie ou prédateur ?

Cette séparation représente un « véritable risque » pour le groupe lui-même, aux yeux de certains analystes cités par la télévision publique NOS.

Au milieu de titans de la technologie qui tentent d'investir le secteur de la santé, comme Apple ou la maison mère de Google, Alphabet, Philips pourrait devenir la « proie » idéale pour un rachat d'ici deux ans, étant donné sa taille désormais plus restreinte, d'après ces experts.

Un avis que ne partage pas l'analyste Tom Muller : « Les activités de Philips, avec ou sans sa branche éclairage, sont très fortes. Le secteur de la santé sera plus important dans les prochaines années qu'il ne l'était auparavant. »

Une « chance » s'offre donc au groupe pour entrer dans la cour des grands de la santé et s'opposer, par exemple, à Siemens, ajoute-t-il.

Avec l'argent de la vente, Philips pourrait « acheter d'ici un an une autre compagnie du secteur, comme un fournisseur d'équipement médical », a expliqué à l'AFP l'analyste.

Cette introduction en Bourse marque donc véritablement la fin d'une ère pour Philips, qui a fêté le 15 mai l'arrivée de l'éclairage à Eindhoven voici 125 ans.

En 1891, poussés par un secteur de l'électricité en plein essor, Frederik Philips et son fils Gerard y ont fondé leur entreprise avec l'ambition de fournir « des ampoules électriques fiables et rentables », rapporte Philips sur son site internet.

À l'époque, l'usine, qui fabrique des lampes à incandescence, devient rapidement l'une des plus grandes d'Europe.

Par la suite, le groupe a longtemps été spécialisé dans la production non seulement d'ampoules, mais aussi de petit électroménager, avant d'abandonner la production de téléviseurs face à la concurrence asiatique et de se tourner vers les scanneurs à résonance magnétique, brosses à dents électriques et autres ustensiles de cuisine au tournant du millénaire.

Qualifiée par le groupe de « pionnière de certaines avancées majeures en matière d'éclairage », Philips Lighting, qui emploie 112 000 personnes, a généré 7,47 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2015 et espère payer les premiers dividendes en 2017.

Ses activités commerciales couvrent environ 180 pays, avec plus de vingt sites de production et plus de 70 bureaux de vente à travers le monde.

La production de matériel médical et de bien-être, activités à hautes marges, représente aujourd'hui plus de 40 % des ventes.

Au premier trimestre 2016, Philips a engrangé un bénéfice net de 37 millions d'euros, contre 100 millions d'euros un an plus tôt à la même période, malgré une hausse des ventes de 3 %.




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