É.-U.: la croissance de l'économie a ralenti

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Plusieurs propriétaires d'entreprises sont en désaccord avec ces salaires plus élevés.

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Virginie MONTET
Agence France-Presse
WASHINGTON

La croissance de l'économie américaine a ralenti au 4e trimestre 2014 dans le sillage de la conjoncture mondiale mais les consommateurs, aidés par la chute des prix du pétrole, ont joué le rôle de locomotive.

Selon la deuxième estimation du département du Commerce publiée vendredi, le Produit intérieur brut (PIB) américain a augmenté de 2,2% en rythme annualisé lors du dernier trimestre 2014. C'est moins que la première estimation (2,6%) mais mieux que ce à quoi s'attendaient les analystes (2,1%).

Au 3e trimestre, l'expansion de la première économie mondiale avait caracolé à 5%, un rythme peu soutenable, estimaient les économistes.

Ce ralentissement de la croissance à la fin de l'année dernière reflète notamment une augmentation des importations (+10,1%), qui s'entendent comme une soustraction au PIB et une diminution des dépenses publiques.

Si la baisse des prix de l'énergie favorise la consommation, la faiblesse de la conjoncture mondiale et l'appréciation du dollar pèsent sur le commerce extérieur. Le rythme de progression des exportations a marqué le pas à +3,2% à la fin de l'année, au lieu de 4,5% au 3e trimestre et 11,1% au 2e.

Ce sont les dépenses des consommateurs qui ont tiré la croissance en affichant une hausse de 4,2%, un sommet en quatre ans.

«La progression de la consommation continue sur sa lancée avec l'optimisme économique des consommateurs qui demeure à son plus haut depuis la fin de la récession», a réagi la Maison-Blanche dans un communiqué.

«Ce rapport reflète un large éventail d'indicateurs montrant l'amélioration du marché du travail, une plus grande sécurité énergétique pour le pays (...) et une résistance face à la croissance plus faible de l'économie mondiale», a ajouté Jason Furman, le président du cercle des conseillers économiques du Président Obama.

-Pétrole en baisse: consommation en hausse- Les ménages américains ont visiblement profité de l'effondrement des prix de l'énergie qui a libéré du pouvoir d'achat en réduisant les coûts de l'essence et du chauffage.

Les prix du pétrole qui ont chuté de plus de moitié depuis juin dernier «sont vraiment une manne pour la consommation», soulignaient les économistes de Barclays Research dans une note vendredi.

Les dépenses de consommation sont la locomotive de l'économie américaine, représentant les deux tiers du PIB.

Les achats de biens durables notamment, qui comptent les équipements électroménagers, les voitures et les ordinateurs, ont grimpé de 6%. Les dépenses dans les services, portées entre autres par une augmentation des loyers, ont affiché une hausse de 4,1%, un sommet depuis 2000.

Les dépenses fédérales ont en revanche nettement baissé (-7,5%), plombée par une chute des dépenses dans le secteur de la défense.

La révision en baisse de 0,4 point de la croissance du PIB au dernier trimestre s'explique essentiellement par des investissements dans les stocks moins forts que précédemment estimés. La grève des ports sur la côte ouest, qui a engorgé les livraisons, a sans doute ralenti l'accumulation des stocks, suggérait l'économiste Paul Ashworth de Capital Economics. Cela pourrait représenter un plus pour les trimestres à venir, car trop de stocks accumulés freinent la croissance avant qu'ils ne soient écoulés.

Le marché immobilier résidentiel, point faible de la reprise depuis des mois, a également moins progressé (+3,4% contre +4,1%).

«Les suspects habituels vont prétendre que ce ralentissement de la croissance» à la fin de l'année «signale une sorte de fragilité sous-jacente de l'économie», affirmait Paul Ashworth qui est convaincu qu'une hausse des taux d'intérêt de la Réserve fédérale interviendra dès le mois de juin.

«On veut voir la saine reprise continuer» avant de relever les taux, a indiqué cette semaine la présidente de la Fed, Janet Yellen, devant le Congrès, précisant que la première hausse des taux de la décennie n'interviendrait sûrement pas avant juin.

Pour 2015, les économistes misent sur une accélération de la croissance de la première économie mondiale à un taux se situant autour de 3%. Sur l'ensemble de l'année 2014, la croissance du PIB s'est établie à 2,4%, le meilleur taux depuis 2010.




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