Le capital-risque plafonne

Le poids relatif du Québec dans l'activité canadienne... (PHOTO INGOLFUR BRUUN, REUTERS)

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Le poids relatif du Québec dans l'activité canadienne de capital-risque a nettement reculé en 2014, passant de 31% à 25%.

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Rudy Le Cours
La Presse

Après un bond marqué en 2013, la valeur des investissements en capital-risque a peu varié l'an dernier tandis qu'elle bondissait dans le reste du Canada. Elle est passée au Québec de 599 à 604 millions.

Cette faible augmentation de 0,8% a été suffisante pour établir un nouveau sommet du présent cycle. Il faut remonter à 2007 pour trouver valeur plus élevée, à hauteur de 658 millions.

À l'échelle canadienne, l'activité de capital-risque a été plus marquée avec un bond de 21%, à 2,4 milliards. Cela signifie que le poids relatif du Québec dans l'activité canadienne de capital-risque a nettement reculé, passant de 31% à 25%, selon la compilation de Thomson Reuters préparée pour Réseau Capital.

Et même le Canada fait piètre figure, si on considère la poussée de 61% observée aux États-Unis.

Faut-il s'en inquiéter? «Non, répond sans hésiter Jack Chadirdjian, PDG de Réseau Capital. La part du Québec reste plus élevée que son poids dans l'économie [environ 20%].»

Le nombre d'entreprises québécoises ayant eu une injection de capital-risque s'élève à 151, soit 5 de moins qu'en 2013, pour une mise moyenne de 4 millions par entreprise. L'an dernier, la moyenne était de 3,8 millions; en 2012, de 2,6 millions.

Certaines sociétés ont eu droit à plus d'un financement puisqu'on dénombre 174 rondes.

La très grande majorité des entreprises a cependant reçu beaucoup moins, si on considère que le minimum des sept investissements les plus importants était de 15,5 millions, le champion étant Énergère, une société spécialisée en efficacité énergétique, avec une injection de 48,3 millions.

Montréal en tête

Sans surprise, c'est la grande région métropolitaine qui a eu droit à la part du lion avec 75% de la valeur du capital injecté. Loin derrière, la part de la région de Québec a été limitée à 7%, le reste étant disséminé.

Les plus gros investissements ont d'ailleurs été faits dans sept entreprises montréalaises.

L'an dernier marque aussi le retour en force de la popularité des technologies auprès des investisseurs. Les concepteurs de logiciels et autre matériel informatique ont raflé plus du tiers de l'argent, une proportion qui bondit à plus de 60% au Canada dans son ensemble.

Technologies propres

Le Québec se distingue aussi par l'importance accordée aux technologies propres. Deux des sept plus importantes injections de capital sont allées à des entreprises de ce segment. Outre Énergère, on retrouve Enerkem, un fabricant de biocarburants à partir de matières résiduelles non recyclables. Dans le top 7, on trouve deux entreprises dans les technologies de l'information (Lightspeed Retail et Blockstream), deux dans les sciences de la vie (Vlementia Pharmaceuticals et Prometic Life Sciences) et une dans le segment dit traditionnel (Mediabiz International).

Il y a eu l'an dernier beaucoup de mises dans l'amorçage et le démarrage d'entreprises. En tout, 153 millions contre 80 seulement l'an dernier.

Les investissements sont venus avant tout de fonds d'origine canadienne et de structures fiscalisées. Néanmoins, les fonds d'origine étrangère ont investi 120 millions dans des entreprises québécoises.

Enfin, il semble qu'une tendance dangereuse soit en train de s'installer. Les nouveaux engagements destinés au capital-risque ont totalisé 1,2 milliard au Canada en 2014. Cela représente une baisse de 15% par rapport à 2013 et de 30% par rapport à 2012.

Mince consolation, la part du Québec s'élève à 586 millions, soit 48% du montant canadien.




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