Chute du huard: payant d'un bord, coûteux de l'autre

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S'il est un secteur de l'économie où les avantages d'un dollar déprécié font peu de doute, c'est celui des entreprises exportatrices.

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Pour la première fois depuis la crise financière de 2008, le taux de change du dollar canadien est passé hier sous le seuil des 80 cents US.

À la Banque du Canada, le cours officiel du huard en fin de journée s'est établi à 79,87 cents US, en baisse de 75 centièmes par rapport à la veille.

Et il pourrait fléchir davantage au cours des prochains mois, peut-être même jusqu'aux environs de 75 cents US, prévoient certains économistes et des cambistes dans le secteur bancaire.

Dans l'immédiat, le passage du huard sous les 80 cents US suffit à raviver les attentes ou les appréhensions sur les conséquences économiques de ce nouveau cycle de dépréciation.

Dans le secteur du tourisme, par exemple, nombre d'intervenants rehaussent leurs prévisions d'affaires en fonction d'un achalandage accru de visiteurs venus des États-Unis et d'outre-mer. Mais aussi d'une plus grande rétention de clients canadiens et québécois au cours des prochaines saisons des vacances.

«La faiblesse du dollar canadien et le raffermissement de l'économie américaine alimenteront l'essor du tourisme en 2015, en plus de grands événements sportifs internationaux tenus au Canada», résumait Greg Hermus, codirecteur de l'Institut canadien de recherche sur le tourisme, une filiale du Conference Board, dans son rapport annuel sur les perspectives touristiques 2015, publié en décembre.

Exportateurs

S'il est un secteur de l'économie où les avantages d'un dollar déprécié font peu de doute, c'est celui des entreprises exportatrices. Elles profitent de revenus accrus en dollars canadiens après la conversion de leurs revenus de ventes ou de contrats à l'étranger, payés en dollars américains.

De plus, avec un dollar canadien déprécié, ces entreprises exportatrices gagnent en flexibilité afin de négocier des prix plus concurrentiels à leurs clients hors du Canada tout en préservant la rentabilité de ces ventes ou contrats à l'étranger.

Au Québec, c'est parmi les exportateurs de matières premières - métaux de base, produits forestiers - et de produits alimentaires de base que cet avantage monétaire s'annonce le plus rapide, de l'avis d'analystes.

Dans l'industrie agroalimentaire, par exemple, les exportations de viande de porc - le deuxième secteur agricole en importance au Québec, après le secteur laitier - sont beaucoup plus rentables maintenant qu'elles ne l'étaient il y a quelques mois à peine.

«Le prix du porc [en dollars américains] s'était déjà raffermi sur le marché mondial. Et là, en prime, les exportateurs québécois profitent d'un dollar déprécié pour bonifier encore plus leurs revenus, après conversion. Ils gagnent aussi beaucoup en compétitivité, au niveau des prix surtout, pour mieux concurrencer leurs principaux rivaux d'origine américaine, tant sur les marchés internationaux qu'aux États-Unis», explique Bruno Larue, professeur en agroéconomie et en commerce international à la Faculté d'agriculture de l'Université Laval, à Québec.

En contrepartie, la dépréciation du dollar canadien risque de rehausser considérablement les coûts des aliments importés, nombreux dans nos supermarchés, particulièrement dans le secteur des fruits et légumes frais.

Même le président du groupe Metro, Eric R. La Flèche, qui dirige le plus gros détaillant en alimentation sous contrôle québécois, en a fait mention en marge de l'assemblée des actionnaires, mardi à Montréal. Selon lui, les consommateurs pouvaient s'attendre à une remontée des prix de l'ordre de 2% au cours des prochains mois, imputable surtout à la dépréciation du huard.




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