Fêter en temps d'austérité

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Une bonne façon pour les entreprises d'éviter le gaspillage et de diminuer les coûts d'une fête de Noël est d'offrir une station de desserts plutôt que des desserts individuels que plusieurs personnes ne mangent pas.

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C'est dans l'air du temps. Aux États-Unis, l'entreprise Staples a mis en place, pour une deuxième année, son Conseil des Fêtes («Staples Holiday Council»). Celui-ci permet d'avoir des idées-cadeaux à prix réduit, propose des choix éclairés en matière de présents, mais aussi offre des conseils pour économiser lors de l'organisation des célébrations des Fêtes.

On parle ici des festivités familiales. Mais le désir d'en avoir plus pour son argent se reflète aussi en entreprise quand vient le temps de planifier l'incontournable party de Noël. Les hôtels, organisateurs d'événements et traiteurs le ressentent depuis deux ans. «Plusieurs clients ont coupé de 10% à 20% leur budget du temps des Fêtes», estime Paule Labelle, associée de l'entreprise événementielle Cava Rose.

«Les budgets stagnent ou diminuent, mais pour les mêmes besoins», confirme Bruno Schneider, directeur des ventes d'Avocado.

Le traiteur doit désormais faire des pirouettes pour satisfaire ses clients. «Ce n'est pas facile, dit Bruno Schneider. On le ressent au quotidien, à cause de l'augmentation du prix de la nourriture. Nous écopons sur les marges. Il faut faire preuve de créativité. On utilise notre pouvoir de persuasion auprès de nos partenaires réguliers: maisons de vin, locateurs de salles... On priorise aussi les PME et jeunes entreprises, qui ont des prix plus abordables.»

Moins de luxe

Les profits d'Avocado ont baissé de 5% en deux ans. «C'est beaucoup, car on fait partie de l'industrie de la restauration, où les marges ne sont pas grandes», souligne Bruno Schneider.

Du côté de l'hôtel Le Saint-Sulpice de Montréal, on constate que les clients sont moins avides de petits luxes et de fla-fla, par exemple. Et le vin choisi se vend à un prix plus raisonnable. «Parfois, on investit nous-mêmes dans les éléments décoratifs, le concept et la main-d'oeuvre pour la logistique, ajoute Bruno Schneider. On se prête au jeu, car on veut garder nos clients. C'est difficile dans notre milieu d'avoir des clients fidèles.»

«Tout le monde a un peu moins de sous et ça a un impact, affirme aussi David Carrier, président d'Agnus Dei. On a une bonne base de clients, mais il faut travailler plus fort qu'avant. Ça nous oblige à nous renouveler.»

L'austérité a, en effet, forcé le traiteur à revoir ses propositions alimentaires et ses présentations. «On a conçu une quinzaine de stations interactives, explique David Carrier. C'est une vraie tendance. La station ajoute au décor et fait baisser le prix par personne, car il n'y a ni table ni assiette. C'est un «wow!» assuré, et pas juste alimentaire! Et ça réduit de 25% le budget.»

Les traiteurs et organisateurs d'événements ont plus que jamais pour mandat de trouver des solutions miracles pour leurs clients. «En période d'austérité, le défi est aussi de gérer les perceptions, note Paule Labelle. Un cocktail dînatoire ne coûte pas forcément moins cher, mais la perception, c'est que ça coûte moins cher!»

DJ et plat végé

On suggère aux entreprises des menus avec moins de viande, un divertissement musical avec DJ plutôt que des musiciens ou encore l'achat d'alcool à l'interne. «On reçoit par ailleurs plus de demandes pour des dîners de Noël, note Bruno Schneider. C'est totalement un autre service. Le client ne paye alors que pour le repas et la livraison, soit de 15$ à 25$ par employé au lieu de 250$.»

«Au lieu d'avoir un dessert à la table, on fait une station de beignes, dit aussi Paule Labelle. Ça fait cool et ça coûte beaucoup moins cher qu'une pâtisserie à 8,50$. C'est d'ailleurs un des gros gaspillages des partys, car les gens ne mangent plus de desserts.»

Coupe ultime: et si l'entreprise n'organisait tout simplement pas de party de Noël? «Une entreprise coupe en général le superflu et certains autres événements dans l'année, dit Paule Labelle. Mais elle garde Noël à l'agenda, car c'est une façon de remercier ses employés pour le travail de la dernière année.»

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TRUCS POUR RÉDUIRE LES DÉPENSES DES PARTYS DE BUREAU

> Célébrer dans les bureaux de l'entreprise.

> Servir moins de viande.

> S'occuper d'acheter l'alcool.

> Proposer un cocktail signature plutôt qu'une sélection de vins et cocktails en apéro.

> Engager un DJ plutôt qu'un groupe de musiciens.

> Proposer une station de desserts plutôt que des pâtisseries destinées à l'ensemble des convives.

> Opter pour un dîner du temps des Fêtes plutôt qu'un souper.




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