Changement de garde chez CIMA+

Le président fondateur de CIMA+, Kazimir Olechnowicz, lors de sa... (IMAGE TIRÉE D'UNE VIDÉO, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le président fondateur de CIMA+, Kazimir Olechnowicz, lors de sa comparution devant la commission Charbonneau, en juin dernier.

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Sylvain Larocque
La Presse

Les nombreux scandales de corruption et de collusion qui ont éclaté dans le milieu de la construction au cours des dernières années auront forcé la plupart des firmes d'ingénierie de propriété québécoise à remanier leur haute direction.

CIMA+, la quatrième société en importance au Québec, procède actuellement à des «changements importants» à sa gouvernance, a indiqué hier le porte-parole de l'entreprise, Paul Wilson, du cabinet de relations publiques National. Il n'a pas voulu confirmer le départ du président fondateur de CIMA+, Kazimir Olechnowicz. Celui-ci figure toujours parmi les associés de CIMA+, mais c'est désormais un ancien vice-président exécutif, François Plourde, qui se présente comme PDG de l'entreprise sur sa page LinkedIn.

En procédant à ce changement de garde, CIMA+ espère enfin obtenir son autorisation de l'Autorité des marchés financiers pour décrocher des contrats publics de 5 millions et plus (100 000$ et plus pour la Ville de Montréal). CIMA+ est l'une des dernières firmes majeures à ne pas l'avoir obtenue.

Devant la commission Charbonneau, en juin dernier, M. Olechnowicz a reconnu que son entreprise avait eu recours à des prête-noms pour faire des dons à des partis politiques. Il a confié qu'il s'occupait personnellement du Parti libéral, alors que M. Plourde se chargeait de recueillir des fonds pour le Parti québécois.

Processus de réhabilitation

Depuis l'éclatement des scandales, les firmes SNC-Lavalin, Dessau et Roche ont changé de PDG (Dessau est en voie d'être acquise par l'albertaine Stantec). Chez WSP, le grand patron Pierre Shoiry est toujours aux commandes, mais son ancien bras droit pour l'est du Québec, Éric Tremblay, est parti l'an dernier après 24 ans de service.

Pour l'éthicien René Villemure, ces mouvements de personnel ne sont toutefois que la première étape d'un processus de réhabilitation. «C'est une question de culture, souligne-t-il. Ce n'est pas en remplaçant un ou deux joueurs qu'on va régler le problème.»

Pour leur redonner le droit de soumissionner des travaux publics, l'AMF a obligé les firmes à se doter d'un code d'éthique et, dans certains cas, à renouveler leur conseil d'administration. Selon M. Villemure, rares sont les entreprises qui ont souhaité aller plus loin.

Le consultant raconte que des firmes de génie l'ont contacté pour lui demander de les aider à se remettre sur les rails. Mais quand il leur a répondu qu'il fallait en faire davantage qu'adopter un code d'éthique, elles ont toutes préféré faire appel à un autre expert, vraisemblablement moins exigeant.

René Villemure estime que l'industrie de l'ingénierie devra faire un «examen de conscience» et «réfléchir en profondeur» aux causes de la crise.

«Pour l'instant, bien des firmes se contentent de ne pas mal faire, ce qui n'est pas bien faire. Il n'y avait pas de sens à la conduite des firmes d'ingénierie et quand il n'y a pas de sens, c'est l'égarement et la faute. Ce qu'il leur faut, c'est une injection de sens: pourquoi on est là?»




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