Brian Mulroney: un coup de pouce au sans-fil chez Québecor?

L'ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney remplacera... (Photo Justin Tang, La Presse Canadienne)

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L'ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney remplacera l'actuelle présidente Françoise Bertrand au terme de la réunion des actionnaires, le 19 juin, à moins d'un revirement de dernière minute.

Photo Justin Tang, La Presse Canadienne

Après le départ en politique de Pierre Karl Péladeau et la retraite prématurée de Robert Dépatie, Québecor connaîtra un nouveau changement de garde important avec l'arrivée de Brian Mulroney à la présidence de son conseil d'administration.

L'ancien premier ministre du Canada remplacera l'actuelle présidente Françoise Bertrand au terme de la réunion des actionnaires, le 19 juin, à moins d'un revirement de dernière minute. Selon divers observateurs, la nomination de ce fédéraliste de haut niveau pourrait donner un coup de pouce aux visées pancanadiennes de Québecor, qui a acheté des licences sans fil à l'échelle du pays.

Le conglomérat devra obtenir l'aval d'Ottawa pour parvenir à lancer son service téléphonique d'un océan à l'autre. «Si Pierre Karl Péladeau avait mené la marche, je crois que cela aurait pu avoir un impact sur ces discussions», a fait valoir Richard C. Powers, spécialiste de la gouvernance à la Rotman School of Management de l'Université de Toronto.

Même s'il a démissionné de tous ses postes au sein du groupe, PKP demeure l'actionnaire de contrôle de Québecor. Au début du mois, pendant une conférence téléphonique, des analystes financiers avaient posé des questions sur les conséquences que pourrait avoir la profession de foi souverainiste de PKP - il a été élu député péquiste de Saint-Jérôme aux dernières élections - quant à une éventuelle percée de l'entreprise hors Québec.

Selon Françoise Bertrand, le fait de nommer un ardent fédéraliste comme Brian Mulroney ne sera pas nécessairement un élément déterminant dans les discussions à venir avec le gouvernement fédéral. Elle rappelle que l'ancien premier ministre participe déjà depuis des années à ces dossiers en tant que vice-président du conseil de Québecor. Et que plusieurs fédéralistes siègent déjà à la table du conseil, elle y compris.

L'expérience - et les contacts - de M. Mulroney constitueront ses principaux atouts, croit Mme Bertrand. «Je pense que ce n'est pas tant d'être fédéraliste, c'est surtout d'avoir un réseau très varié à travers tout le Canada. Tant dans le dossier du sans-fil que dans celui de la Ligue nationale, dans toutes sortes de dossiers, ça prend un réseau très large et des alliés pour soutenir toutes les ambitions que nous avons eues et que nous avons.»

Il a été impossible de parler à M. Mulroney hier. Le porte-parole de Québecor, Martin Tremblay, a refusé de se prononcer sur l'impact que pourrait avoir la nomination de l'ex-politicien dans le dossier du sans-fil.

«Nous sommes super heureux de la venue de M. Mulroney, qui est quelqu'un de talentueux, d'expérimenté, de reconnu, a-t-il dit. Ce n'est pas à moi de faire les analyses quant à la réception de sa candidature.»

Prime de 7,8 millions

En plus de demander aux actionnaires de se prononcer sur la candidature de Brian Mulroney, la circulaire publiée cette semaine par Québecor dévoile l'indemnité de départ versée à Robert Dépatie. Le président sortant du conglomérat a pris sa retraite pour des «raisons de santé» après un an de service, le mois dernier. Il quitte l'entreprise avec 7,8 millions de dollars.

Le porte-parole de Québecor estime que cette importante indemnité est tout à fait justifiée. «Quand arrive quelque chose comme ça, je pense qu'on a le devoir de bien faire les choses, et tenir compte à la fois des aspects contractuels, et à la fois des raisons de santé de son départ et ce qu'il a fait pour la compagnie au cours des dernières années», a-t-il dit.

M. Dépatie, qui a dirigé avec succès Vidéotron avant de prendre la tête de Québecor, a en outre signé une clause de non-concurrence et de non-sollicitation de clients ou d'employés de la société, indique la circulaire.

Françoise Bertrand admet que les événements de la dernière année - dont les départs successifs de MM. Péladeau et Dépatie - ont joué un rôle dans sa décision de céder les rênes, après 3 ans à la présidence du conseil et 11 ans comme administratrice.

«Ça me force à me poser la question: est-ce que je suis encore la meilleure personne pour présider le conseil, et peut-être que le temps est venu de céder ma place, compte tenu de tous ces changements-là qui sont intervenus, a-t-elle dit. Et j'estimais que le temps était venu d'aller vers d'autres expériences et que c'était probablement ce qui était le mieux pour Québecor et pour moi.»

Le titre de Québecor a clôturé à 26,29$, en baisse de 1,7%, à la Bourse de Toronto hier.




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