Le dégel manufacturier

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Après une longue léthargie, le secteur manufacturier canadien semble enfin disposé à renouer avec ses sommets d'après-récession.

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Rudy Le Cours
La Presse

Ce pourrait bien être à l'image de ce printemps qui tarde à s'affirmer.

Après une longue léthargie, le secteur manufacturier canadien semble enfin disposé à renouer avec ses sommets d'après-récession.

Grâce à l'affaiblissement du dollar canadien face au billet vert, la valeur des ventes des fabricants a bondi de 1,4% en février, selon Statistique Canada. À hauteur de 51,2 milliards de dollars, elle se rapproche du sommet de juillet 2008.

Mieux, la valeur des commandes en carnet a bondi de 16,5% au cours du mois pour atteindre 91,6 milliards.

Mieux encore, la valeur des nouvelles commandes a elle aussi bondi, de 18,8% cette fois.

Et jamais deux sans trois: le rapport des stocks aux ventes, qui mesure le temps qu'il faudrait pour écouler la production accumulée, a légèrement reculé. Cela présage une relance de la production. En janvier, ce ratio avait beaucoup augmenté, laissant craindre une paralysie du travail en usines pour déstocker les entrepôts.

Ce nouveau dynamisme est largement attribuable à la production de matériel de transport, aux véhicules, à l'aéronautique et à l'équipement militaire (navires et autres embarcations).

La production de pétrole et de charbon a aussi progressé.

Certaines provinces ont profité davantage que d'autres de ce réveil. L'Ontario et le Manitoba pour le matériel de transport, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador, pour les hydrocarbures.

La Colombie-Britannique et le Québec n'ont pas eu pareille veine, affichant tous deux des reculs, bien faibles il est vrai dans le cas du Québec dont la production avait été spectaculaire en janvier.

Voilà pourquoi le lobby Manufacturiers exportateurs du Québec qualifiait ce repli de 41,4 millions de «correction sans grande signification».

N'empêche que la progression du secteur manufacturier québécois est environ deux fois moins rapide que la canadienne depuis un an et accuse un retard plus grand encore face au sommet du cycle précédent.

Comme les deux cinquièmes de la production canadienne en usines partent vers le sud, la dépréciation du dollar a gonflé la valeur des ventes des fabricants.

Quand on mesure les volumes des ventes, on constate que le gain de 0,8% du mois de février efface en partie seulement les reculs des mois précédents. Et ils sont encore à 8,2% de leur sommet de juillet 2008.

Exprimée autrement, l'augmentation des volumes des ventes en février aura contribué à l'expansion de l'économie dans la mesure où elle est reliée à une hausse de la production plutôt qu'à un déstockage.

Après deux mois au premier trimestre, il ne semble pas que la production manufacturière ait contribué à la croissance de l'hiver, étant donné que la production avait déjà commencé à diminuer en décembre.

Les données sur les ventes des manufacturiers étaient les dernières qu'a pu se mettre sous la dent le conseil de direction de la Banque du Canada qui doit fixer son taux directeur ce matin.

Il sera sans nul doute reconduit à 1%, taux en place depuis septembre 2010.

La Banque publiera ce matin son nouveau scénario économique dans lequel on peut s'attendre à ce qu'elle constate à nouveau que la rotation de la consommation vers les exportations et les investissements des entreprises dans le rôle de moteur de la croissance tarde à se concrétiser.

Comme le printemps...




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